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danceroom

Lors des stages Art Vivant Méditation avec Thierry Duirat, danseur et metteur en scène, nous expérimentons, entre autres, l’écoute des mouvements que notre corps a envie de vivre, indépendamment de nos pensées.
Cet après-midi, nous occupons seulement la moitié de la salle de danse afin d’être plus proches les uns des autres.
Nous nous déplaçons comme bon nous semble dans l’espace défini. Thierry nous a suggéré de parfois nous immobiliser puis de fermer les yeux puis de nous concentrer sur l’écoute du mouvement de ceux qui ne se sont pas arrêtés.
Je me suis stoppée, j’ai fermé les yeux. Je ressens la pulsation du sang dans mes veines, la circulation de l’air dans mes poumons, la chaleur induite par mon corps qui s’est dépensé, le soleil qui s’invite à travers mes paupières.
Thierry propose que ceux qui ne se sont pas arrêtés choisissent un point de contact sur une personne qui est immobile les yeux clos afin de sentir la vie dans le corps de l’autre.
Quelqu’un pose une main sur ma nuque puis son autre main sur mon bras droit.
Je ressens, je pense, je suis.
Progressivement, cette personne que je ne vois pas, m’invite au mouvement et progressivement, nous nous mettons à danser.
Je sais qu’autour de moi, il y a des murs, des miroirs, des radiateurs, des barres de danse, d’autres binômes qui dansent et je peux les heurter.
Me faire mal, leur faire mal. Evaluer le risque, l’accepter et décider de faire confiance à cet inconnu grâce au cadre élaboré par Thierry, que je connais et en qui j’ai confiance.
Alors je me lâche et je danse pleinement sans rien voir et je goûte ces sensations nouvelles, la satisfaction d’avoir osé et l’amusement d’imaginer mon binôme m’observer.

DanserLesPaupieresClosesCapture

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Le commerce nous propose toutes sortes de produits et services pour satisfaire nos instincts.
Les compagnies d’assurance, les banques, les systèmes d’alarme, … répondent à notre instinct de peur.
Les chansons (pas toutes !), les films d’amour (ou pornos !), les clubs de rencontres,… correspondent à notre instinct sexuel.
Les animaux de compagnie, salons de massage, centres de thalasso, … assouvissent notre besoin instinctif de caresses.
Notre instinct de survie nous pousse vers les sucreries, l’alcool, …
Certains sports, habits, objets, … renvoient à notre instinct de nous placer en dominant ou dominé.
Tous ces produits et services que nous achetons rassurent, calment nos instincts.

En complémentarité, certains ressentis subtils nous renvoient au contraire à la complexité humaine, au questionnement infini et la recherche d’absolu, à nos ambivalences.

C’est par exemple goûter une expérience nouvelle comme raconté ci-dessus, ou se laisser imprégner par tout ce qu'une sculpture, ou une peinture, réveille en nous, ou décrire par le menu détail les caractéristiques œnologiques d’un vin qu’on vient de tester, ou admirer l'arbuste qu'on a taillé dans les règles de l'art, ou frissonner d’émotion à l’écoute d’une musique, ou retrouver un livre qu’on apprécie, ou ...

Nous ne pouvons pas nous débarrasser de nos instincts, c’est grâce à eux que nous sommes plusieurs milliards.
Mais profitons de notre sensibilité et de notre intelligence pour aller un peu plus loin que là où le marketing nous emmène et goûtons aussi aux plaisirs délicats.

Et comme petit cadeau, une vidéo de west coast swing (démarrez à 0'36") :

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Plus de pistes...
...pour tous : De nombreuses études montrent le lien entre intelligence et plaisir. Bah oui, c'est valorisant de réussir des nouvelles choses sans se mettre la pression juste pour le fun ! Vous trouverez sous ce lien un document présentant les différents types d'intelligence. En parcourant le document, vous reconnaîtrez les domaines dans lesquels vous êtes à l'aise et ceux que vous avez écartez faute de temps, de réussite ou de motivation de votre entourage. Mais il n'est pas trop tard et n'oubliez pas, la nouveauté a un pouvoir anti-dépressif alors, sans objectif autre que la découverte, essayez juste !

fragile a velo

 

Mon moyen de transport principal est le vélo.
La vitesse (hum ! vitesse relative ;) ) me donne une impression de puissance et de communion avec l'environnement quand je suis en ligne droite sans circulation.
Mais à chaque croisement, je me contracte, je perds toute légèreté d'esprit.
Moi conduisant une voiture, j'ai eu plusieurs accidents, dont quatre avec collision (Et j'entends déjà les langues de vipère dire "Femme au volant ..." mais il n'y a que le premier où j'étais en tort et les trois autres furent causés par des hommes !).


D'autres personnes que moi conduisant, extrêmement vite, j'ai cru à deux reprises que je ne finirai pas la journée.
J'ai failli de nombreuses fois me faire renverser à vélo ; je suis très prudente, je regarde partout et suis toujours prête à freiner.
Quand je croise un stop, j'essaie de capter le regard du conducteur avant de continuer sur ma lancée.
Ce matin, une fois de plus, je me sens vulnérable en roulant au niveau de ce carrefour que je déteste.
Les automobilistes ont-ils conscience de l'absence de carapace des cyclistes ?

franklin velo

 

Nous préférons nous croire forts plutôt que d'examiner nos fragilités. Et la vulnérabilité des autres nous renvoie un "C'est possible pour toi aussi" inconfortable, dont nous nous détournons.
Combien de fois évitons-nous de croiser le regard de tel handicapé ? Tel mendiant ?

 

 

 

pictos handicap

 

Un des comportements dont souffrent le plus les handicapés, c'est qu'une personne va systématiquement s'adresser à l'accompagnant plutôt qu'à l'handicapé.

Je me souviens d'une expo de photographies prises à Londres au lendemain de la crise de 29. On y voyait un couple blanc mendier. Ça m'avait fait l'effet d'un choc.
Et oui, les Roms nous renvoient "Il est peu probable que ça m'arrive, je ne peux pas devenir Rom." mais là, sous mes yeux, cette dame aurait pu être moi et c'était effrayant.

Non, décidément, nous n'aimons pas examiner nos faiblesses.

Quand les médias nous montrent des personnes dans le malheur, ils mettent la bonne dose de misérabilisme pour au final, nous faire de nouveau détourner le regard et nous contenter de notre sort ou bien c'est la fascination qui nous fige ! On a aussi l'extrême inverse : "Tant de morts dans tel pays, demain beau temps sur toute notre belle région".
Et puis combien de magazines mettant en avant qu'il convient d'être beaux, forts, en bonne santé et "tous les bons plans pour gagner plus". N'oubliez pas d'être heureux, mille trucs et astuces.
Si ça dépanne, super. Mais si ça met la pression, alors il est temps d'apprivoiser notre côté obscur.

 

Darth Vader

 

Comme je vous l'écris régulièrement, les extrêmes, les discours absolus, sont des messages provenant de notre inconscient. Ce n'est pas notre moi réel qui parle.
Il est des jeux psychologiques où certains se complaisent à décrire au premier venu toutes leurs faiblesses, défauts, malchances dans l'attente inassouvissable qu'on leur dise "Mais non, tu es formidable ; j'aime chez toi ces qualités ; regarde tu as ça, c'est de la chance ; etc."
Quand je vous parle de tenir compte de votre côté obscur, je ne vous invite bien sûr pas à cette attitude.
Ces personnes ont enregistré "Je me sens aimé quand je me plains." Et elles se sont construites sur cette croyance, qu'elles testent à l'infini.

 

Non.
Mon invitation, je vous la soumets avec les jolis propos de Gabrielle Roth. Cette artiste, qui a créé la danse des 5 rythmes que j'ai pratiquée avec Thierry François, a écrit "Ce vrai, attendrissant moi sera toujours dans l'obscurité. C'est pourquoi nous devons nous libérer du modèle didactique qui décrète que la lumière est bonne et le sombre est mauvais, car cela nous coupe du mystère de notre monde intérieur et invisible, un monde qui est bien plus vaste que le monde vu. Une fleur coupée ne dure qu'une semaine au maximum, mais une fleur reliée à ses racines peut se réincarner, renaître saisons après saisons. Quand elle est connectée à l'obscurité de la terre nourricière, sa nature même est de chercher la lumière. Etre coupé de sa source intérieure _ ce que Dylan Thomas appelle "la force qui par un fusible vert conduit la fleur." _ nous laisse craindre de fermer nos yeux, être assis dans l'obscurité, écouter le silence, savourer le vide [...]. Le plus triste de tout, il nous empêche d'apprécier la sainteté d'autrui."

Vidéo sur la danse des 5 rythmes

marche2

 

Depuis plus de dix ans, le vendredi matin, je vais au marché acheter des fruits et légumes à Régis, mon maraîcher.
Aujourd'hui, au stand de Régis, juste avant moi, c'est le tour d'une dame accompagnée d'une jeune fille qui porte des lunettes de soleil. Je remarque ce détail en cette journée froide de février.
Vient mon tour. Régis et moi nous donnons des nouvelles et plaisantons.
Une fois que j'ai placé les sachets de provisions dans mon cabas, nous nous apercevons que les dames me précédant ont oublié leur tête d'ail et leurs bananes.
Je les cherche dans les allées avoisinantes. En vain.
Je paie Régis, lui souhaite un bon week-end et m'en vais rejoindre ma voiture.
Au sortir du marché, je vois devant moi, une jeune fille qui porte des lunettes de soleil. En plein hiver, cela m’interpelle. Eh ! Mais ce sont les deux dames que je cherchais quelques minutes avant !
Je les accoste et leur indique qu'elles ont oublié leur tête d'ail et leurs bananes au stand de Régis.
Sur le coup, elles ne comprennent pas. Elles ne connaissent peut-être pas le prénom du maraîcher et se demandent ce que je leur veux.
Puis les connections se font et elles réalisent leur oubli.
Elles rient, me remercient et retournent sur leurs pas en direction de Régis.

J'adore les marchés. Il y a toujours une occasion de papoter, de plaisanter.
Et quand je fais des courses en magasin, notamment pour des habits, parfois, je ne prends même pas la peine de chercher ce dont j'ai besoin. A la place, je cherche un vendeur et lui demande de l'aide pour le plaisir du relationnel.
Quand j'étais en congé parental pour mon aîné, j'avais pris l'habitude de faire la vaisselle pendant sa sieste en début d'après-midi.
Je me sentais très seule et j'imaginais que probablement d'autres jeunes mamans étaient toutes seules chez elles à dépérir (!).

 

lavoir

 

 

A chaque fois, la même image me revenait : pendant des années, les femmes ont rincé leur linge ensemble au lavoir. Cela rendait la tâche moins pénible.
Puis le progrès technologique a apporté la radio, le lave-vaisselle (et le lave-linge !), internet et les réseaux sociaux. Ces avancées permettent de garder son enfant chez soi et se sentir moins seule.
Mais rien ne remplace la relation de visu !

 

maman et bebe

 

Alors jeunes mamans, plus d'hésitation ! Vous pouvez demander à une amie de vous rendre chez elle avec votre bébé et que celui-ci fasse sa sieste là-bas.
Ou bien solliciter les grands-parents, une voisine pour qu'ils gardent votre bébé quelques heures.
Nous sommes faits pour la relation.
Quand on a un nouveau-né, c'est tellement de changements et de fatigue et en même temps de bonheur, qu'on peut avoir tendance à rester en vase clos.
Sachons entourer à bonne distance les jeunes mamans !

 

 

yinyang

 

Plus de pistes...
...pour tous : Nous sommes empreints d'une énergie majoritairement yin ou majoritairement yang. Les personnes yin sont plutôt "sages", aiment les discussions profondes, ayant du sens et se ressourcent de préférence seules. Les personnes yang sont plutôt "superficielles", aiment les discussions légères et se ressourcent de préférence au contact d'autrui.


C'est vraiment un plus d'apprendre à reconnaître qu'on peut bénéficier de l'énergie des personnes (directement ou via un média) qui ont une énergie différente de la nôtre. Spontanément, on va éviter ces personnes alors qu'il s'agit également d'énergie. Cette énergie, d'une autre nature que la nôtre, est bonne à prendre en complément de celle dont on a besoin habituellement. Pour les personnes yin, le petit effort qui vaut le coup sera par exemple d'accepter d'aller déjeuner avec des collègues jugés futiles ou d'aller regarder un film comique américain. Pour les personnes yang, le petit effort qui vaut le coup sera de lire les articles du blog Sêmera ;) !
Et oui, moi je suis Shao Yin, le plus yin des 3 profils yin ... et je ne retiens aucune blague :( !

punk

Au comptoir d'une sandwicherie, une dame d'une soixantaine d'années commande de quoi manger.
Derrière elle, une jeune fille attend son tour.
Alentour, nombreuses sont les personnes qui rient sous cape.
En effet, la jeune fille est en train de photographier le crâne de la vieille dame.
Ce crâne est rasé sur toute sa surface mais mamie a laissé une crête noire d'iroquois et s'est fait tatouer, de part et d'autre de la crête, une jolie dentelle.
Nous observons nous aussi la scène en nous demandant si la vieille dame va "capter" la jeune fille et comment elles réagiront.
Apparences trompeuses, dont nous nous rendons compte lorsque la jeune femme remercie la tatouée.
En fait, elle lui avait demandé l'autorisation au préalable ... Et elle ne faisait pas la queue pour un sandwich, elle s'éloigne en félicitant chaleureusement mamie.

Quand nous observons une scène impliquant plusieurs acteurs, nous nous demandons si les protagonistes vont réagir de manière instinctive ou respectueuse.
Il y a d'autres manières de réagir.
Cela concerne l'imprégnation.
Si pendant notre enfance, un de nos proches réagissait toujours de la même manière dans un contexte défini, il y a des chances pour que nous réagissions de la sorte également.
Notre réaction peut aussi venir d'une habitude prise à partir d'une croyance. Par exemple la croyance "C'est bien de s'exprimer." ou "C'est dangereux de s'exprimer."
Finalement, quand nous réagissons, il est peu probable que ce soit en pleine conscience et notre réaction risque d'être inadaptée.
La réaction de nos proches à notre propre réaction est un indicateur à ne pas négliger !

suicide

Le probable suicide d'Andreas Lubitz, ayant entraîné avec lui, la mort de 149 personnes, me renvoie aux déceptions que nous subissons.

Notre cerveau a toutes sortes de parades pour nous aider à continuer à vivre. Soit un long chemin d'acceptation soit l'utilisation de l'énergie donnée par la colère pour essayer encore d'atteindre le but fixé.

S'il y a refoulement juste après la déception, alors nous ne sommes pas conscients que nous n'acceptons pas ce qui s'est passé.

Une autre forme de non-acceptation est une sorte d'obsession mêlant des sentiments d'injustice et d'humiliation. Cela prend toute la place. La personne quitte le réel et passe en boucle mille et une hypothèses pour réparer cette injustice qui l'humilie et la fait souffrir.

J'ai eu un masseur-kinésithérapeute qui n'acceptait pas d'avoir loupé médecine. Même après plusieurs années, il parlait principalement de cela, ne parvenait pas à tourner la page.

Shunryu Suzuki, bouddhiste, nous enseigne, qu'après avoir essayé tout ce qui était possible sans parvenir à nos fins, il nous reste à accepter.

Zazen est au cœur du bouddhisme car la méditation aide à être en prise avec le présent et le réel et ainsi pouvoir prendre de bonnes petites décisions.

L'enjeu est de ne pas laisser l'inconscient nous protéger de la souffrance jusqu'à l'extrême du suicide. Ne plus vivre pour ne plus souffrir.

Je vous parle souvent de bonnes petites décisions dans des petits détails du quotidien mais aujourd'hui, je vous parle plutôt de grandes décisions du conscient pour éviter que l'inconscient ne tienne tous les rênes jusqu'au suicide.

Ça peut être de demander un arrêt de travail ou même chercher du travail ailleurs pour ne plus penser à une personne ou une situation qu'on subit tous les jours et qui tourne à l'obsession.

Ça peut être de se réorienter professionnellement parce que le métier actuel ne nous renvoie pas la reconnaissance dont nous avons besoin ou parce que nous ne pourrons jamais, dans cette branche, accéder au niveau hiérarchique supérieur.

Ces grandes décisions aident à pouvoir refouler la déception et peut-être un jour accepter. Car si les pensées sont envahissantes, on n'y arrive pas. Mettre le sujet des pensées à distance, c'est rendre service à l'inconscient qui va pouvoir utiliser des systèmes de protection raisonnables et non plus extrêmes.

Certaines personnes vont savoir prendre de bonnes petites décisions voire de grandes bonnes décisions ... et d'autres pas. Il y a de très nombreux facteurs qui entrent en ligne de compte.

Ce que je vous propose de retenir, c'est que nos connaissances du cerveau ont permis d'identifier que la zone activée lors d'une souffrance physique est la même que lors d'une souffrance morale. L'une ou l'autre sont à prendre autant au sérieux quand elles "s'installent".

N'oublions pas que :

  • La douleur sert d'alerte, elle n'est pas là juste pour nous faire souffrir mais pour nous faire agir et rester vivant.
  • Le pire stress est le stress quotidien. La ou les contrariétés qui reviennent chaque jour sont les plus préjudiciables.

Quand nous prenons soin de nous, nous ne sommes pas égoïstes. Nous interrompons la chaîne de report de souffrance.

Dédié aux amis et familles des victimes de l'A320 qui s'est écrasé dans les Alpes le 24 mars 2015.

autoroute ou chemins

Pendant une seconde, j'ai cru que nous pourrions revoir nos amis sur Paris.
Et puis j'ai réalisé qu'ils y étaient cette semaine et nous y serions la semaine suivante.

Que s'est-il passé dans mon cerveau ?
J'ai pensé qu'ils étaient à Paris et que nous y allions aussi.
J'ai imaginé les retrouvailles et quelles visites nous pourrions faire ensuite.
J'ai analysé que les dates ne correspondaient pas.
J'ai été à la fois déçue par la conclusion et amusée par mon cheminement.

Nous avons les ressources de nos lacunes et vice-versa.

Les personnes dont l'activité mentale principale est l'analyse vont analyser pour se sortir d'un problème. Par exemple observer, démonter les tuyaux sous le lavabo qui fuit.
Celles qui fonctionnent avec des routines vont utiliser une routine. Par exemple appeler le voisin ou un parent à l'aide.
Les personnes qui aiment imaginer vont se servir de leur imagination pour résoudre le problème. Par exemple une douche qui fuit devient une ravissante fontaine et le problème n'existe plus.

Quand nous sommes excédés par l'attitude d'autrui, cela peut provenir de ce genre de décalage.
Combien de fois ai-je entendu : "Il ne réfléchit pas ! Il m'appelle et c'est à moi de résoudre le problème !" Ce faisant cette personne s'affirme comme quelqu'un qui réfléchit et renforce son mode de fonctionnement.
Ou bien : "Elle plane, ça m'insupporte. Moi quand j'ai un problème, j'appelle un professionnel, je ne me pose pas de question." Et cette personne affirme son mode de fonctionnement "Agir. Agir suivant une routine bien huilée."

Quand on parvient à détecter quelle est son activité mentale de prédilection (AUTOMATISMES, ANALYSE ou IMAGINATION), on peut s'amuser à s'ouvrir aux 2 autres. D'une part, c'est distrayant et d'autre part, cela peut s'avérer très utile car telle activité mentale peut être inadaptée dans telle ou telle situation.
Cela peut aussi nous aider à lâcher de temps en temps notre mode de fonctionnement favori pour davantage déléguer ou prendre les rennes.

Plus de pistes...
...pour les managers : Que reprochez-vous à vos collaborateurs ? Qu'appréciez-vous chez eux ? Tirez-vous vraiment avantage de leur potentiel et les valorisez-vous suffisamment à propos de leurs acquis et de leurs axes de progrès ? Leur activité mentale dominante est-elle en phase avec leurs attributions ?
...pour les parents : Transformez un problème récurrent en jeu.
Exemple : Un enfant laisse chaque jour ses habits sales traîner au sol et vous avez détecté qu'il utilise beaucoup l'imagination. Lui faire imaginer que chaque habit est un petit poussin qui cherche son nid (le sac de linge sale), va-t-il aider les petits poussins à retrouver le nid ?
Pour un enfant qui aime les routines, s'il se déshabille toujours de la même manière (par exemple, les chaussettes en dernier), pendant quelques jours, lui rappeler au moment où il enlève ses chaussettes "Et la dernière étape, ce ne sont pas les chaussettes. Les chaussettes, c'est l'avant-dernière étape. La dernière étape, c'est de ramasser les habits au sol et de les mettre dans le panier de linge sale. Ça y est, bravo, tu as tout effectué sans rien oublier. Demain, on recommencera et puis on verra dans combien de jours c'est toi qui te souviens toi-même de la dernière étape."
Pour un enfant qui aime analyser, lui expliquer les conséquences pour lui et les autres personnes vivant dans la maison.
Vous pouvez bien sûr cumuler les 3 pistes. A vous d'être créatif pour d'autres problèmes récurrents :) !
Attention, si un enfant persiste à ne pas faire quelque chose qu'on lui demande c'est peut-être tout simplement qu'il n´est pas prêt pour le faire, encore trop petit quoi.

Dédié à Romain D.

chaussons

Je suis dans le séjour au rez-de-chaussée.
Ma fille est à l'étage sur la mezzanine donnant sur le séjour.
Je lui demande de lever le volet roulant de la fenêtre de la mezzanine.
Je pars pendre une lessive.
Quand je reviens dans le séjour, je vois que le volet est toujours fermé.
Je sens la colère monter en moi.
Je la ressens, je la repère, je la reconnais et je ne lui laisse pas le temps de prendre toute la place.
Je réfléchis.
Où est ma fille ?

Si elle est descendue au rez-de-chaussée, elle est passée devant le volet et a effectivement omis de faire ce que je lui ai demandé.
En revanche, si elle est dans sa chambre, elle n'est pas passée devant le volet et c'est normal qu'il soit toujours baissé.

Je vois les chaussons de ma fille en bas de l'escalier.
Elle est donc dans sa chambre. Je ne vais pas me fâcher.
Tiens justement, elle arrive.
J'attends qu'elle soit proche de la fenêtre puis lui demande très gentiment : "Ma chérie, est-ce que tu peux lever le volet s'il te plaît ?"
Elle lève le volet puis descend l'escalier.
Je me poste en bas des escaliers, j'ouvre les bras, elle se love contre moi.

Voilà, j'ai évité un pugilat et j'ai gagné un câlin.

Dans nos vies d'adultes, nous avons des choses compliquées à gérer, s'enchaînant à toute allure, auxquelles nous n'avons pas forcément été préparés. Entre renégocier un emprunt, rénover une salle de bains, soigner un enfant malade, assurer au boulot, etc, on a du mal à accepter qu'une personne ne fasse pas tout de suite une chose très simple qu'on lui demande.
Je vois, j'entends hurler sur les enfants ou le conjoint, c'est souvent disproportionné.

En apprenant à reconnaître les tensions, les émotions qui surviennent, on peut petit à petit ne plus se laisser submerger et prendre des bonnes petites décisions.

La sophrologie, la méditation de pleine conscience, Vittoz, ..., qui enseignent la perception, sont de précieux alliés.

Chaque moment de la vie est l'occasion d'apprendre à ressentir.
Pendant un instant, il faut lâcher le faire et le penser pour juste être.

Au sortir du travail, que vous soyez piéton, à vélo, en transport en commun ou dans votre voiture arrêtée à un feu rouge : Essayez de percevoir d'éventuelles tensions physiques. Passez en revue tout votre corps, des pieds à la tête.
Ce que vous avez en tête vous met plutôt dans quelle émotion ?
Prenez conscience de la tristesse ou la colère ou la peur ou la joie ... qui vous habitent.
Respirez, lâchez prise. Là tout de suite, vous êtes vivant.

Les personnes avec qui vous serez les heures suivantes passeront une meilleure soirée.

Mon histoire :
La rédaction d'un magazine m'avait appelée pour me confirmer qu'ils étaient intéressés par ma proposition mais finalement, il n'y aura pas d'article.

Une histoire :
La commerçante lui avait dit qu'elle aimait bien ses créations, qu'elle les verrait bien dans sa boutique. La créatrice, galvanisée par la reconnaissance de son travail, s'est rendue toute joyeuse dans la boutique pour signer un contrat. Mais la commerçante avait changé d'avis.

Une autre histoire :
Elle l'aimait, il l'a quittée.

Une dernière histoire :
Elle s'est investie comme une dingue pour son employeur pendant plusieurs années et a été licenciée sans ménagement.

porte non

Quand on met son cœur et son âme (en plus de son temps, son énergie, son argent) dans un évènement, une création, une personne, une société et que ce DON DE SOI est rejeté par l'Autre, alors l'inconscient, pour nous protéger, nous fait croire que c'est tout notre être qui est rejeté afin que la souffrance soit telle que nous ne nous mettions plus dans cette situation.

Ainsi, après le choc, soit nous allons nous blinder et occulter ce qui s'est passé soit nous allons passer en revue tous les aspects blessants de la situation, sous plein d'angles différents soit nous allons faire un peu des deux.
Une autre partie de nous n'y croit pas, c'est un qui pro quo, ce n'est pas possible.
Il y a une sorte de discussion intérieure fervente qui peut aussi être partagée avec un proche dans un argumentaire infini.

Si l'émotion (réaction du corps à une pensée) nous envahit, en essayant de réfléchir et de reprendre du contrôle, nous ajoutons de nouvelles pensées, suscitant de nouvelles émotions. C'est une période douloureuse où on subit plutôt qu'on ne choisit et cette impression nous fait parfois prendre des décisions impulsives, pas forcément bonnes.

On se sent amer/amère.
Est-ce que amère veut dire sans-mère et explique le lien avec le sentiment de rejet ?
Je m'amuse à l'imaginer.

Je pense aussi à certaines personnalités qui sont complètement boostées par l'échec.
Une amie me racontait il y a plusieurs années, alors qu'elle était commerciale : "Au plus le prospect me remballe, au plus j'ai d'énergie pour y retourner et y retourner encore."
La différence, c'est qu'il n'y avait pas d'investissement affectif fort, c'était pris comme un jeu et au milieu, il y avait un produit ou un service qui n'avait pas été créé par les protagonistes de la négociation.

fache triste

Que peut-on faire quand nous nous sentons rejetés ?

Si on garde à l'esprit les processus que notre corps et notre mental mettent en place pour nous protéger, alors on a déjà fait la moitié du chemin.
Au lieu de subir et presque devenir fou, on va pouvoir, pendant que les processus agissent, se dire pendant une demi-seconde "C'est normal."

Notre corps et notre mental ont plusieurs options pour nous protéger : refouler (faire comme si rien ne s'était passé) ou réagir ou déprimer, ... Ça peut être une combinaison complexe, tant notre inconscient est futé et a une longueur d'avance sur notre conscient.

Imaginez une spirale type tornade, savamment orchestrée par votre inconscient. Il vous entraîne dans cette spirale et, de temps en temps, parce que vous savez que c'est son job, vous sortez une demi-seconde de cette tornade. Vous êtes au sol, tranquille, au calme, vous voyez la spirale construite spécialement pour vous et vous vous dites "C'est normal."
Cette expérience, qui peut paraître anecdotique voire insignifiante, c'est elle qui va vous sauver pour ne pas vous confondre avec la spirale et y rester.

tornade

Si cette spirale est constituée de refoulements, les petits pas de côté vont vous faire réaliser petit à petit qu'il serait bon, selon les modalités qui vous conviennent, de faire sortir la douleur qui est restée bloquée en vous et qui risque d'entraver votre vie.

Si cette spirale est constituée d'une alternance de pensées et d'émotions, les petits pas de côté vont permettre d'accepter ce déroulement sans s'y embourber. "Ok, inconscient, fais ton boulot, c'est normal. Mais toute ma vie n'est pas là." Ce faisant, on accélère la sortie de la spirale car on reprend contact avec le présent et le réel.

Quand vous sentez que cela est possible, dites-vous qu'une infime partie de vous a été rejetée.
Et peut-être que ça n'était même pas encore ça car l'Autre a agi avec ses propre filtres : Peut-on vraiment considérer que l'Autre vous a rejeté(e) si dès le départ il ne vous a pas envisagé(e) comme une personne mais plutôt comme une source de profit, de plaisir, de notoriété, etc ?
L'Autre n'a peut-être jamais été avec vous, il était seulement branché sur lui-même, vous n'avez pas forcément à vous remettre en cause dans la mesure où vous le faites.
Regardez-vous avec bienveillance, laissez doucement la vie reprendre le dessus sans nier ce que vous avez ressenti.
Demain sera une autre journée, pleine de promesses et qui sait ? Peut-être certaines promesses seront tenues ;) .

Pour Ninie, Clara et N.
Et pour tous ceux qui ont osé donner d'eux-mêmes et qui se sont pris une veste.

P.S. : J'ai quand même regardé l'étymologie du mot amer, ça vient du latin amarus qui signifie pénible.

metiers

"Bonjour, je suis danseur."
Il se présente ainsi à l'assemblée.

Je ne sais pas si c'est le cas dans tous les pays mais en France, on se présente souvent par son métier. Et si tel n'est pas le cas, rapidement l'interlocuteur demande "Tu/vous fai(te)s quoi dans la vie ?".
Signe des temps, on s'identifie moins à l'entreprise qu'avant. Les enfants des générations passées disaient "Mon père est chez Renault" et l'enfant ne savait toujours pas ce que son père faisait de ses journées mais constatait que la réponse satisfaisait l'interlocuteur.

Je suis un métier.
C'est révélateur de notre besoin d'exister et de notre croyance qu'il est nécessaire de se positionner. Les signes extérieurs ne sont pas suffisants, on croit qu'il faut prouver, prouver encore qu'on vaut quelque chose. Et bien sûr, il le faut dans certains cas mais on s'habitue à le faire souvent voire tout le temps.

Et quid des chômeurs ? Ils ne sont rien d'autre que "chômeurs" ?
Oh puis ça plombe une conversation. L'interlocuteur va vite demander "Oui mais, à la base, tu fais quoi ?".
Surtout pas de vide, vite il faut remplir la vie et la conversation.

Je lis que le développement personnel est en plein essor.
Je trouve ça formidable tant dans notre scolarité nous apprenons si peu à nous connaître.
"Des études pour un métier." Tel semble être le credo de nos 20 premières années.

Je me souviens de ce médecin qui m'avait précisé "Ne dites pas que votre fils est asthmatique, il risque de s'identifier à sa faiblesse respiratoire. Dites qu'il fait de l'asthme."
Je lui en sais gré tant nous sommes capables de commettre d'involontaires indélicatesses.

Nous sommes tant de choses en vérité.
Notre état, notre personnalité, sont en devenir si nous nous ouvrons à nous-mêmes.

Voici, en guise de conclusion, ce que j'ai lu dans Psychologies magazine à propos des bénéfices du développement personnel :

  • S'améliorer
  • Œuvrer à un changement collectif
  • Développer la capacité à compter sur soi
  • Augmenter l'empathie vers autrui
  • Découvrir ses propres forces dissimulées dans ses défauts ou ses symptômes
  • Être ouvert aux autres
  • Le développement personnel augmente le sentiment de sociabilité
  • Et lors des ateliers en groupe, l'autre est un partenaire et plus un adversaire

© Psychologies Magazine

Plus de pistes pour sourire :
La prochaine fois que vous êtes à un repas, une réunion, une fête et que vous ne connaissez pas les invités, chronométrez au bout de combien de temps on vous demande ce que vous faites dans la vie.
N.B. : Le but n'est pas de "casser" cette personne qui probablement se plie juste aux conventions pour socialiser et passer le temps ;) .

theatre

Hier soir, nous sommes allés au théâtre.
La salle était petite, tous les sièges étaient pris.
Il faisait chaud, des odeurs fortes émanaient des spectateurs.
Une enfant ronflait, deux rangs devant.
Un petit garçon, tout juste derrière moi car debout devant son père assis sur le siège derrière le mien, parlait sans chuchoter, en même temps que les acteurs.
Des spectateurs filmaient avec leurs mobiles. A chaque début et fin de prise, une petite mélodie retentissait.
Un téléphone a sonné, puis de nouveau. Ensuite une mélodie différente de celle des caméras s'est faite entendre, c'était un message laissé sur le répondeur.
Passée l'ébullition intérieure, je me suis dit : "Voilà, je suis en présence de plusieurs humanités. Ces gens vivent, transpirent, dorment, sont en relation."

Ça me fait penser à cet épisode de la série Masters of sex où on voit un des personnages chez son psychanalyste :
"Ma maîtresse m'a expliqué avec énormément d'enthousiasme le bienfait que lui apporte notre relation. C'était trop ... Vous voyez ce que je veux dire ?
- Oui, il y avait trop d'humanité."
Cette femme s'était tellement exprimée que l'inconscient de l'homme ne pouvait plus la maintenir comme un simple objet.

Parfois on évite soigneusement tout sujet qui susciterait une réaction personnelle de l'autre. On se protège.
Parfois on balance des choses très intimes sans prévenir l'autre, il/elle n'a pas le temps de se préparer au partage.
Pour communiquer respectueusement, l'attention portée aux signes non-verbaux est une aide précieuse. Il s'agit de déployer nos antennes, d'utiliser notre sensibilité pour percevoir si la personne a l'air désintéressée, excédée, semble vouloir partir, ... ou si au contraire elle est en symbiose, disponible, à l'écoute, enthousiaste.
Et puis de manière complémentaire, par une demande gentille, on peut aussi s'assurer qu'on respecte notre interlocuteur : "Tu sembles pressé(e), peut-être pouvons-nous parler de cela plus tard ?" "J'aimerais te confier quelque chose mais tu ne le souhaites peut-être pas ?".
Charge à la personne interrogée de ne pas être coincée dans des croyances qui empêchent celui qui questionne d'obtenir des informations fiables. Pour résumer, ne pas savoir dire "non", ne pas savoir mettre de limites, biaise la communication, empêche le respect mutuel. Les croyances qui se cachent derrière cette tendance doivent être questionnées pour s'en libérer.

Plus de pistes...
...pour les salariés : Quand je vais voir un(e) collègue pour obtenir une information, est-ce que je prends la peine d'attendre qu'elle/il soit disponible ? Il peut s'agir tout simplement de se placer dans l'angle de vue puis d'être attentif au moment où la personne nous signifiera qu'elle/il est prêt(e). Ce moment de partage d'information professionnelle peut aussi être l'occasion de s'habituer à percevoir le langage non-verbal : Ma/mon collègue a-t-elle/il l'air enjoué(e) ? Triste ? Agacé(e) ? "Tu as l'air en colère." Votre interlocuteur n'aura peut-être pas envie de partager et c'est sa liberté mais il sera peut-être soulagé de pouvoir se confier un peu.
...pour les couples : Est-ce que je me sers de mon partenaire comme d'un vide-ordure ? Dans le sens où on raconte tout ce qui nous vient à l'esprit pour nous délester, sans que cela se fasse dans le cadre d'un moment privilégié. L'autre est réceptacle et ensuite, qu'est-ce qu'il fait lui-même de tout ça ? Lorsqu'on est vide-ordure l'un pour l'autre ou en sens unique, il est intéressant de se demander si c'est cela (sous cette forme là) qu'on voulait vivre en couple et de réfléchir à d'autres options.
...pour les parents : On reproche souvent à nos enfants de ne pas avoir effectué ce qu'on leur a demandé. Mais nous y prenons-nous de la bonne manière ? C'est important de tout mettre en œuvre pour qu'on puisse renvoyer à l'enfant qu'il grandit, qu'il sait rendre des services, qu'il développe sa responsabilité, son autonomie. Pour les plus petits, une astuce consiste à toucher l'enfant (sur l'épaule par exemple) pour capter son attention puis de le regarder et formuler la demande gentille. Le petit enfant doit pouvoir le faire tout de suite sinon, il vaut mieux lui demander plus tard. Pour les plus grands, on peut exposer l'enjeu et placer un mémo en évidence.

Boucles oreilles 181x300

Je cherche, dans ma boîte à boucles d'oreilles, une paire qui ira avec mes vêtements.
D'habitude, avec cette tenue, je mets toujours les mêmes boucles d'oreilles, mais là, j'ai envie de changer.
En fouillant dans la petite boîte, je prends par erreur une boucle d'oreille qui me rappelle que je ne peux plus la porter car j'ai cassé la tige.
Pincement au cœur, je les aimais beaucoup.
Tout d'un coup, j'ai l'idée de mettre la survivante avec une autre boucle d'oreille esseulée.
Elles ne se ressemblent pas du tout.

Mon inconscient est déjà au garde à vous pour me protéger : Que vont dire les autres ? Vais-je passer pour un clown ou pour quelqu'un qui veut se faire remarquer ou pour une pauvre fille qui n'a que des paires dépareillées ?
Je remercie mon inconscient de bien faire son travail et déjà, il a changé de stratégie : Porter ces boucles d'oreilles dépareillées, c'est un acte de résistance au conformisme, "Non au diktat de l'apparence !".
Et voilà, encore une fois, quand on est dans les extrêmes, il y a de grandes chances pour que ce soit notre inconscient qui parle. A nous d'ajouter les nuances du réel.

Parfois aussi, nous disons "Moi je ..." puis énonçons une vérité absolue nous concernant, par exemple "J'ai toujours faim" "Je déteste la plage" "Je ne sais jamais me lever" "Je ne retiens que les chiffres" ... Ces phrases viennent directement de notre inconscient et elles nous enferment dans une pseudo-identité. Elles réduisent la conversation à :
"Moi je ...
- Ah toi tu ... bah moi je ....
- Ah non car moi je ..."
Etc.
Je me souviens que pendant de nombreuses années, je saisissais la moindre occasion voire provoquais l'occasion de dire que je ne repassais pas. Ce qui est vrai mais je disais ça de manière véhémente, comme un étendard de ma personnalité et sous-entendant que quiconque repassait était stupide et aliéné. On ne peut pas dire que ce genre de positionnement facilite les relations !

Finalement, le présent et le réel sont plutôt de l'ordre de "Je ressens ..." mais nous n'avons pas forcément appris ou craignons de nous exposer.
Il n'est jamais trop tard pour apprendre à se connecter à son ressenti puis apprendre à l'exprimer.
Il n'est jamais trop tard pour apprendre à mesurer, sans sous-estimer ni sur-estimer, les risques que nous prenons en exprimant notre ressenti.

Mon histoire de boucles d'oreilles me fait penser qu'il y a une dizaine d'années, j'ai suivi une formation au langage des signes.
Chaque participant était invité à se trouver un signe (un geste) distinctif pour se reconnaître les uns les autres, savoir de qui on parlait.
Je ne trouvais pas quel geste pouvait signifier qu'on parlait de moi. Pour m'aider, une des participantes, sourde, habituée à cette manière de signer comme pour dire un prénom, me fit le signe de se pincer les oreilles deux fois pour signifier "la femme qui a toujours des boucles d'oreilles qui attirent le regard".
Je me souviens très bien que mon inconscient s'était fortement manifesté. Au lieu de rester dans le réel de la recherche d'un signe qui soit fonctionnel, parlant, rapide, facile, je me suis vexée et je refusai de réduire l'ensemble de ma personnalité complexe et évolutive à un objet aussi petit et futile.
Je me souviens avoir cherché, en vain, bien sûr, un signe qui respecte les consignes de fonctionnalité mais qui me convienne. Je passais en revue toutes mes activités, mes traits de caractère. Je trouvais toujours que ce serait trop réducteur.

C'est en constatant comme notre inconscient nous a emmené loin du réel, en prenant le temps de se retourner sur telle ou telle situation et de se mettre à la place de l'autre qu'on peut petit à petit ne plus retomber dans les mêmes pièges qui nous rendent moins sociables, moins adaptés à la réalité.

 couple telephone

Un couple :
La batterie de son téléphone a livré sa dernière dose d'énergie. Elle ne peut pas le rappeler. Ils étaient en train de se disputer. Il croit qu'elle lui a raccroché au nez. Il la rappelle désespéré. Elle ne peut répondre. Il se sent abandonné.

Un autre couple :
Il n'a pas répondu assez vite à son goût au sms qu'elle lui a envoyé. Elle lui envoie un autre sms : "Tu boudes ?" Elle se sent abandonnée.

Quand nous tombons amoureux, nous croyons que l'autre va complètement et définitivement nous combler.
Tel ne sera pas le cas.
Le manque reviendra.
Peut-être se déplacera-t-il et se déplacera-t-il encore sur une autre personne, sur une substance ou sur une activité.

abandonne

Que faire ?

Je ne peux évidemment pas répondre dans le cadre d'un court article à LA question qui fait tourner le monde, qui est commune à tous les êtres humains et qui est la source d'inspiration de tant d’œuvres artistiques.

Alors, justement, sur le long cours, on peut se demander ce qu'on fait de ce manque. C'est une énergie qui peut être repliée sur soi ou être utilisée pour sublimer le manque, le transformer en action constructive.

A court terme, dans l'instant du manque, on peut déjà se dire que c'est normal. C'est le contraire qui serait anormal. Ou alors, c'est que nous parvenons à sublimer en permanence !
Ensuite, on peut mettre le corps en mode respiration profonde. Le but est de se sentir vivant et d'enrayer la pensée inconsciente "On m'a abandonné(e) / Je risque d'être abandonné(e)."
Nous pouvons songer aux personnes que nous chérissons. A quelle fréquence les contactons-nous ? Certaines, une fois par semaine. D'autres seulement à l'occasion des vœux ! Mais si nous apprenions qu'elles vont mal, nous les appellerions rapidement, voire leur rendrions visite.

femme porte

Dites-vous que c'est pareil pour ces personnes. Elles sont là pour vous. Pas toutes en même temps à la seconde où vous le souhaitez, mais selon leurs disponibilités, si vous avez l'humilité de dire qu'en ce moment, ça ne va pas trop, l'une vous enverra un mail, une autre un sms, une autre vous passera un coup de fil, ...
Ce sera l'occasion pour elles d'avoir aussi le réconfort de l'amitié renouvelée.

Votre inconscient, pour vous protéger d'un échec, va vous pousser à rester isolé. Mais vous n'êtes pas obligé de lui obéir.
Vous avez ressenti cette tentation du repli sur soi ? Félicitez votre inconscient ! Remerciez-le pour ses bons et loyaux services ! Il fait bien son travail. "Oui, tu as bien fait ton travail quand j'étais enfant car je n'étais pas assez mature pour endurer toutes les souffrances vécues. Aujourd'hui, je suis adulte et j'ai toute une palette d'autres choix que celui de t'obéir."

femme marches porte 

Vous vous dites "Je ne veux pas déranger."
C'est encore votre inconscient qui se manifeste ! Il a changé de tactique. Il est de service 24h/24, toujours au top de son efficacité. Mais dès qu'on le reconnaît, il disparaît. Car il n'a pas de prise quand nous sommes dans le présent et le réel.
Alors, oui, prenez la bonne petite décision de sortir ou de passer un coup de fil.
Il fait trop mauvais temps ?
Personne n'est joignable ?
Sêmera a prévu la trousse d'urgence.
En signe de gratitude, participez vous aussi !
Merci d'avance pour les internautes.

Une chanson de Dido sur le manque de l'être aimé :

DidoSeeTheSun

Dédié à tous ceux qui viennent de tomber amoureux.

Nous avons reçu une vidéo, pour les vœux, incluant plusieurs musiques.
En la visionnant, ma fille me dit : "Oh ! C'est la musique de Pirates des Caraïbes ! Je me souviens j'ai dansé dessus en primaire à la fête de l'école. Tu m'avais confectionné un sabre et c'était le plus beau de toute la classe !"

Quelle heureuse surprise que ce compliment survenu à l'improviste !
Cela me met du baume au cœur car nous avons toutes deux la gâchette facile pour faire des reproches.

Lorsque j'animais des ateliers sur l'estime de soi auprès d'adolescents, je leur demandais de me nommer des qualités et des défauts. J'écrivais les mots au tableau.
Ensuite, on reprenait chaque mot et je leur demandais "Les personnes qui ont ce défaut-là, quelle qualité ont-elles sûrement ?" et "Les personnes qui ont cette qualité, quel défaut ont-elles probablement ?"
Les jeunes étaient surpris et rassurés de réaliser que derrière les défauts que leur renvoyaient parents et professeurs, ils avaient des qualités.

recto verso

Mon mari et moi appelons ça recto-verso. Quand l'un de nous commence à faire des reproches à l'autre, l'agressé répond en souriant : "Recto-verso". Sous-entendu "Tu apprécies mes qualités, accepte les défauts correspondants". Cela suffit en général à désamorcer une éventuelle dispute car le sourire et la phrase renvoient au présent et au réel d'un être vivant formant un tout dont on ne peut extraire que les qualités comme on ferait ses courses.

Assez rapidement dans notre histoire, l'environnement nous renvoie nos qualités et nos défauts, tant les écoliers font rarement dans la dentelle et c'est normal à leur âge. Les adultes se souviennent en général bien de ce ressenti : "J'étais timide, je passais beaucoup de temps à observer." "J'avais des bons résultats, les autres me traitaient de faillot." "Je me battais à chaque récré, j'étais souvent puni." "Je bavardais beaucoup, tous mes bulletins mentionnaient que je papotais trop en classe."

Il est intéressant et libérateur d'aller au-delà de la seule connaissance de nos qualités et défauts.
Les outils de développement personnel permettent de comprendre notre fonctionnement, nos croyances, de repérer nos pièges et de tenir compte plus rapidement et facilement de ce qui nous fait du bien et du mal. Cela permet aussi de nous ouvrir à la différence de l'Autre.

Exemples :

  • A partir de ma timidité, l'analyse transactionnelle va peut-être me faire comprendre pourquoi je parle plus souvent de la météo et des actualités que de ma vie personnelle. Et comprendre que d'autres personnes s'épanouissent, elles, dans des relations de partage de l'intime. Cela me rendra plus indulgent vis-à-vis de ces personnes et je serai en paix avec moi-même au lieu de souffrir de ma différence. Car je vois que je ne suis pas le seul à être comme un poisson dans l'eau quand je parle de la météo ! D'autres fonctionnent comme ça aussi, c'est rassurant.
  • Ou bien l'énnéagramme va m'apprendre que je fuis les conflits, c'est ma pulsion, et c'est pour ça qu'on me reproche souvent de ne pas choisir mon camp. Grâce à cet outil, je vais disposer de pistes de mieux-être. Cela va m'aider à prendre du recul par rapport aux situations auxquelles je fais face. Je retrouverai plus rapidement la sérénité et serai capable de prendre de bonnes petites décisions.
  • Ou encore la gestion mentale m'aidera à réaliser que je suis visuel, c'est normal que je ne retienne pas toujours ce qu'on me dit, j'ai besoin de voir. Et puis mon activité mentale de prédilection relève des routines, cela me rassure, je suis sûr de ne pas prendre de risque. Du coup, je comprends pourquoi on se moque de moi. D'autres sont en quasi-permanence dans l'imagination, cela leur paraît fou d'avoir un quotidien monotone comme le mien.
  • Ou aussi, le programme Sêmera va m'aider à repérer que mon parent interne est très actif parmi mes voix internes et que je ne dois pas forcément lui obéir. Je vais comprendre pourquoi on me reproche ma froideur et comment petit à petit je peux me libérer et rééquilibrer ce qui m'a construit.

Etc, etc.

Quoi de plus plaisant que d'aimer et comprendre notre plus fidèle compagnon : nous-même ?
Surtout quand c'est aussi la voie pour mieux comprendre et aimer nos proches.

Plus de pistes...
...pour les salariés : Depuis quand n'ai-je pas eu l'occasion de faire un point sur mes qualités, mes défauts, mes compétences et mes lacunes au travail ? Est-ce que je bénéficie d'un entretien annuel avec mon n+1 ? Cet entretien est-il constructif ? Que puis-je décider aujourd'hui pour que mes savoir-faire et savoir-être soient utilisés et valorisés par mon employeur ?
...pour les couples : Suis-je plutôt dans le reproche ou dans le refoulement vis-à-vis de mon partenaire ? Est-ce que parfois, je parviens à signifier à mon partenaire _ en parlant "je" _ qu'il m'a blessé ? Et m'arrive-t-il de réussir à laisser tomber quand je comprends que mon partenaire est juste fatigué ou stressé et que son attitude ne justifie pas que je relève ?
...pour les parents : Est-ce que je demande régulièrement à mon enfant ce qu'il ressent, en l'aidant à nommer, ou bien est-ce que j'ai plutôt tendance à qualifier les paroles et actions de mon enfant ?

« On ne rit pas à table. »
Quand j’ai entendu cette phrase, je me suis dit que j’avais un bel exemple de phrase absolue inadaptée au réel.
Et quoi de plus difficile que de se retenir d’un fou rire ?
Je choisis divers niveaux d’intimité pour illustrer deux problématiques que me renvoient l’actualité :

  • « De quoi ne doit-on pas rire ? »

En tant que parents, comment réagir par exemple, aux mêmes blagues racistes qui circulent dans les cours d’école depuis des années ?
Une fois que l’enfant a énoncé sa blague au dîner dans l’espoir de susciter une réaction auprès de ses parents, et que les parents ont ri, l’enfant attend une approbation ou une désapprobation.
Ce n’est pas parce que les parents ont ri qu’ils sont obligés de se taire ensuite ou d’en rajouter une louche dans la même direction.
N’oublions pas que la subtilité, les nuances, les paradoxes, les ambivalences sont le propre de l’humain. C’est quand nous voulons suivre une ligne directrice sans en démordre que nous perdons notre humanité.
Si nous voyons quelqu’un tomber dans la rue et que cela nous occasionne un fou rire, nous pouvons ensuite nous excuser d’avoir ri et aider la personne à se relever. On ne contrôle pas ses émotions mais on peut contrôler ses actes si justement on a reconnu l’émotion puis l’avons mise à distance.
De la même manière, les parents peuvent dire « J’ai ri de ta blague mais c’est une histoire qui peut blesser des gens et cette histoire est une exagération réductrice. » A adapter selon l’âge de l’enfant, pour les plus petits, un exemple sera le bienvenu : « C’est comme si on ne parlait de toi qu’en parlant de ton grand nez, comme si tu n’étais rien d’autre qu’un grand nez et qu’on se moquait de toi. »

moquerie

Et si les parents n’ont pas ri mais se sont fâchés de manière démesurée sans expliquer quoi que ce soit, sans en reparler plus tard ? L’enfant risque de refouler ou de faire des associations bien hasardeuses entre l’élément déclencheur et la conséquence.
Si un des parents rit mais l’autre pas, les parents peuvent se mettre d’accord hors la présence de l’enfant, puis en reparler à l’enfant quand l’occasion se présente. Ou bien les parents peuvent exposer calmement chacun leur point de vue. Cela montrera à l’enfant qu’il a le droit de se faire sa propre opinion et qu’il ne perdra pas l’amour de ses parents pour autant.

Mommy caddie 7


Dans le film « Mommy » de Xavier Dolan (2014), Steve, sa mère et leur voisine reviennent des courses. Alors que la mère et la voisine sont à vélo, Steve se met à pousser le caddie plein de marchandises sur la route, à bloquer la circulation et à envoyer les provisions du caddie sur les voitures derrière lui. Sa mère se fâche et hurle, la voisine a un fou rire. Et on voit comment secondes après secondes, la mère lâche sa peur, ses principes pour se laisser aller à rire et cela n’aurait pas été possible sans la présence de la voisine.

 

  • « Au bout de combien de temps peut-on rire d’un évènement fâcheux ? »

Cela dépend notamment de la manière dont résonne l’évènement. Certains savent plus facilement prendre du recul que d’autres mais cela dépend aussi des thèmes. Pour untel certains évènements ne pourront jamais être source de dérision.
Combien de fois entend-on « Ce n’est pas drôle. » ? Sur des tons qui vont du reproche à la désinvolture en passant par la blessure.
Dans un couple, on voit bien que parfois on est capable de rire d’une salve quasi instantanément mais parfois ce sera une cicatrice qui demandera du temps, des excuses et risquera de se rouvrir à l’occasion.

riretable

Rire à table

On peut aussi expliquer aux enfants que cela dépend des convives. Sommes-nous entre nous ? L’invité est-il quelqu’un qui nous connaît bien ou peu ?
Nous ne pouvons jamais apporter toutes les nuances de la vie réelle et nos enfants les découvriront eux-mêmes au fil du temps.
Mais n’exposer aucune nuance, c’est leur mettre des bâtons dans les roues au lieu de les éduquer.
Je parle souvent de « la règle et l’exception ».
Une étude a montré que l’adolescence a plus de chance de bien se dérouler si l’adolescent mange à table en famille de manière régulière.
Ne passons donc pas à côté de cette opportunité d’offrir à nos enfants un temps de partage de qualité.
Chez nous, cela fait deux ans qu’au dîner chacun dit aux autres les bons moments de sa journée. Cela place le repas dans une atmosphère positive et c’est souvent l’occasion de rire ensemble. Cela permet également de repérer les souffrances qui peuvent survenir alors qu’un mutisme installé de longue date ne le permettra pas.
Puis nous remercions pour ces bons moments, qui ne sont pas des dus.
Si vous avez envie de mettre ça en place chez vous, je vous suggère de ne pas l’officialiser, surtout si vos enfants sont déjà grands. Le Bouddhisme et la médecine chinoise contiennent beaucoup de données empiriques provenant d’une longue observation des êtres humains. Shunryu Suzuki dit ainsi que nous avons plus de chance d’obtenir ce que nous souhaitons pour autrui en lui proposant l’inverse.
A vous de voir si vous osez tenter « Je vais vous raconter tous les mauvais moments de ma journée » et voir ce que cela produit comme réactions.


Plus de pistes...

... pour les adultes : je visionne le film « Mommy » (encore sur quelques écrans et sortie du DVD prévue le 18 mars prochain) ou un autre film dans lequel les personnages principaux sont emplis d’ambivalence. J’observe ce que cela éveille en moi : Je juge ? Je comprends ? Je ne suis pas d’accord ? J’apporte encore plus de nuances ? J’ai l’impression que le film parle de moi ?
Est-ce que j’accepte mes ambivalences ou je les rejette et me fixe une ligne de conduite que j’ai du mal à tenir ? Comment se manifeste la violence que peut-être je m’impose ? Vers moi ? Vers autrui ?

J'ai participé pour la première fois à La croisée des blogs, évènement mensuel inter-blogs organisé par developpementpersonnel.org.
Le thème était "Gérer son énergie" (voir mon article précédent).
J'ai passé une bonne partie de mon dimanche sur cet article et je ne prenais aucun plaisir tout en me demandant pourquoi.
Bah oui, pourquoi  ? J'adore écrire des articles sur le blog Sêmera et là, non.
Pour trouver la réponse, je suis partie de mon objectif inconscient, celui qui dirige ma vie, celui dont je suis esclave, celui dont je ne me libèrerai jamais totalement, celui dont je peux essayer de me libérer un peu.
Mon objectif inconscient _ ce dans quoi on met toute son énergie pour être reconnu _ est de vouloir être parfaite. Quand j'étais petit enfant, j'ai cru comprendre que si je voulais être aimée ou tout au moins reconnue, il fallait que je sois parfaite.

sous pression

Du coup, forcément, c'est galère car inatteignable. Mais pendant des années, j'ai voulu y arriver, sans aucune prise de recul. C'est surtout mon entourage qui a trinqué. Le perfectionniste est parfois tyrannique et ne supporte pas les reproches.
Je n'ai pas pris de plaisir à écrire l'article car, inconsciemment, je sentais une pression. Mon article allait être jugé par les organisateurs du "concours", il fallait donc qu'il soit parfait sinon c'est sûr, j'allais être mise au banc. J'ai réalisé cela dimanche soir, une fois l'article envoyé.

Cela me rappelle une remarque que les gens me renvoient parfois : "Croyez-vous qu'on peut vraiment changer ?"
Je pense qu'une transformation est possible mais on garde toute sa vie son objectif inconscient. Avec de l'entraînement, dans les périodes où on se sent à peu près bien (d'où l'intérêt de prendre soin de soi) et parce qu'on est motivé pour être plus agréable avec les gens qu'on aime, oui on peut arriver à reconnaître l'emprise de l'objectif inconscient et choisir de réagir autrement que par réflexe. Ça ne pourra pas être possible dans toutes les situations (vu l'allure où elles s'enchaînent !) mais toutes celles où on y sera parvenu, on aura apporté un peu de paix.
Comme à son habitude, notre inconscient va nous pousser à choisir la facilité, le renfermement : "On ne peut pas changer." "C'est trop dur de changer." "Je ne changerai plus à mon âge." "J'ai autre chose à penser en ce moment !"
Nous ne sommes pas obligés de l'écouter ! Il essaie de nous faire croire que nous sommes lui, indissociables, mais pas du tout. Nous pouvons reconnaître son discours et prendre une bonne petite décision autre que ce qu'il nous a proposé. C'est possible.

Par où commencer ?
A mon avis par reconnaître notre objectif inconscient. Il est à la base de notre fonctionnement et même s'il nous a permis de nous construire, il nous emprisonne.
L'outil de développement personnel le plus efficace que je connaisse pour le trouver est l'énnéagramme.

enneagramme

L'objectif inconscient ne se laisse pas trouver facilement et je vous conseille de faire un stage comme en propose le centre du Hautmont à Mouvaux ou ailleurs.
L'énnéagramme est un outil très intéressant car au-delà de la découverte de l'objectif inconscient et la compréhension de ce qui nous fait intrinsèquement souffrir, il propose des pistes d'ouverture pour mettre en place des petites transformations qui apporteront plus de paix en nous et avec nos proches.

Afficher le livre de Fabien et Patricia Chabreuil sur l'énnéagramme.

Plus de pistes :
Pour les salariés : j'essaie de repérer les moments où je me mets la pression alors que personne d'autre que moi ne m'impose cela. J'essaie de repérer si je mets la pression à des collègues dans des cas où cela n'est pas justifié.
Pour les couples : est-ce qu'au delà de toutes les choses à régler le soir en rentrant, notre couple s'accorde un temps de qualité sans enjeu, juste pour le plaisir d'être ensemble ?
Pour les parents : chaque parent éduque son ou ses enfants à travers le spectre de son propre objectif inconscient qui déforme la réalité. C'est la cause de nombreuses discordes. Quelles bonnes petites décisions pourrais-je prendre pour cerner mon fonctionnement et ne pas l'imposer à mes enfants voire à mon partenaire ?

Peu avant Noël, j'ai repris le footing quotidien. Petite distance car j'ai des problèmes de dos et je cours sur le bitume. Les jours ont passé et j'ai constaté au fur et à mesure des sorties la diminution de l'essoufflement. Après chaque footing, j'effectuais mon enchaînement d'étirements puis prenais une douche. Un ensemble de bons moments donc, à la fois relaxants et stimulants.
J'ai aussi repris zazen quotidiennement. Apaisement et ressourcement. Synchronisation corps-mental très bénéfique.
J'étais donc satisfaite de mes efforts, ils étaient récompensés par un mieux-être.
Ça n'a pas duré longtemps.
Une douleur au genou gauche est apparue, que je n'avais pas eue depuis 2008 (J'ai une perforation à la rotule).
En temps normal, tous mes pièges seraient apparus : désespoir, colère, découragement, déprime, déprime d'être déprimée (!) ...
Mais comme justement le footing et zazen m'avaient refait prendre pied avec le réel, je me suis juste dit : "Ok, là j'ai très mal, je ne peux plus monter les escaliers, j'arrête le footing et zazen. Quand ça ira mieux je ne reprendrai que l'un d'eux et je verrai."
J'ai repris le footing seul et je n'ai pas de douleurs dans le genou. Je fais zazen les jours où je ne cours pas.
Mais il n'y a plus de régularité, c'est en pointillés et il y a des jours où je ne cours pas ni ne pratique zazen.
Je ne ressens plus la même énergie que celle ressentie dans la période où je pratiquais les deux activités tous les jours.
Mais je suis heureuse de m'être écoutée et de ne pas avoir forcé ni m'être mise en rogne contre mes incapacités et contre la douleur.

Cet exemple témoigne des éléments extérieurs (environnement, évènements, activités, personnes) et intérieurs (émotions, pensées, ressentis, spiritualité) qui influent sur notre énergie.
Je vous propose de prendre le temps de faire un bilan de ces 8 éléments : pour chaque élément, demandez-vous ce qui vous pompe ou vous apporte de l'énergie. Et s'il s'agit de bonne ou mauvaise énergie.

terre nrj 

Il y a d'autres éléments.

Le sommeil entre en ligne de compte.
Vous tombez de fatigue le soir ?
Vous manquez de sommeil. Mais attention, à un certain niveau de fatigue, on n'arrive plus à dormir ! Il faut peut-être prendre des vacances :).
Votre sommeil est de mauvaise qualité ?
Si vous ne ressentez aucun stress, revoyez les composantes de vos dîners, les activités de vos soirées ou la qualité de votre matelas !
Si vous êtes stressé, le stress de la journée rejaillit peut-être la nuit. S'il s'agit d'un stress installé, il convient de demander de l'aide.
Vous ne parvenez pas à vous lever le matin alors que vous avez a priori dormi votre compte d'heures ?
Il s'agit peut-être d'une déprime, d'une dépression ou d'une propension à vous perdre (vous complaire ?) dans vos pensées. Dans ces cas-là, demandez de l'aide.
De l’aide, à qui ? Dans les deux cas, il s’agit d’un problème d’énergie. Le stress est une accumulation d’énergie non utilisée, la dépression est une carence d’énergie, de pulsion de vie.
Pour traiter la ou les causes, vous pouvez consulter un psychothérapeute. Pour traiter les symptômes, vous pouvez consulter un praticien en médecine chinoise, c’est la médecine énergétique : diététique du yin et du yang, cours de Qi-cong, massage Tui Na, acupuncture.
Il va de soi que c’est le traitement conjugué des causes et des symptômes qui vous apportera à la fois le plus rapidement et le plus durablement un mieux-être.
Il peut aussi être intéressant de faire un bilan de santé et notamment une prise de sang pour mettre au jour une carence ou une maladie. De nombreuses maladies sont liées à une mauvaise circulation énergétique.

La personnalité joue un rôle important. Selon la médecine chinoise, le profil Shao yin a une tendance dépressive. Selon l'énnéagramme, le type 4 a cette tendance. Mais on peut être Shao yin sans être type 4 et vice versa.
De nombreux outils permettent de mieux se connaître : en plus des deux précédemment cités, il y a la Programmation Neuro-Linguistique, l'Analyse Transactionnelle, la Gestion Mentale, ... et bien sûr le programme Sêmera ;).

Les femmes ont leur propre cycle d'énergie. En fonction du cycle menstruel, et donc des hormones qui agissent, elles se sentent plutôt déprimées, stressées ou enjouées.

Se connaître est un véritable atout pour accueillir sereinement les baisses de régime et savoir prendre les bonnes petites décisions qui vont accélérer le retour d'une période + mais sans fuir les périodes - car elles sont riches d'apprentissages et expriment notre humanité. Et oui, nous ne sommes pas tout-puissants.

Quelles que soient la durée et l'intensité des vagues auxquelles nous sommes soumis, le mouvement de la terre occasionne lui-même des variations d'énergie. Rien n'est donc jamais complètement définitif et immuable grâce à l’alternance du jour et de la nuit et grâce aux saisons.

CYCLE SAISONS

Et force est de constater que l'énergie est liée à la luminosité et à la météo.
Si vous avez peu de contact avec le soleil, il peut être judicieux d'envisager une luminothérapie chaque hiver.
L'énergie vitale qui circule dans notre corps est plus en profondeur l'hiver, nous amenant plutôt à hiberner (!), et davantage au niveau des muscles à la belle saison, nous procurant naturellement plus d'entrain.
Dès la fin de l’hiver, marchez au grand air pour favoriser le retour de l'énergie vers les muscles. Planifiez d'ores et déjà vos sorties des w-e à venir :).

Lecture conseillée :
"Mieux vivre grâce à la médecine chinoise"
du Dr Michel Frey, avec Anne-Laure Murier
© 2007 Editions Le pré aux clercs

Un de mes objectifs, dans l'éducation de mes enfants, fut de les rendre progressivement autonomes pour les tâches ménagères. Ils pendent le linge, cuisinent, mettent la table, débarrassent les couverts, remplissent le lave-vaisselle, rangent la vaisselle propre, rangent et nettoient salle de bain et chambres.
Avantages / Inconvénients.
Hier au dîner, alors que j'avais un gros coup de blues, je dis à mon mari et mes enfants : "Je me sens vraiment inutile. Si je partais, ça ne changerait rien pour vous , à part pour...". J'ai été interrompue par ma fille qui a fini ma phrase "... à part pour mettre en route les lessives."
Et mon mari d'ajouter "J'allais le dire."
Ça a confirmé ma sombre pensée : je ne sers qu'à faire la lessive.
Ma fille a vu mon désarroi et s'est exclamée : "Bah non maman, tu ne serais plus là non plus pour les câlins."
Ce matin, mon mari m'a réconfortée, notamment en me disant que je ne devais pas me cantonner à observer ce que je faisais et que, si je n'étais plus là, et bien nous ne serions plus un couple.

handicap

Les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite ont souvent du mal à vivre la dépendance, ont le sentiment d'être un poids et en contre-partie de n'offrir rien d'intéressant. Elles considèrent le "faire" et pas l' "être".
Quand nous sommes en présence d'une personne que nous aimons, nous ne sommes pas juste avec un corps. L'histoire vécue avec la personne est là, tout ce qu'elle a fait, dit, tout ce qu'elle fut. Tout ce qui a été partagé. Tout est là. En se rendant visite, on ravive implicitement ou explicitement la mémoire du lien, de la relation et c'est un moment ressource.

Au-delà de l'utilité de Charlie Hebdo à pointer les abus de pouvoir et à nous distraire, rien que parce que ce sont des êtres humains, il est inadmissible qu'on ait attenté à leur vie.
Porter atteinte à une personne car on considère uniquement, par la lorgnette, une infime partie de ce qu'elle est _ choisi ou subi _ par exemple sa religion, son état de santé, sa sexualité, son métier ... c'est inacceptable.

Les lois régissant les démocraties condamnent les crimes et délits, et punissent dans la mesure (parfois délicate à évaluer) de la gravité des actes. Ces lois ne condamnent pas ce qu'est tel ou tel être humain. Les punitions sont d'ordre pécunier ou de mise à l'écart mais il n'y a pas de châtiment corporel.
Voilà pourquoi ce qui est arrivé mercredi, jeudi, vendredi derniers est effrayant. Nous pouvons être blessés (voire tués !) sans avoir commis d'acte répréhensible mais juste parce que nous sommes. C'est la sauvagerie, le retour en arrière, le déni d’État de droit.

Les manifestations ont montré que la peur n'a pas eu le dernier mot.

Et comme le sentiment de gratitude est source de bien-être, je vous propose de remercier pour les libertés dont nous jouissons même si elles permettent à une infime minorité de faire n'importe quoi.

Et soyons emplis de compassion pour nos frères et sœurs qui vivent dans des régimes où la peur gouverne et où les micro-bastions de liberté constituent l'infime minorité.

Plus de pistes...
... pour tous : à l'école, au travail, à la maison, lesquelles de mes actions est-ce que je valorise à outrance ? Et si je demandais à mes collègues et/ou mes amis quel savoir-être ils apprécient chez moi ?

Depuis 2 ans et demi, je pleurais à la moindre occasion, j'étais à fleur de peau, je n'en finissais pas de verser des larmes, mes yeux semblaient être des sources intarissables.
Suite à certaines circonstances, j'ai compris il y a quelques jours que cette période était terminée et que je ne pleurerais plus autant.
J'en fus heureuse pour diverses raisons mais notamment car cela me mettait dans un état d'abattement pas vraiment valorisant et aussi car mes enfants se moquaient de moi ou étaient tristes avec moi.
Mon inconscient eut tôt fait de me rattraper dans ma joie et de m'amener sur un plateau la pensée : "Maintenant, je saurai toujours retenir mes larmes".
Comme je l'écrivais dans mon article Les griffes de Bidule, quand il y a absolu (le mot "toujours"), c'est l'inconscient qui parle.
J'avais donc ça en tête, genre super pouvoir sur moi, ... enfin !

Hier matin, je lus, dans le magazine La Vie, l'anthropologue Michel Agier (à propos des réfugiés, déplacés et migrants) : "Exclusion très importante en termes de nombre et d'espace de personnes dont on ne veut pas. Des personnes qui, à nos yeux d'Occidentaux, ne valent rien. Cette idée là est importante : ces gens peuvent mourir."
Hier après-midi, j'entendis une personne dire à une autre : "Pleurer, ça montre qu'on est humain."
Et ce matin, je lus, dans le magazine La Vie, le père Patrice Gourrier : "Intensément, j'ai demandé à Dieu le don des larmes."

Je suis à chaque fois émerveillée par les clins d’œil que m'envoie la vie.

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Avec ces trois clins d’œil, j'ai réalisé que je n'avais pas pleuré suite aux meurtres perpétrés à Charlie Hebdo. Il est vrai que je suis encore sous le choc. Je ne peux croire que ces dessinateurs, qui nous accompagnent depuis si longtemps, aient été tués.

Je suis passée comme tous les vendredis matins devant le commissariat de police de la ville et, contrairement à d'habitude, deux policiers étaient postés à l'extérieur. J'ai eu envie de leur dire que j'étais fière d'être française, de nos valeurs, de notre police et que je leur présentais mes condoléances pour la mort de leurs collègues. Mais j'ai continué mes pas.  Puis, j'ai fait des micro allers-retours sur place : "Je leur dis ?", "Je ne leur dis pas ?" Je suis allée voir les deux policiers. Je leur ai dit ce que j'avais sur le cœur et au fur et à mesure que je parlais, j'ai senti les larmes venir. "Merci madame, c'est gentil." Je suis partie d'un bon pas rejoindre la voiture.

Inhumain, barbare, terroriste, ... autant de violence face à des dessinateurs, c'est choquant.

Il est trop tôt pour faire le tour de la situation.
Ce qui me vient aujourd'hui, par rapport au mot "humain", c'est de pouvoir appréhender la différence de l'autre. Dans le meilleur des moments, l'aimer. Et dans les moins bons moments, le haïr, voire être violent avec lui. Mais "humain", c'est aussi se rendre compte qu'on a fait souffrir l'autre, en souffrir, vouloir réparer cela.
Quand on tue volontairement quelqu'un sans être en légitime défense, on tue aussi la possibilité de revenir l'un vers l'autre malgré les différences. Cette chance réduite à néant, c'est peut-être ça ne plus être humain.

Dédié aux amis et aux familles des victimes et des agresseurs.

 

Merci à Tiffany Cooper, auteur et illustrateur, pour son autorisation de reproduction.

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Le cochon d'inde de ma fille s'appelle Bidule. Je dois régulièrement lui couper les griffes. Elles ne sont pas constituées comme les ongles des humains. Chez les humains, le coupe-ongle ou les ciseaux font butée contre le doigt et il y a peu de risque de se couper le doigt entier ! Pour les cochons d'inde, les griffes ont une partie comme nos ongles, sans nerfs, sans vaisseaux mais juste en amont, dans le prolongement, c'est vivant ! Il faut donc veiller à ne pas couper trop court sinon on risque de blesser l'animal.

C'est un exercice périlleux et minutieux, les griffes sont incurvées, toutes petites, les unes contre les autres, l'animal bouge, ...

Il y a plusieurs mois, j'ai coupé trop court une des griffes. Bidule a poussé un petit cri, il y a eu une goutte de sang, j'avais ce qu'il faut pour le soigner.

J'ai été choquée par cet épisode, je m'excusais auprès de Bidule, je voulais revenir dans le temps, j'avais mal pour lui,  j'étais en colère contre moi. Ça a continué ainsi jusqu'à ce que ce soit complètement cicatrisé.

Tout à l'heure, j'ai coupé les griffes de Bidule et comme à chaque fois depuis cet incident malencontreux, je me suis sentie contrariée, contractée et je répétais "Ah, je déteste faire ça".  La souffrance que j'ai causée à Bidule était omniprésente et j'ai dû faire un effort pour accomplir ma tâche.

Combien de fois faudra-t-il que je réussisse à lui couper les griffes sans le blesser pour que les séquelles de mon choc s'atténuent ?

Nous sous-estimons souvent à quel point certains évènements laissent des traces en nous. Ils peuvent être utiles et nous aider à retenir comment faire (par exemple préparer une béchamel ou plaquer un adversaire au rugby) mais cela peut aussi nous faire sortir du moment présent, nous freiner, nous handicaper voire nous traumatiser.

Et puis, notre inconscient va en profiter pour tenter de nous renfermer et nous assaillir de pensées "absolues" (signe que c'est l'inconscient qui parle car dans la réalité, il n'y a pas d'absolu). Dans mon exemple, je me suis sentie nulle. Mais si j'avais laissé mon inconscient mener sa barque, il aurait pu m'envoyer des pensées telles que "Tu ne sais faire que du mal" "Tu crois savoir tout faire mais en fait, tu ne réussis rien", etc.

Notre corps, notre mental, nos proches, nous envoient probablement des signaux pour nous avertir qu'il y a souffrance.

Comprendre, apprivoiser, relativiser, partager, reprendre confiance. Il faut du temps, des étapes avant que le corps comprenne :

  • qu'il n'y a plus le même danger.
  • que le mental va tenir compte des risques justement parce que le corps a envoyé des infos au mental.

Toutes les activités permettant une synchronisation corps-mental sont des outils efficaces pour le bien-être.

Plus de pistes...
... pour tous : utilisez votre sensibilité pour essayer de repérer les micro-évènements qui vous contrarient, vous contractent. En étant dans votre corps et moins dans votre mental, vous pouvez ressentir les muscles du visage, des épaules ou les intestins qui se crispent et vous alertent; votre gorge qui se noue, vos mains qui tremblent, ...

Puis prenez le temps de comprendre, apprivoiser, relativiser, partager, reprendre confiance.

Dédié aux victimes de l'attentat du 07-01-2015
Dédié à la liberté d'expression
Dédié à la laïcité

19h15. Les éboueurs sont passés. Je marche dans l'impasse non éclairée bordée de hauts thuyas et formant un couloir sombre. Je vais chercher les poubelles.
L'obscurité de la nuit sans lune me fait lever le nez vers les étoiles. A chaque fois, cela m'évoque le camping.
Tous mes sens sont en éveil pour poursuivre le ressenti qui me rappelle des bons moments de vacances ... et aussi pour ne pas tomber car je ne vois rien autour de moi.

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Quand je reviens sur mes pas, arrimée d'une poubelle vide à chaque bras, mon regard est attiré par le nouveau projecteur que les voisins viennent d'installer. Je me sens attirée par cette lumière au bout du semblant de couloir que je parcours.
Mon ressenti n'est plus du tout le même qu'à l'aller. J'ai l'impression qu'il n'y a plus que mes yeux et cet éclairage. J'avance d'un pas beaucoup plus sûr. Je suis guidée et captivée, le reste a moindre importance et je n'ai plus peur de tomber.

Quand nous avons un projet qui nous passionne, cela produit un effet comparable. Ça nous aide à nous lever le matin, à être plein d'entrain, à déployer de l'énergie, à être créatif, cela nous rend heureux.
Notre inconscient, avec ses peurs et ses fermetures, a moins de prise sur nous, balayé par notre pulsion de vie.

Et si en cette nouvelle année, au lieu de prendre des résolutions édictées par nos parents internes, nous libérions notre enfant interne et nous autorisions des projets qui nous rendent confiants dans nos capacités ?

Plus de pistes...
... pour les couples : Quels sont nos projets de couple ? Nous y consacrons-nous tous les deux ? Est-ce que mon partenaire connaît mes projets personnels à court, moyen et long terme ?
... pour les parents : Avons-nous un projet familial qui engendre cohésion, mobilisation et développement des talents ? Dans quels projets accessibles et à court terme mon enfant pourrait-il s'investir ?
... pour les salariés : Ai-je besoin du projet d'entreprise pour être motivé dans mon travail ? Si oui, est-ce que chez mon employeur actuel, je sens que le projet d'entreprise me motive ? S'il ne me motive pas _incompréhensible ? inaccessible ? hors sujet ? insensible ?_ puis-je en parler à mon n+1 ? Est-ce que je sens que l'entreprise m'accompagne dans mon projet de carrière (explication des objectifs et moyens pour les atteindre adaptés, évolutions possibles, prise en compte des difficultés relationnelles,...) ? Si non, à qui pourrais-je en parler ? Est-ce que mes collègues ressentent la même chose ?

Dans la vidéo ci-dessous, on voit et on entend Monsieur le président Hollande dire "Je ne vous verrai plus" à la fille de M. Lazarevic, otage récemment libéré.
Commencez par visionner cette vidéo de 12 secondes et observez comme la fille de l'ex-otage est décontenancée par la phrase du président.

je ne vous verrai plus

Regarder cette vidéo dans un onglet dédié

Quand on me demande d'expliquer ce que je propose dans le cadre de Sêmera, je réponds que les séances permettent d'apprendre à être davantage dans le présent et dans le réel.
Un des nombreux bénéfices des séances Sêmera est de réagir de manière adaptée aux situations de la vie.

Monsieur le président Hollande n'est ni dans le présent, ni dans le réel quand il s'adresse à la fille de l'ex-otage. Il ne réagit pas de manière adaptée à la situation.

Monsieur le président Hollande n'est pas dans le présent.
Le présent, c'est que la jeune femme est en joie, eu égard à la libération de M. Lazarevic, son père. Or la phrase "Je ne vous verrai plus" est au futur et fait référence au passé. Monsieur le président Hollande n'est pas dans la situation présente, il est déjà dans le manque de la relation qui s'est liée entre elle et lui, au fil de l'attente de la libération du père.

Monsieur le président Hollande n'est pas dans le réel.
Le réel, c'est qu'il est président de la république française. On l'observe et on l'écoute, il a la plus haute fonction de l'état. Dans cette fonction publique, il est tenu d'avoir des réactions adaptées. Le réel serait de dire, par exemple, que le peuple français est heureux de ce dénouement ou que les enfants de France peuvent s'imaginer quelle joie ce doit être de revoir son père après trois ans de captivité ou tout simplement "Je suis très heureux pour vous".
Or le président n'est pas conscient qu'il doit rester dans le réel de sa fonction publique. Son inconscient a pris le dessus et le ramène à la souffrance du manque à venir. Et même si la phrase "Je ne vous verrai plus" est juste une manière détournée de faire un compliment à la jeune femme, ce n'est ni le lieu ni le moment.

zazen

Le principe de la méditation, c'est de revenir à l'activité mentale nommée perception. C'est elle qui va nous fournir les éléments du présent et du réel qui vont nous permettre de prendre de bonnes petites décisions et de réagir de manière adaptée aux situations.
Cette activité mentale de perception est une capacité que nous avons tous. Mais dès nos plus jeunes années, on nous a habitué à ne pas y rester. "Qu'est-ce que tu regardes ? Tu n'as pas mieux à faire ?" "Cesse de rêvasser" "Tu comptes les mouches ?".
Peu d'entre nous ont appris à utiliser de manière prolongée les sens physiologiques. C'est mal vu de juste respirer, juste regarder. Il faut faire des choses qui servent et que cela se voit; il faut faire preuve d'efficacité et tout de suite.
Or, comment prendre les bonnes décisions si on ne prend pas de temps ? Comment prendre les bonnes décisions si on ne fait confiance qu'au mental et qu'on se coupe de son corps et de l'environnement ?

Il n'est jamais trop tard pour réapprendre. Nous avons su le faire. Quand nous étions tout bébé, notre entourage s'extasiait devant nous et nous ne recevions que félicitations quand nous étions uniquement dans le ressenti. Nos proches nous qualifiaient alors de "sage".

w allen

J'aimerais vous partager cet extrait du film "Hannah et ses sœurs", de Woody Allen.

NDLR : Mickey (joué par Woody Allen) était sur le point de se suicider car il ne parvenait pas à savoir si Dieu existe. Il sort de chez lui et entre dans un cinéma où se joue un film de Groucho Marx.

Monologue
Et si le pire était vrai après tout ?
Et si Dieu n'existait pas et qu'on n'avait droit qu'à un seul tour sur terre et c'est tout ?
Ne veux-tu pas participer à cette expérience ?
Allez ! Ce n'est pas si mal après tout.
Je devrais arrêter de me gâcher la vie à chercher des réponses que je ne trouverai jamais et profiter de la vie tant qu'elle dure.
Qui sait ? Peut-être qu'il y a quelque chose après la vie.
Je sais que c'est un peu mince de bâtir sa vie sur un peut-être, mais c'est le mieux qu'on ait.
Puis je me suis détendu et j'ai passé un bon moment.

Hannah et ses sœurs
© Orion pictures 1986
Extrait complet en version originale

chemises

Je pends la lessive et en même temps, je réfléchis à tout ce que j'ai à faire dans la journée. J'alterne mise en place d'une chemise sur cintre et rédaction sur ma liste d'une nouvelle tâche à effectuer aujourd'hui.
La liste s'allonge, s'allonge.

TODOLIST

Rien de tout ce que j'écris ne m'enchante et j'entends les activités "satisfaction" que je dois mettre de côté me crier : "Et nous ? Si tu nous oublies trop longtemps tu seras assimilée à ces tâches inintéressantes que tu listes. Tu vas te perdre, nous sommes qui tu es vraiment. Ne plus prendre de temps pour nous, c'est courir le danger de ne plus exister à tes propres yeux et comme tu veux te montrer aux yeux des autres."
Je me sens oppressée, coincée entre mon devoir et une sorte de pulsion vitale.
Et soudain, je me dis : "Je n'ai pas besoin de vouloir être pour être.
Je suis, j'existe. Le reste est besoin de reconnaissance. Le reste est symptôme de manques". Oui.
Zazen permet de conscientiser cela : "Je suis vivant, tout va bien" et de calmer les jeux psychologiques de l'inconscient.

zazen

Peut-être que si je n'avais pas fait zazen avant de pendre la lessive et d'écrire cette liste, j'aurais râlé toute la journée car j'aurais eu l'impression que les tâches qui m'incombaient m'empêchaient de me réaliser.

Ce n'était que ça, un tour de plus de mon inconscient.
Mais si c'était davantage ? Si cette sensation d'oppression venait en plus d'une fatigue installée ? Du stress d'une situation qui se répète sans échéance ?
Là encore, notre inconscient risque de nous enfermer et nous empêcher de prendre une bonne petite décision : poser un jour de congé, aller voir le médecin, découvrir une expo, rendre visite à une amie,...

restrelax

Le corps, l'entourage, envoient probablement des signaux. Y prêtons-nous attention ? Ne sommes-nous pas enfermés dans une peur ?
Comment pourrait-on le savoir si on ne prend jamais un temps silencieux pour sa vie intérieure qui permet d'effectuer un pas de côté salvateur et voir la situation sous un autre angle ?

Dédié à C.L.

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Ces jours-ci, j'ai rédigé mes deux premiers textes dans la nouvelle langue étrangère que j'apprends. Petit évènement après un an d'étude.
Ce matin, j'ai trouvé une tournure un peu lyrique pour quelques vers d'une poésie. Je savoure. Car d'habitude, ça a plutôt l'âpreté d'une notice de magnétoscope.

Je suis en joie grâce à ces petites satisfactions.
Je ne reste pas longtemps dans le ressenti. Déjà le mental a rappliqué et une voix interne m'invite à m’enorgueillir.
Mais je décèle immédiatement les manœuvres de mon inconscient grâce à mon cher Ecclésiastique.

Mon inconscient ne me laisse aucun repos pour me faire quitter le réel.

Quand j'ai désherbé le gazon et nettoyé le jardin aromatique il y a deux jours, aussitôt après avoir goûté la satisfaction de la tâche accomplie, une voix interne m'a dit "Oui bah n'en fais pas tout un plat. Dès qu'il fait mauvais temps, tu n'as plus envie de jardiner. Crois-tu que la nature se mette sur pause pour attendre ton bon vouloir ? Non, ne t'emballe pas tu n'es qu'une fainéante".
Cette autre voix, j'ai plus de mal à discerner qu'elle n'est pas moi et qu'elle n'a pas absolument raison.

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Nous avons tous nos balances internes.
Pas toutes tarées de la même façon, au sens propre et figuré !
Pas une balance interne mais des dizaines !
Pour tel comportement, et selon notre état du moment, nous percevrons la moindre tirade de notre inconscient et parviendrons quasi instantanément à revenir au point d'équilibre.
Dans d'autres circonstances, nous sommes comme balayés, embarqués, submergés par notre inconscient. Il prend le contrôle et nous croyons que lui c'est nous, lui laissant tout pouvoir.
Nous passons notre temps à effectuer ces mouvements de bascule mentale; plus ou moins lents, plus ou moins fréquents.

Et si vous pensez que les gens calmes et silencieux sont en permanence au point d'équilibre, détrompez-vous, la lutte interne y est féroce.

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Au jardin des plantes de Paris, juste avant le départ du labyrinthe menant au belvédère, une grand-mère dit à son petit-fils de 5-6 ans : "Ça te dit, toi, d'aller en haut ? Parce que moi ça ne me dit pas du tout". Et l'enfant de s'écrier en courant : "Oh si, si, on y va !".
En voilà une grand-mère rusée !

Shunryu Suzuki explique qu'on obtient plus facilement quelque chose en proposant l'inverse, c'est plus efficace qu'en exigeant directement.

Longtemps pour moi, la question ne se posait pas. Il fallait dire la vérité, toujours, tout le temps.
Mais les évènements de la vie m'ont montré que ça n'était pas forcément approprié en toutes circonstances et mon rapport à la vérité est devenu compliqué.
Or quand ça devient compliqué, c'est peut-être le signe qu'on se rapproche du réel.
En général, les énoncés simplistes et absolus relèvent de l'idéologie et s'avèrent inadaptés voire dangereux.
Dans la réalité, ce qui est vrai à un moment ne l'est pas forcément le lendemain. Ce qui est vrai à tel endroit, ne l'est pas forcément à tel autre endroit.
Bien souvent quand une voix interne nous fait parler en termes absolus, ce n'est pas nous qui parlons mais notre inconscient.
Le conscient, lui, en prise avec le réel, perçoit que la vie est pleine de nuances et nous incite à être souples, indulgents et créatifs.