Le présent et le réel

Ma belle-mère nous donne, une fois qu'elle les a lus, les exemplaires de l'hebdomadaire d'actualités auquel elle est abonnée. Je les lis avec intérêt mais manifestement trop lentement car j'en ai des dizaines de retard. Et comme ils sont mélangés et que je ne regarde pas toujours leur date, je me réjouis parfois d'une exposition, d'un film à aller voir puis m'aperçois que ce n'est plus à l'affiche depuis plus d'un an ! C'est parfait pour éduquer lubies et caprices !


BeauLivreHier, j'ai remarqué un article présentant des idées de cadeaux de Noël. La majorité des produits étaient des beaux livres et je me suis demandé s'il y avait encore beaucoup de monde qui en lisait. Car ce n'est pas le tout d'en offrir (nous avons tous besoin d'idées de cadeaux) mais sera-t-il lu ?
Mon mari et moi possédons quelques beaux livres. Parmi eux, certains jamais ouverts et très rares ceux ouverts plusieurs fois.

 

PyramidesGizehNympheasBleus

Il est vrai que les livres contiennent des images statiques et silencieuses contrairement aux films, plus à mêmes de capter notre attention. Les images sont réduites, l'impact émotionnel n'est pas le même que lorsqu'on se trouve aux pieds des pyramides de Gizeh ou devant les Nymphéas bleus de Monet, oeuvre qui mesure deux mètres sur deux mètres.
Les beaux livres sont lourds, fragiles, peu maniables.

 

LectriceBibliothèqueAlors justement, les beaux livres sont l'occasion d'une vraie pause. Le corps se pose et est accaparé par cet objet bien plus encombrant qu'un smartphone qu'on regarderait d'un oeil tout en conversant ou qu'on coincerait sous l'oreille tout en cuisinant.
Et en même temps, le beau livre permet de rejoindre le présent et le réel à tout moment : il suffit de lever la tête, de retenir sa page, pas de stress, rien ne sera perdu, manqué.
La bibliothèque de votre ville regorge probablement de quelques trésors.

 

TournageFilmDans ce même magazine, un journaliste parle de 12 jours, un documentaire de Raymond Depardon qui "filme avec empathie la maladie mentale". Cela veut dire qu'on peut filmer sans empathie. Oui bien sûr. Lors du tournage, lors du montage, des choix sont faits qui vont donner sa tonalité au film. C'est donc un choix de moments. Dans tel ou tel film (déjà au stade de l'écriture du scénario), tel moment lumineux sera privilégié ou tel moment triste, etc. Notre vie est une succession d'états d'âmes, d'instants plus ou moins intéressants, d'épisodes douloureux ou joyeux. Et chacun est plus ou moins vécu en conscience. Quelles minutes, secondes vous donnent le sentiment d'être vivant, d'être en relation authentique et sincère, d'être pleinement à votre place, d'être en communion avec l'univers ?

 

JoieEnfantPour cette année 2018, je vous souhaite de pouvoir prendre quelques moments de qualité qui soient ressources, regénérants et vécus en pleine conscience.
Et s'ils ont un goût amer de trop peu, sublimons ce goût et transformons-le en goût de toute petite victoire délicieuse (facétieuse ?) comme lorsque nous trouvions quelques pièces pour acheter un bonbon ou qu'une journée de classe finissait exceptionnellement une heure plus tôt.
Tous mes voeux de bonheur et de santé.