Le blog

arbre automne coeur

Dans le parc, je croise une jeune femme. J'entends qu'elle demande à un agent d'entretien du parc si elle peut ramasser les feuilles d'arbre tombées au sol.
L'employé, autant que moi, est très surpris par cette question saugrenue. La jeune femme se rend compte de la bizarrerie de sa demande, se met à rire ... l'employé est sous le charme.

Une de mes connaissances, qui a un cabinet médical, me partageait récemment qu'un de ses patients vient systématiquement quinze minutes avant l'heure du rendez-vous précédant le sien (soit avec quarante-cinq minutes d'avance) dans l'unique but de faire la conversation avec l'autre patient.

Voyant que j'étais amusée par un tel comportement, elle me raconta également qu'il lui arrivait de croiser des patients du 3e âge à l'hypermarché le samedi après-midi. Quand elle les interroge sur leur présence alors qu'ils ont l'occasion de faire leurs courses la semaine, ils lui répondent qu'ils viennent volontairement le samedi après-midi pour briser leur solitude et prendre un vrai bain de foule.

Toutes ces personnes ont en commun d'aimer aller au devant des autres.

D'autres au contraire, sont principalement sur la réserve voire la défensive et ne vont pas spontanément vers les autres. Ils refusent les invitations, ne répondent pas quand quelqu'un frappe à leur porte, s'occupent très bien tout seuls.

La thérapie relationnelle Imago considère que nous sommes souvent attirés par les gens qui sont fermés si nous sommes ouverts et vice versa.
A cette occasion, des blessures seront réveillées ... choisirons-nous de les guérir ou de les refouler une fois de plus ?

Pour en savoir plus : http://therapie-couple.org/

L'analyse transactionnelle explore, quant à elle, sur un registre comparable, la structuration du temps.
Par exemple, W se satisfera du bonjour quotidien de la boulangère mais Z aura besoin d'un niveau de conversation très intime pour s'épanouir.
Et au final, W sera davantage bouleversé de l'absence de la boulangère que Z !
Et puis entre W et Z, X aimera parler de la météo, de la politique, des actualités, des commérages tandis que Y sera dans l'action et pas dans la parole.
N'oublions pas A qui ne parle ni n'agit, est en retrait permanent; ni B qui s'adonne à des jeux psychologiques avec tous les gens qu'il croise.

Pour en savoir plus : "Le triple moi" de Gysa JAOUI aux éditions Robert Laffont.

Manipulateurs ou pas ...
Manipulateurs volontaires ou involontaires ...
... Nous sommes tous manipulés par notre inconscient mais nous pouvons apprendre à y voir clair ;).

quai metro

Je suis sur le quai du métro. Une dame d'environ 50 ans discute avec ses amis. Elle rit avant même de raconter son histoire.
"Cela fait 15 ans que j'habite chez moi et je viens de découvrir que je peux complètement fermer la porte de ma douche. Pendant 15 ans, je l'ai mise contre mais là je me suis aperçue que je pouvais la tirer encore un peu et que de la sorte, elle était parfaitement fermée et étanche."
Et la dame de rire et rire encore.

porte douche

Qu'est-ce qui a permis à cette dame d'avoir l'audace de tirer cette porte un peu plus fort ?
Probablement qu'au lieu d'être en mode "automatismes", elle s'est mise en mode "perception" puis "analyse" puis "imagination" et elle est passée à l'action et effectivement la porte peut fermer davantage.
Il est préférable pour notre équilibre d'utiliser alternativement et à bon escient les différents modes de notre cerveau. Mais bien souvent, nous utilisons notre mode préféré, celui où nous nous sentons à l'aise et celui, du moins le croyons-nous, qui nous apportera le plus de reconnaissance.

Deuxième analyse de la situation :
Il est avéré que vivre des nouveautés a un effet anti-dépression.
Nous constatons ici que parfois il suffit de peu pour vivre une expérience nouvelle, pas forcément besoin d'aller à l'autre bout du monde.

Cette dame en rit peut-être encore, de raconter cette incroyable découverte (!) à ses voisins, sa famille, ses amis, ses collègues.
Elle se fait revivre ce moment de surprise qui l'a mise de bonne humeur.

J'emprunte une rue que je n'ai pas arpentée depuis longtemps. Je constate qu'il y a eu beaucoup de maisons rénovées.
Des voisins se sont accordés pour remplacer leurs huisseries et cela crée une belle harmonie.
Telle façade a été sablée et laisse désormais apparaître une ancienne enseigne, donnant un cachet certain à l'ensemble.
Des riverains ont installé des plantes grimpantes, ajoutant des touches de verdure à cette rue très minérale.

Et puis je vois d'autres maisons sur lesquelles le temps a continué d'imprimer sa marque. Peinture écaillée sur les fenêtres. Couleurs affadies par le soleil et la pollution urbaine. Balconnières abandonnées aux alternances de froid et de sécheresse.

Chemin faisant, je pense au Feng Shui qui préconise de s'entourer de plantes vigoureuses et d’ôter au fur et à mesure les branches mortes, les fleurs fanées.
Et si j'essayais d'appliquer les préceptes du Feng Shui à ma personne ? Qu'est-ce qui est beau en moi ? Qu'est-ce qui ne l'est pas ?
La liste de ce qui pourrait être amélioré est longue !
Si je prête attention à ce que me renvoient mes proches, nuls doutes, j'ai des pistes de progrès prioritaires !

Mais aussi, subjectivité de la beauté. Certains aiment ce qui est épuré, d'autres raffolent de l'abondance. Il y a toutes sortes de critères. Je repense à cet ami qui me disait à propos d'un monsieur qu'il avait rencontré : "C'était très intéressant ce qu'il expliquait mais il avait une haleine de café à tomber raide !". Et puis je revois cette très belle jeune fille dans le tram; je n'ai même plus réussi à la regarder une fois qu'elle s'est mise à parler, tant ses propos étaient vulgaires.

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L'exposition Hybridations, dans une des serres du jardin des plantes de Paris, met en scène des objets issus de la Brosserie française et propose de jauger jusqu'à quel point des objets peuvent s'intégrer à la nature.
Et force est de constater que pour certains tableaux, j'ai eu l'impression que ça gâchait tout. Pour d'autres, que c'était passable.
Une fois arrivée dans une autre serre non concernée par l'exposition, l'harmonie m'a sauté aux yeux et j'étais comme soulagée.
Mais probablement d'autres personnes ont préféré la serre Hybridations.

Ne nous fions donc pas tête baissée aux suggestions, voire aux critiques, de nos proches. Qu'en pensons-nous, nous ? Qu'il s'agisse de la beauté de notre environnement, de notre corps (pas seulement visuelle mais aussi le ton de la voix, les mots prononcés, les parfums, ...) ou de nos actes, suivre leurs conseils nous fera-t-il nous sentir mieux ?

beaute

Quand nous sommes interpelés par la beauté, nous nous retrouvons dans la perception, cela nous fait sentir vivants.
Dans un deuxième temps, en fonction des habitudes mentales, les évocations pourront être différentes selon les personnes. Tandis que tel autre parviendra à rester plus longtemps au stade de la perception.
Et puis, certaines beautés nous font entrevoir un absolu atteignable, cela nous rassure, nous encourage.

Quand nous prenons soin de notre beauté intérieure et environnante, nous donnons aux autres et à nous-mêmes l'occasion de se sentir exister et d'espérer.

Dédié à Isabelle RUZZA SURROCA.

critique cine chemin de croix 300x204

A la lecture de cette critique de film la phrase suivante m'a accrochée : "violence d'une éducation mortifère qui nie les sentiments et broie l'individu".

Cela m'a fait penser à plusieurs personnes qui m'ont dit qu'elles ne supportaient pas quand leur enfant leur donnait un conseil ou critiquait leur comportement.
Il m'est arrivé d'exprimer que je le vis comme une chance mais mon interlocuteur me répond alors que "cela n'est pas possible".

En décelant les raisons de notre fermeture :
- Peur de perdre le pouvoir ? D'où vient cette peur ?
- Remise en question trop déstabilisante dans une période agitée ? Est-ce que je prends suffisamment soin de moi en ce moment ?
- Répétition éducative ? Quelle relation avec mes parents en a découlé ? C'est cela que je veux reproduire ?
- ...
En prenant nos distances avec nos réactions conditionnées antérieures, nous pouvons parvenir à sentir que nous avons le choix entre accueillir ou rejeter.

Les jeunes enfants et les adolescents ont l'art de nous montrer nos failles, nos contradictions. Je le répète, c'est une chance !

- Une occasion de nous mettre en route vers davantage de prise de conscience de nos manques d'amour à recevoir et à donner.
- Une occasion d'engager une discussion.
- Une occasion de ne pas communiquer de la susceptibilité mais de l'écoute or nos enfants nous observent et sont des éponges.
- Une occasion de rejoindre le réel
- Une occasion de permettre à nos enfants de se sentir autorisés à s'exprimer sur ce qu'ils ressentent, perçoivent. Cela valide "je ressens donc je pense donc je suis", c'est déterminant dans leur construction.

enfant miroir

Oui, nos enfants nous tendent des miroirs. Ils ont le pouvoir de nous faire grandir. Il est appauvrissant de penser qu'ils nous doivent tout et que c'est à sens unique. Aurons-nous l'audace et la bienveillance envers nous-mêmes d'accueillir leurs propos et de partir à la recherche de qui nous sommes ?

bonbons

Nous achetons des bonbons uniquement pour les fêtes d'anniversaire de nos enfants avec leurs amis soit deux fois par an.
Du coup, on se jette tous sur les bonbons dès que les paquets sont ouverts.
Et chaque fois, j'en arrive à avoir mal au ventre puis je me dévalorise.

Ma fille allait fêter son anniversaire et j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes et d'être plus rusée que mon inconscient et mon instinct.
Je sais que j'obéis plus facilement sur une explication que sur une injonction. J'ai donc pris le temps de réfléchir aux multiples conséquences qu'aurait cette absorption exagérée de sucre.

Je sais que pour les situations, j'ai une mémoire visuelle. Je me suis donc imaginée le samedi soir, j'ai visualisé les ramequins de bonbons, j'ai visualisé que j'étais tentée et que je n'en prenais pas.
Ça a très bien fonctionné. Je regardais les bonbons et dans ma tête, je leur disais "bonjour", pleine de l'assurance de ma préparation personnalisée. Je n'ai mangé aucun bonbon le samedi soir.

Je n'avais pas prévu qu'il y aurait encore des bonbons le dimanche.
Le matin, je les ai regardés sans en prendre mais j'avais déjà perdu pieds. Je leur disais mentalement "bonjour" mais je sentais que mon bonjour ne reposait plus sur rien. De même que le coach de tennis n'a plus tellement de prise sur son joueur une fois le match engagé, c'était trop tard. L'après-midi, j'ai craqué. J'en ai mangé plein.

Au niveau professionnel, chaque match de tennis fait l'objet d'une préparation mentale minutieuse.
Moi je n'ai préparé qu'un seul match "contre" mon inconscient.
On apprend de ses erreurs; la prochaine fois je visualiserai le samedi et le dimanche. Rendez-vous l'été prochain pour l'anniversaire suivant.
En attendant, il y aura les fêtes de fin d'année. Et là, c'est bien souvent plutôt une semaine qu'un week-end donc une préparation soutenue sera nécessaire !

fantome

J'explique à un copain de mon fils que la foi est une expérience qu'on ne peut pas faire pour autrui.
Je pourrais lui en parler pendant des années qu'il n'en ferait pas l'expérience.

Il est des ressentis qu'on peut vivre sur demande, en étant dans l'accueil des perceptions : marcher dans l'herbe pieds nus, boire une gorgée de vin, sentir une rose.

Mais certains ressentis ne sont pas sur commande. Davantage liés au mental. Savant mélange d'ouverture, de perception, d'imagination, d'inconscient ?
Le plus raconté : être amoureux.
Et même si après coup, on peut comprendre ce qui a été préparatoire à ces expériences, impossible d'être sûr de pouvoir les vivre de nouveau et encore moins de faire vivre cela à autrui.

Ces dernières années, j'ai pu ressentir, expérimenter, ce qu'on met derrière les mots fantômes, réincarnation et plus récemment vampire.
Du vécu, et plus juste un mot qui renvoie uniquement à des éléments extérieurs à soi (dessins animés, films considérés avec circonspection, croyances non partagées).

Car les mots sont à la fois barrages et passerelles.
Nous associons aux mots des valeurs, des notions, des procédures, des interdits, des sensations.
D'où l'expression "les mots sont réducteurs".
Mais, en langage texto ou avec le vocabulaire le plus raffiné, ils restent notre outil principal pour se relier aux autres. Se faire comprendre des autres, tenter de les comprendre, partager.

Quand on fait une belle expérience, on peut avoir envie de la partager. Au plus la panoplie de vocabulaire sera étendue au plus on aura l'impression de faire vivre à l'autre ce qu'on a vécu. Mais bien souvent, c'est le langage non verbal que l'autre recevra : le ton enjoué, voire passionné de la voix, les yeux qui scintillent de bonheur ; la respiration, la posture et la gestuelle modifiées...

Et lorsqu'on vit une situation difficile, là encore les mots vont nous permettre de replacer petit à petit hors de soi les émotions éprouvantes. Et la personne réceptacle percevra surtout les larmes, la colère, la puissance ou la démission du regard.

Qu'ils parlent de joie ou de douleur, les mots nous racontent des histoires qui peuvent nous décentrer ou nous recentrer.
Et ça non plus, ça n'est pas sur commande.

sieste jardin

Il faisait environ 13°C mais j'avais envie de faire une sieste sur la terrasse.
En sandwich entre deux grosses couettes blanches, je me suis allongée sur le bain de soleil. Hasard de là où mon regard se posa, mon repère fixe se trouva être le ciel. Du coup, j'eus l'impression que la terrasse m'emmenait en voyage. J'ai savouré et réussi à prolonger la sensation plusieurs secondes.
Je me suis emmitouflée sous la couette, mon sandwich ressemblait probablement à un nuage.
Je me suis calée confortablement sur l'oreiller.
Promesse de minutes paisibles, oh douce sieste comme je t'apprécie.
J'en étais là quand mon voisin a démarré sa tondeuse à gazon.
J'ai souri.
Me relever pour aller chercher mes boules Quies® alors que j'étais si bien installée, calfeutrée ?
J'ai décidé que le bruit de la tondeuse serait le ronronnement d'un animal et qu'il m'aiderait à m'endormir au lieu de m'en empêcher.
J'ai tout de suite pensé à un mouton mais vraiment, bien que non spécialiste des ovins, l'image et le son ne collaient pas.
Ensuite, j'ai vu un chien, ça correspondait mieux.
Mais le bruit de la tondeuse était tellement fort que j'ai dû faire grandir et grandir et encore grandir mon chien.
Il a finalement atteint la taille d'un immeuble.
J'ai choisi un Saint-Bernard. Ça m'est venu comme ça.
J'ai voulu mettre ma tête dans son cou mais je me suis rappelée qu'il avait un tonneau (!) alors je me suis calée contre son flanc.
Finalement, ça n'a pas fonctionné longtemps. J'avais du mal à croire qu'un chien fasse un bruit comme celui là.
J'ai donc plutôt cherché ce que le bruit de tondeuse pouvait m'évoquer.
Ni une ni deux, j'ai vu un avion. J'étais tout de suite très haut dans le ciel et le reste ... je ne m'en souviens plus.
Je me suis réveillée deux heures après !

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Je conduis ma grand-mère au cimetière en voiture. Nous sommes au feu rouge. Une dame quitte l'arrêt de bus et toque à la vitre de ma grand-mère. Je baisse un peu la vitre, méfiante.
"Est-ce que vous pouvez m'avancer un peu, s'il vous plaît, j'ai une crise de sciatique, je souffre beaucoup."
Si j'avais été seule, j'aurais immédiatement déverrouillé la porte mais là, avec ma grand-mère, mon dernier grand-parent, et imaginant cette dame derrière ma grand-mère, moi conduisant, ne pouvant rien faire, je suis sur la défensive.
Derrière, les conducteurs s'impatientent et klaxonnent. Je regarde ma grand-mère. Elle ne dit rien mais fait mine que "pourquoi pas ?".
Ça klaxonne de nouveau. Je déverrouille les portières, la dame s'installe derrière ma grand-mère. J'essaie d'évaluer les risques.
Je saisis mon sac à main posé à côté de la dame et le place aux pieds de ma grand-mère en disant "Madame, je ne vous connais pas, je prends mon sac à main."
La dame nous explique que c'est la première fois qu'elle sort depuis deux mois mais que c'était encore trop tôt. Je la dépose devant chez elle, elle nous remercie vivement. Voilà, il n'y a plus de danger (!).
Je repense à la phrase prononcée "Madame, je ne vous connais pas". C'est une phrase que j'ai dite récemment dans un tout autre contexte.

J'étais à vélo à un carrefour attendant que le feu passe au vert et juste devant moi, une voiture a percuté une autre. Les deux voitures se sont rangées et je suis allée proposer à la conductrice victime de lui communiquer mes coordonnées si elle avait besoin d'un témoin.
La dame coupable de l'accident était furieuse et hurlait "On n'a pas besoin de vous !" Je lui ai répondu "Je ne vous connais pas. Je ne sais pas comment vous allez rédiger le constat. J'ai proposé mes coordonnées à cette dame, elle a accepté."

Quand je cours dans les campagnes françaises, je croise souvent des chiens accompagnés par leur maître mais non tenus en laisse. De loin, je demande au maître d'appeler son chien et de le mettre en laisse et dans, allez, 80% des cas,  le maître n'en fait rien. Je m'arrête donc de courir par prudence et une fois à hauteur du maître, j'ai droit à "Pas besoin, il est gentil". Et immanquablement je réponds "Moi, je ne connais pas votre chien". Je comprends que les maîtres aient un rapport très affectueux avec leur chien mais moi, je ne pense qu'à préserver mes mollets !

ICE TEA

Mon fils s'est acheté une bouteille de 2 litres d'Ice Tea® hier.

Ce matin, je rentre dans sa chambre pour le réveiller et constate que la bouteille d'Ice Tea entamée, est là à me narguer, me provoquer et me crier "Je ne suis pas dans le réfrigérateur".

Je suis sur le point de laisser exploser ma colère et laisser fuser les remontrances. Je ravale tout cela, prenant conscience qu'il s'agit d'un sujet important non urgent. Je vais laisser mon fils se réveiller tranquillement. Je lui expliquerai à un moment plus approprié.

Que faire de l'émotion qui m'a submergée ? Dans ce cas, la création d'une occasion pour refaire sortir de mon corps sera un peu de prise de recul et d'humour.

L'analyse est rapidement réalisée : conditionnement éducatif et peur de la mort.

Il ne me reste plus qu'à en sourire et à garder ce sourire sur mon visage pour accueillir mon fils qui descend petit-déjeuner.

depositphotos 22611031 Window of opportunity

Ce matin, le soleil bas automnal pénètre dans la chambre avec violence. Il m'éblouit. Fermer les yeux ne suffit pas. Tirer le drap et le placer sur mon visage ne suffit pas. Je dois poser mon avant-bras sur mes yeux pour ne pas pleurer.

Je comprends pourquoi la plupart (toutes ?) des religions polythéistes ont un Dieu Soleil. Sa force s'impose.

Et si au lieu de me sentir gênée par cette force que je subis, je décidais que c'est l'occasion de verser des larmes et de faire le deuil de mes caprices.

Bien se connaître ne suffit pas. Sans bonnes petites décisions, on tourne en rond dans la complaisance.

Je ressasse mes bons et mauvais souvenirs de vacances. Je peux les analyser à l'infini. Qu'est-ce que je rejoins pendant ce temps là ? Et qu'est-ce que je fuis ? Ça aussi je peux l'analyser.

Ce matin, je saisis l'occasion d'être éblouie par le soleil pour pleurer, faire le deuil, essayer de passer à autre chose.

Le poisson rouge de B. est mort.

Dans ce genre de situations, on assiste à diverses réactions. Le déni de l'émotion de l'enfant "Ce n'est rien, ce n'est qu'un animal" ou "Si c'est pour pleurer, on n'aurait jamais dû accepter ce poisson !" ou "Ne pleure pas, on va en racheter un autre".

On oublie trop souvent que l'enfant, même très jeune, est capable de dire ce dont il a besoin. Comme on doit parfois gérer ses caprices, oui on oublie qu'en plus de manger, de boire, d'être propre, de recevoir une instruction, l'enfant a toute une panoplie de besoins qui se révèlent au fur et à mesure des évènements qui surviennent dans sa vie. Il n'y a pas forcément accès et c'est aux adultes de l'aider à les trouver en lui posant des questions et en sachant percevoir si le moment est venu pour ces questions ou si l'enfant est pour l'instant submergé par l'émotion. Si tel est le cas, ne nous posons pas en sauveur ou en maître du temps voulant revenir en arrière. Soyons juste présents et mettons des mots sur ce que ressent l'enfant. Une fois que l'enfant est moins dans l'émotion, on peut lui demander "Comment te sens-tu ?" "As-tu froid ? soif ? fatigué ? en colère ? triste ?" "Qu'est-ce qui t'aiderait à te sentir mieux ? On marche un peu ? Veux-tu dormir un peu ?" etc.

PLEURER ENFANT

Tant de fois, les épisodes de souffrance nous ouvrent grands les bras vers une fermeture.

Les parents m'ont raconté qu'ils ont discuté avec leur enfant de l'idée d'adopter un chien. J'ai trouvé formidable l'idée d'adopter un animal pour lequel il y aura probablement plus d'attachement et donc encore plus de souffrance quand il s'en ira. Mais c'est le pari de la vie; c'est intégrer qu'il n'y a pas de vie sans souffrance; c'est accepter que tous les bons moments partagés avec ce chien rendront d'autant plus dure la séparation. C'est oser la vie.

J'avais vraiment apprécié, il y a déjà plusieurs années, dans le courrier des lecteurs de Télérama, un lecteur qui disait en substance "arrêtez de vouloir tout guérir, laissez-nous nos dépressions, nos douleurs, nos déceptions, nos chagrins d'amour, laissez-nous vivre car c'est tout cela être humain".

J'ai emmené ma fille chez l'orthodontiste cet après-midi.

Depuis peut-être 2 ans, je prends toujours soin d'avoir un livre à méditer avec moi pour toutes les situations où je devrais attendre, afin que ce soit une chance et pas une catastrophe.

Mais au moment où je m'assois dans la salle d'attente, je prends le temps de ressentir ce qui à ce moment précis me fait envie. Dormir ? Observer ? Arpenter ? Engager une conversation ? Organiser le futur ? Relire le passé ? Lire mon ouvrage ou un de ceux proposés ?

J'en étais là quand mon regard a été attiré par la verrière au plafond. Et c'est alors que sont passés plein d'oiseaux. J'ai choisi de partir avec eux. Je me suis envolée, je voyais la terre d'en haut, je parcourais une grande distance en peu de temps et sans encombre.
Je sentais le vent et la fraîcheur du soir sur ma peau quand l'assistante médicale est venue nous chercher.

verriere

Chacun de nous, pour reposer son mental, peut décider de tel ou tel type d'activité mentale quand nous en avons l'occasion.

Votre journée est remplie de tâches répétitives ? Amusez-vous à analyser un film que vous avez vu récemment. Comment le cadreur a procédé pour faire monter le suspens ? Revoyez les images, remémorez-vous les dialogues.

Vous passez votre temps à analyser des chiffres ? Imaginez les conditions dans lesquelles cette dame a acheté ce sac ? Comment était le vendeur ? Il y avait d'autres clientes ? Ont-elles parlé ensemble ? De quoi ?

Votre imagination est débordante et vous fatigue ? Répétez doucement à l'infini, en la savourant, une prière, une poésie, une citation.

Tout cela vous paraît inutile, superficiel, farfelu ?
Pourtant, ce faisant, vous avez reposé la partie de votre cerveau qui travaille tout le temps. Vous avez entraîné votre cerveau à une activité qui vous servira peut-être prochainement et en tous cas, vous permettra de réagir de manière plus adaptée à certaines situations.
Et puis surtout, votre temps d'attente n'a même pas été perceptible !

tetrapack

Ce matin, mon fils ouvre une nouvelle brique de jus d'orange et je m'aperçois qu'avec son ongle, il tourne autour de l'anneau à la base pour le dégager du bouchon avant de dévisser ledit bouchon.

Cela m'évoque les mille et une manières que nous avons de faire les petites choses du quotidien et comme certains semblent détenir une précieuse vérité concernant la façon de trier le linge ou d'éplucher tel légume. Ce sont de réels sujets de discussion où chacun est convaincu de posséder la meilleure manière qui soit. Cela peut aller jusqu'à provoquer des tensions voire foutre en l'air un week-end entre amis.

Je regarde mon fils et me dis qu'il n'y a rien d'important ni d'urgent à lui signaler, que je peux rester dans l'observation. Et je pense à ceux qui tournent directement le bouchon à main nue ou avec une pince ou avec un torchon.

Je pense à mon amie L. et au gigantesque tournevis plat qu'elle utilise pour faire rentrer l'air dans les bocaux sous vide afin de faciliter l'ouverture. J'avais toujours peur pour elle mais je ne le lui montrais pas et la plaisantais en disant qu'elle prenait son arme.

La vérité ...

Dernièrement, j'ai lu "vérité n'est pas beauté" ... à méditer ;)

cartes a jouer

Tout à l'heure, alors que j'aide mon fils à comprendre le cours sur les fonctions, il me demande de but en blanc "Maman, le dénominateur, c'est le nombre de joueurs ou le nombre de cartes ?".

Je lui réponds calmement "Le nombre de joueurs" mais intérieurement, je suis étonnée.

Cela fait peut-être 4 ou 5 ans que j'ai expliqué les opérations à mes enfants avec des cartes à jouer.
Pour l'addition, je posais une carte puis une autre à côté en disant "plus".
Pour la soustraction, j'enlevais une carte puis une autre en disant "moins".
Pour la multiplication, je plaçais par exemple 3 cartes en abscisse et 5 cartes en ordonnée en disant "fois" puis je remplissais le quadrilatère.
Pour la division, je prenais un paquet de cartes en nommant la quantité "numérateur" et nous étions, nous les 3 joueurs, "dénominateur". Je distribuais les cartes en disant "divisé par".

Mon fils n'a pas retenu ce que je lui avais écrit la veille à propos des fonctions, d'où mon étonnement lors de sa question au sujet d'un enseignement tellement plus ancien.

Comment se fait le geste de mémorisation ?
1) Geste d'attention : se mettre en situation d'évoquer ce que l'on veut retenir, le faire exister dans sa tête.
2) Projeter l'image mentale dans un imaginaire d'avenir.
3) Effectuer des allers-retours entre perçu et évoqué pour vérifier que la possession est exacte. Corriger l'évocation si besoin.

Idée de lecture  : "Réussir ça s'apprend" d'Antoine de La Garanderie.
Cet ouvrage décortique la manière dont nous mémorisons, comprenons, apprenons et donne des clés concrètes pour aider son enfant à s'instruire.

DUEL

Je prends soin d'une plaie et me demande si je garderai une cicatrice.

Combien de cicatrices sur le corps et combien de blessures ne laissant pas de traces visibles ?

N'oublions jamais à quel point certains mots, certaines phrases peuvent blesser. Le corps n'oublie rien. Ce qui est arrivé est arrivé. Les évènements construisent et détruisent notre fragile personnalité.

Certains arriveront à faire sortir rapidement l'émotion qui survient : colère, surprise, tristesse, sentiment de trahison, d'injustice, déception, dégoût, ... mais ne vont-ils pas blesser à leur tour saisis par la tentation de vengeance ?
D'autres n'y parviendront pas, submergés, abasourdis, assommés. Peut-être cela ressortira beaucoup plus tard, d'une manière qui ne sera pas appropriée et qui blessera aussi ...

Si nous blessons quelqu'un, que nous n'avons pas eu la sérénité et la lucidité de nous apercevoir que nous étions sur le point réagir de manière disproportionnée, que le mal est fait, alors il y a des moyens de panser les plaies.
Aller vers l'autre, lui dire qu'on se rend compte qu'on a réagi de manière disproportionnée et inappropriée, demander comment l'autre se sent, expliquer son propre ressenti d'avant et d'après la réaction, demander pardon, proposer un réconfort. Revenir vers l'autre un peu plus tard, demander des nouvelles.

Et si nous avons été blessés ? L'inconscient nous poussera peut-être à nous renfermer et à ressasser en boucle nos émotions, nous en serons prisonniers. Ne pas dire à l'autre qu'il nous a blessé, c'est l'empêcher de pouvoir progresser (s'il n'est pas conscient d'avoir fait du mal) ou l'empêcher de nous demander pardon (s'il s'est enfermé dans sa culpabilité). Car la tentation, c'est aussi de laisser l'autre enfermé dans sa méchanceté (pour pouvoir s'en plaindre) ou dans sa culpabilité (pour le punir). La victime s'avère parfois bourreau et vice-versa. Avant d'aller vers l'autre, essayons de comprendre ce qui l'a fait réagir comme ça et assurons-nous que nous parlerons "je" sans être dans le reproche.

Entre quelques secondes et plusieurs années, le chemin qui conduit de la blessure à la cicatrice est pluriel mais il vaut toujours la peine d'être entamé.

Foreign Language

Je rentre dans ma voiture et j'ai le choix entre écouter de la musique à la radio ou mon CD d'apprentissage d'une langue étrangère.

Je pense à l’Ecclésiastique, ce livre de la Bible qui a failli ne pas y être alors que c'est le livre de la Bible que je préfère. Quand je l'ai lu la première fois, j'ai été bien étonnée de voir que la Bible me faisait rire ! Le style désabusé m'a bien plu.

Entre autres choses, l'Ecclésiaste nous enseigne qu'il y a peu dont on peut se réjouir donc ne passons pas à côté. Manger, boire, être satisfait de son travail. J'ai retenu ce dernier point car j'avais la fâcheuse tendance à ne regarder que ce qui restait à faire. L'Ecclésiaste m'a appris à prendre le temps de me retourner sur ma journée achevée et constater avec satisfaction le travail accompli. Pour soi, plaisir pour soi sans tambours ni trompettes.
Sauf que dans cette hypothèse, le plaisir vient de la satisfaction qui vient elle-même du travail. Le plaisir n'est pas immédiat. Or quoi de plus tentant que le plaisir immédiat ?

Bien souvent, nous avons envie de plaisir immédiat, de réconfort. Mais sachons reconnaître les moments où nous sommes suffisamment bien pour choisir une activité qui nous apportera un plaisir différé grâce à une activité qui nous fait grandir, une activité qui sublime nos désirs restés en sourdine.

Grâce à l'Ecclésiaste et parce que j'étais suffisamment bien, j'ai choisi de mettre le CD. Des pensées toxiques m'ont assaillie "C'est malin, tu ne l'as pas écouté depuis longtemps donc maintenant, tu vas galérer" "Tu ferais mieux d'arrêter, c'est trop dur" "Si ça tombe, ça ne te servira jamais" etc. Une fois que le petit cirque de mon inconscient fut terminé, j'ai repensé à Shunryu Suzuki* et ne me suis pas découragée.
Après avoir écouté le CD, j'étais fière d'avoir choisi l'option difficile plutôt que la facile et j'ai goûté à ce petit plaisir.

* Je vous cite Shunryu Suzuki, un maître zen japonais qui a fait connaître le bouddhisme aux USA dans les années 60.
Dans "Esprit zen, esprit neuf" :

« Après avoir pratiqué [zazen] un certain temps, vous comprendrez qu’il n’est pas possible de faire des progrès rapides et extraordinaires. Même si vous essayez de toutes vos forces, votre progrès se fait toujours peu à peu. Ce n’est pas comme sortir sous une averse où l’on sait que l’on est mouillé. Dans le brouillard, vous ne savez pas que vous commencez à être mouillé, mais, tout en marchant, vous êtes peu à peu mouillé. Si vous avez à l’esprit des idées de progrès, vous direz peut-être : « Oh, cette allure est insupportable ! » En fait elle ne l’est pas. Quand vous êtes mouillé par le brouillard, il est très difficile de vous sécher. Inutile, donc, de vous inquiéter du progrès. C’est comme l’étude d’une langue étrangère ; vous ne pouvez y arriver d’un seul coup, mais, à force de répétition, vous la maîtriserez. […] Nous pouvons dire que nous progressons peu à peu, ou bien que nous ne nous attendons même pas à progresser. Il suffit d’être sincère et de donner tout son effort à chaque instant. […]. »

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Dans un monde qui nous pousse souvent à l'extérieur de nous-mêmes, mes articles, partant de détails du quotidien, sont une invitation à rejoindre notre vie intérieure.

Merci Nat pour ce très beau carnet que j'utilise pour rédiger mes articles !
Merci Sylvie, Leslie, Gaby, Brigitte et Minouche pour vos avis !
Merci pour tout, PLLP ♥.
Et mille mercis à David pour m'avoir décidée à créer ce blog et à Majdi pour m´avoir donné l'angle de vue par lequel l'aborder.

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