Education

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A/ Sur cet emplacement de camping, un père se fait entendre : "Tais-toi, tais-toi !"
Et un enfant supplie : "Arrête ! Arrête !"

B/ Quelques jours plus tard, le même père hurle sur une de ses filles "Je n'en peux plus de toi ! Je n'en peux plus !"
La petite fille pleure à s'époumoner.

 

 

 

L'épisode des Petits boxeurs m'a rappelée que je ne peux pas faire grand chose contre la violence. En tous cas, dans ce genre de situation, pas directement.

 

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Mais ce blog me donne l'occasion de donner un petit coup de pouce aux parents soucieux d'améliorer l'éducation qu'ils dispensent, le relationnel qu'ils entretiennent.

Reprenons chaque cas.
(Le week-end prochain, nous étudierons deux autres cas survenus dans le même camping mais au sein d'autres familles)

 

 

 

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A/ Un père se fait entendre : "Tais-toi, tais-toi !" Et un enfant supplie : "Arrête ! Arrête !"
J'ai expliqué dans l'article Les chaussons en bas de l'escalier qu'il était important d'apprendre à contrôler ses émotions et, dans l'article La danse du ventre du rouge-gorge, je mettais en avant le fait que cela pouvait être l'occasion de jeux de rôles.
Je vous renvoie également au film Itinéraire d'un enfant gâté de Claude Lelouch dans lequel une scène présente Jean-Paul Belmondo tentant de former Richard Anconina à ne pas montrer quand il est étonné. Extrait ici.
Dans l'épisode A du camping, le père cherche à contrôler l'enfant.
Car un enfant bouscule la routine des parents, volontairement ou pas, et cela peut parfois même être vécu comme une agression.
L'énervement monte en pression.
C'est de notre responsabilité d'adulte de ne pas nous laisser embarquer dans une violence infructueuse.
Selon l'âge de l'enfant, on peut faire une diversion, se taire, ou même partir. Oui, car mieux vaut abandonner un potentiel champ de bataille tant la plupart des querelles sont futiles et sont souvent symptômes d'autres choses (fatigue, stress, problèmes personnels, ...).
Et quand bien même le sujet serait important, mieux vaut en rediscuter à froid.

 

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B/ Le père hurle sur une de ses filles "Je n'en peux plus de toi ! Je n'en peux plus !" La petite fille pleure à s'époumoner.
Quand le comportement de l'enfant pose un problème à l'adulte, c'est à l'adulte de prendre en charge la résolution du problème.
Françoise Dolto disait pour résumer : "Si l'enfant a un doudou, que cela ne pose aucun problème à l'enfant et que cela pose un problème aux parents, c'est aux parents de consulter."
Les violences verbales affectent la même partie du cerveau que les violences physiques.
Elles occasionnent une baisse de la confiance en soi et des troubles de l'apprentissage (parmi les multiples conséquences néfastes).

C'est aussi de la responsabilité du parent :

  • de ne pas laisser l'enfant seul avec des émotions qui le submergent, le dépassent
  • de revenir parler à l'enfant, ne pas laisser ce qui s'est passé sans y associer des mots qui aident à comprendre, à mettre à distance.

Antoine de Saint-Exupéry, dans Terres des Hommes (© Editions Gallimard, 1939), s'attristait qu'on assassine un peu Mozart en chaque enfant. C'est-à-dire qu'on assassine son potentiel à prendre conscience de son rôle, à trouver le sens de sa vie.

Dans la mesure du possible, les parents doivent prendre soin d'eux pour pouvoir prendre soin de leurs enfants avec bienveillance.
Tous les messages sous-entendant "Tu pourris ma vie" sont très lourds à porter pour un enfant, même s'il feint le contraire, pour se protéger.

A suivre ...