Le poisson rouge de B. est mort.

Dans ce genre de situations, on assiste à diverses réactions. Le déni de l'émotion de l'enfant "Ce n'est rien, ce n'est qu'un animal" ou "Si c'est pour pleurer, on n'aurait jamais dû accepter ce poisson !" ou "Ne pleure pas, on va en racheter un autre".

On oublie trop souvent que l'enfant, même très jeune, est capable de dire ce dont il a besoin. Comme on doit parfois gérer ses caprices, oui on oublie qu'en plus de manger, de boire, d'être propre, de recevoir une instruction, l'enfant a toute une panoplie de besoins qui se révèlent au fur et à mesure des évènements qui surviennent dans sa vie. Il n'y a pas forcément accès et c'est aux adultes de l'aider à les trouver en lui posant des questions et en sachant percevoir si le moment est venu pour ces questions ou si l'enfant est pour l'instant submergé par l'émotion. Si tel est le cas, ne nous posons pas en sauveur ou en maître du temps voulant revenir en arrière. Soyons juste présents et mettons des mots sur ce que ressent l'enfant. Une fois que l'enfant est moins dans l'émotion, on peut lui demander "Comment te sens-tu ?" "As-tu froid ? soif ? fatigué ? en colère ? triste ?" "Qu'est-ce qui t'aiderait à te sentir mieux ? On marche un peu ? Veux-tu dormir un peu ?" etc.

PLEURER ENFANT

Tant de fois, les épisodes de souffrance nous ouvrent grands les bras vers une fermeture.

Les parents m'ont raconté qu'ils ont discuté avec leur enfant de l'idée d'adopter un chien. J'ai trouvé formidable l'idée d'adopter un animal pour lequel il y aura probablement plus d'attachement et donc encore plus de souffrance quand il s'en ira. Mais c'est le pari de la vie; c'est intégrer qu'il n'y a pas de vie sans souffrance; c'est accepter que tous les bons moments partagés avec ce chien rendront d'autant plus dure la séparation. C'est oser la vie.

J'avais vraiment apprécié, il y a déjà plusieurs années, dans le courrier des lecteurs de Télérama, un lecteur qui disait en substance "arrêtez de vouloir tout guérir, laissez-nous nos dépressions, nos douleurs, nos déceptions, nos chagrins d'amour, laissez-nous vivre car c'est tout cela être humain".