Un de mes objectifs, dans l'éducation de mes enfants, fut de les rendre progressivement autonomes pour les tâches ménagères. Ils pendent le linge, cuisinent, mettent la table, débarrassent les couverts, remplissent le lave-vaisselle, rangent la vaisselle propre, rangent et nettoient salle de bain et chambres.
Avantages / Inconvénients.
Hier au dîner, alors que j'avais un gros coup de blues, je dis à mon mari et mes enfants : "Je me sens vraiment inutile. Si je partais, ça ne changerait rien pour vous , à part pour...". J'ai été interrompue par ma fille qui a fini ma phrase "... à part pour mettre en route les lessives."
Et mon mari d'ajouter "J'allais le dire."
Ça a confirmé ma sombre pensée : je ne sers qu'à faire la lessive.
Ma fille a vu mon désarroi et s'est exclamée : "Bah non maman, tu ne serais plus là non plus pour les câlins."
Ce matin, mon mari m'a réconfortée, notamment en me disant que je ne devais pas me cantonner à observer ce que je faisais et que, si je n'étais plus là, et bien nous ne serions plus un couple.

handicap

Les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite ont souvent du mal à vivre la dépendance, ont le sentiment d'être un poids et en contre-partie de n'offrir rien d'intéressant. Elles considèrent le "faire" et pas l' "être".
Quand nous sommes en présence d'une personne que nous aimons, nous ne sommes pas juste avec un corps. L'histoire vécue avec la personne est là, tout ce qu'elle a fait, dit, tout ce qu'elle fut. Tout ce qui a été partagé. Tout est là. En se rendant visite, on ravive implicitement ou explicitement la mémoire du lien, de la relation et c'est un moment ressource.

Au-delà de l'utilité de Charlie Hebdo à pointer les abus de pouvoir et à nous distraire, rien que parce que ce sont des êtres humains, il est inadmissible qu'on ait attenté à leur vie.
Porter atteinte à une personne car on considère uniquement, par la lorgnette, une infime partie de ce qu'elle est _ choisi ou subi _ par exemple sa religion, son état de santé, sa sexualité, son métier ... c'est inacceptable.

Les lois régissant les démocraties condamnent les crimes et délits, et punissent dans la mesure (parfois délicate à évaluer) de la gravité des actes. Ces lois ne condamnent pas ce qu'est tel ou tel être humain. Les punitions sont d'ordre pécunier ou de mise à l'écart mais il n'y a pas de châtiment corporel.
Voilà pourquoi ce qui est arrivé mercredi, jeudi, vendredi derniers est effrayant. Nous pouvons être blessés (voire tués !) sans avoir commis d'acte répréhensible mais juste parce que nous sommes. C'est la sauvagerie, le retour en arrière, le déni d’État de droit.

Les manifestations ont montré que la peur n'a pas eu le dernier mot.

Et comme le sentiment de gratitude est source de bien-être, je vous propose de remercier pour les libertés dont nous jouissons même si elles permettent à une infime minorité de faire n'importe quoi.

Et soyons emplis de compassion pour nos frères et sœurs qui vivent dans des régimes où la peur gouverne et où les micro-bastions de liberté constituent l'infime minorité.

Plus de pistes...
... pour tous : à l'école, au travail, à la maison, lesquelles de mes actions est-ce que je valorise à outrance ? Et si je demandais à mes collègues et/ou mes amis quel savoir-être ils apprécient chez moi ?