Le blog

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Petit moral ce matin.

Des travaux qui s'éternisent, une météo maussade, mon dos qui me fait souffrir et me rappelle mon handicap, mes enfants partis en camp hier, ...

En général, à ce stade là, je glisse vers de mauvaises petites décisions.

Mais cette fois, je prends conscience que, petit moral ce matin. Et, légère amélioration, je reste dans le ressenti.

La phrase de ma mère (phrase qui me bouscule depuis sept mois) "Finalement, ton livre c'est tout ce que tu n'appliques pas à toi-même"  me donne pour la première fois une once d'énergie qui me dirige vers mon livre. Je suis censée faire quoi là maintenant, dans cet état précis ?

La trousse d'urgence.

Qu'ai-je mis dans ma trousse d'urgence ?... Ah oui, une vidéo marrante. Pas besoin d'aller sur l'ordi, je me la passe dans la tête. Je souris.

Un tout petit rien d'énergie en plus. Je sens que quelque chose s'inverse, que je ne regarde plus le sombre mais le clair.

Et me voici à vous rédiger cet article sur le vif (rare !).

Je perçois tellement, dans cet instant, la frontière invisible. De la vexation latente qui abat, je suis passée à la vexation qui renvoie vers l'action.

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Je suis toujours en train de lire Le test du marschmallow (Voir aussi l'article Station to station) et c'est impressionnant de constater à quel point nos pensées, selon qu'elles soient tournées vers l'ombre ou la lumière, influencent notre vie.

Les personnes sensibles vacillent peut-être plus facilement de la lumière vers l'obscurité mais cette facilité vaut aussi pour le trajet inverse. Nous avons les forces de nos faiblesses. Reconnaître sa sensibilité, c'est pouvoir ensuite l'utiliser pour repérer le passage de la frontière invisible et se retourner en douceur vers l'esprit vaste. Une sorte de sport cérébral !

Je vous souhaite de très bonnes vacances.

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Installée seule au premier étage d'un restaurant, j'ai une vue dégagée sur l'escalier. Une jeune fille arrive en haut des marches. Elle va directement vers le fond de la pièce, aveugle et calme car dépourvu de clients. Une autre jeune fille arrive en haut de l'escalier. Elle constate que son amie s'est installée dans le coin obscur et tranquille. Elle s'arrête net et ne rejoint pas son amie. La première jeune fille ne revient pas sur ses pas non plus. Elles sont trop éloignées l'une de l'autre pour se parler. Avec leurs bras, leurs mains et avec l'expression de leur visage, elles expliquent l'une à l'autre que leur choix d'emplacement est le meilleur. Explications, supplications, menaces, tout y passe ! Finalement, la jeune fille qui était arrivée en premier rejoint la deuxième et elles s'installent près d'une fenêtre, dans le brouhaha.

 

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Je suis en voiture sur une voie prioritaire. J'approche d'un croisement avec un stop à ma droite et je lève le pied de l'accélérateur tout en observant avec attention la venue d'une voiture de cet embranchement.
Le nez de cette voiture dépasse, puis me force le passage.
Le conducteur a-t-il perçu ma prudence et en a profité ? Est-il inconscient et aurait-il de toutes façons brûlé le stop ?

 

 
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Vouloir posséder (force, argent, objets, bâtiments, territoires, connaissances, influence, ...) et vouloir rentrer dans les bonnes grâces de ceux qui possèdent, c'est instinctif. On peut appeler cela l'instinct dominant / dominé.
Cet instinct occasionne une multitude d'attitudes plus ou moins complexes dans une multitude de situations de notre vie.

 

 
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Ces deux petits exemples me donnent l'occasion de vous proposer de réfléchir sur les diverses situations et attitudes que vous vivez, eu égard à cet instinct que nous avons tous. En fonction des aléas de la vie, vous êtes peut-être "confortablement" installé dans une position de dominant ou de dominé ou les deux à la fois selon les personnes, les lieux de vie.
J'aime le titre du livre "Etre heureux, ce n'est pas nécessairement confortable."
En quelques mots, tout est dit.
Car il est confortable de ne laisser parler que ses instincts, ses croyances, son inconscient, ... et de ne jamais rien remettre en question, mais cela ne mène nullement au bonheur.
Il est inconfortable d'essayer de bouger nos lignes intérieures, de s'éduquer, de chercher à se respecter et respecter autrui ... mais cela nous révèle pleinement en tant qu'être humain et cela nous conduit au bonheur.

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Les actualités m'informent de la noyade de migrants et d'un tremblement de terre au Népal.
Je viens de visionner le film Soleil de nuit et je me suis dit à la fin : "Nous devrions nous battre sans relâche pour la liberté de ceux qui n'en bénéficient pas."
 
Tant d'injustices, de pauvreté, de malheurs.

Il y a plus de joie à recevoir qu'à prendre, et encore plus de joie à donner qu'à recevoir. Mais par où commencer ? (pour certains) Et où s'arrêter ? (pour d'autres).
 
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Sur les neuf types de l'énnéagramme (voir aussi l'article Sous pression), les types 1, 2 et 8 sont typiquement ceux qui se montrent particulièrement sensibles à cette problématique.
 
Le type 1, en perfectionniste, voudrait pouvoir tout résoudre.
Le type 2 est inconsciemment convaincu qu'on l'aimera s'il est généreux. L'aide aux autres, c'est toute sa vie.
Le type 8 est touché par les injustices, il ne craint pas de batailler pour les combattre.
 

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Nous parrainons des enfants en Asie grâce à l'association Enfants du Mekong.
Nous sommes allés les rencontrer en famille il y a quelques années. Nos enfants avaient alors cinq et huit ans. Cela contrariait énormément mon grand-père que nous les emmenions à l'autre bout de la terre. Il m'a dit, en colère : "Des pauvres, il y en a ici !!!"

C'est un savant mélange d'histoire personnelle et de conjoncture qui nous a amenés à parrainer ces enfants. Il était vain de l'expliquer à mon grand-père, encore sous le coup de l'émotion, il avait surtout besoin d'être rassuré.

Mais j'ai trouvé intéressante sa remarque acerbe.

Je poursuis la réflexion ainsi :

  • Nous ne pouvons pas aider tout le monde. Le vouloir, c'est s'octroyer des super-pouvoirs que nous n'avons pas, en tous cas, pas seuls.
  • Nous pouvons donner un petit peu quand nous sommes sollicités directement, de personne à personne, pour préserver notre dignité et la dignité du quêteur; garder à cet effet quelques pièces dans sa voiture, dans ses poches, dans un tiroir à l'entrée du logement.
  • Nous pouvons laisser parler notre coeur et les circonstances (ami dans pays pauvre, voisin dont la famille vit dans un pays en guerre, ...), ils nous emmèneront dans une direction précise pour nous investir davantage en temps (ex : engagement annuel ou ponctuel dans une association), en argent (ex : don), en énergie (ex : course solidaire).

 

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Ceci illustre une nouvelle fois qu'adhérer au présent, au réel, n'est pas simpliste. Il s'agit d'utiliser nos sens, nos émotions et nos facultés intellectuelles. Le bénéfice en vaut la peine : nous nous sentirons vivants et pleinement humains.

Car ne jamais rien donner ou vouloir donner tout le temps relèvent d'extrêmes. Or l'absolu s'éloigne de la réalité au lieu de la rejoindre.

A vot' bon coeur ... !

 

Retrouvez ici les sites regroupant les associations qui recherchent des bénévoles.

Retrouvez ici les conseils d'Etienne Villemain pour accueillir les pauvres.

 

 

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Jean-Gabriel Causse* explique dans le numéro 16 de Maison Française Magazine que le rose est peut-être associé aux filles depuis les années 1780 où "Marie-Antoinette en usait et en abusait dans son Petit Trianon à Versailles [...]. Et comme la belle blonde était connue pour ses frasques amoureuses, les hommes de la cour n'osaient plus porter cette couleur, de peur de passer pour "un peu trop proches" de la reine. Les femmes de Paris, pour qui Marie-Antoinette symbolisait la mode absolue, adoptèrent en masse cette couleur, et les hommes, eux, l'abandonnèrent."

C'est dommage car M. Causse met aussi en avant les apports du rose sur notre mental. Quand nous regardons cette couleur, nous activons les mêmes zones du cerveau que lorsque nous ressentons du bonheur.
Il aura fallu attendre plusieurs dizaines d'années pour que les hommes osent porter de nouveau du rose ! Les conventions ont la peau dure.

 

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J'aime cet exemple car il traduit parfaitement une notion importante pour notre développement : reconnaître les croyances qui nous figent. N'oublions jamais que la nouveauté agit comme un anti-dépresseur et qu'elle est souvent à portée de main ; mais les habitudes ...
Des milliers d'hommes n'ont pas porté de rose par convention sociale sans même savoir d'où cette convention provenait.

 

 

 

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Je mets en parallèle cet article sur le rose avec "L'Enfance captive" de Jean-Claude Dorchies (Ed. Riffle Nord) que je lis en ce moment. L'ouvrage raconte l'enfance d'Edouard, rythmée par les conventions sociales, justement, pendant la décennie qui suit la seconde guerre mondiale.
L'auteur décrit le quotidien avec une minutie qui va bien au-delà de la conception que je me faisais du détail, c'est tout simplement prodigieux.

Les quelques fois où j'ai essayé de comprendre le pourquoi de mai 1968, on m'a répondu "Contre l'ordre établi". Et c'était abstrait pour moi, je n'étais pas plus avancée. "L'Enfance captive" me fait toucher du doigt ce que les soixante-huitards signifiaient par "l'ordre établi".
C'était cet immense registre de conventions sociales que tout le monde appliquait, subissait. Et puis il y a eu une génération qui n'a plus supporté ce carcan.

Jean-Claude Dorchies nous fait remonter le temps, nous emmène dans un univers figé, contraint, empli d'obligations qui existent par elles-mêmes, chacun se mettant la pression par le regard des autres, eux-mêmes sujets à des obligations identiques :

- passer chez tels membres de la famille, tels voisins, tels amis à des dates précises du calendrier.

- avoir une pièce de la maison qui sert de faire-valoir, avec ses meubles qui en imposent, mais où personne ne va jamais, hormis fête de famille.

- posséder un service de table ultra-complet utilisé aux grandes occasions et dont quelques éléments ne serviront jamais.

- acheter des gâteaux à la pâtisserie, le dimanche uniquement mais tous les dimanches.

- faire la tournée des cimetières, avec un protocole réglé comme une pendule.

- répéter les mêmes phrases, toujours les mêmes phrases aux enfants : "Ne touche pas." "Ne gaspille pas." "Tiens-toi bien."

- etc.

 

 

 

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Il est certain que le virage pris, ne le fut pas à 90°, mais à 180° : Ces jeunes de mai 68 étaient épris de libertés individuelles. La nature ayant horreur du vide, les médias et le marketing ont pris, main dans la main, la place laissée vacante et nous font croire que nous ne pouvons pas vivre normalement sans écrans, sans être à la mode, sans offrir les jouets derniers cris aux enfants, etc.

D'autres temps, d'autres croyances mais toujours des obligations car "les autres le font".

 

Récemment, on s'étonnait que je ne choisisse pas blanc pour repeindre un plafond. "Pourquoi pas ?" ai-je demandé. "Bah, d'habitude tout le monde peint le plafond en blanc."

On n'a pas fini de chercher à être libre.

 

Plus de pistes...
...pour tous :
Par-delà ces croyances qui nous font nous comporter comme des moutons, le sentiment d'appartenance est un besoin tout à fait légitime. Ce ne serait pas forcément bon signe, de systématiquement vouloir faire différemment des autres, et ce serait probablement révélateur, au final, d'une autre croyance !

Et si nous prenions un moment pour discerner quand nos choix proviennent d'abord d'un besoin d'appartenance à un groupe ou quand ils correspondent d'abord à l'expérience que ce choix est bon pour nous (les deux sont heureusement compatibles mais amusez-vous à voir ce qui vient en premier).

...pour les parents :
Essayez d'aborder ce point avec vos enfants de plus de sept-huit ans. Exemple : Va-t-il (elle) à cette fête d'anniversaire parce qu'il (elle) s'en fait une joie ou parce que tous les copains sont invités donc il (elle) se sent obligé(e) ? N'allez pas plus loin, il s'agit juste de percevoir des ressentis.

Vous pouvez aussi partager avec votre enfant une situation qui vous est arrivée. Exemple : "Tu vois, tous les voisins ont une tondeuse à gazon alors j'en ai achetée une aussi, sans vraiment réfléchir, par mimétisme. En fait, je me rends compte que nous avons beaucoup moins de surface gazonnée qu'eux. Cet achat n'était pas indispensable."

 

* M. Jean-Gabriel Causse est membre du comité français de la couleur, auteur de "L'étonnant pouvoir des couleurs" (Ed. du Palio).

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Je suis passée par toutes sortes d'étapes vis-à-vis de la compréhension du mot méditation.
Les dictionnaires français le définissent comme une étude de texte; je refusais donc d'utiliser le terme méditation pour qualifier ma pratique de zazen.
Puis j'ai lu un article éclairant, expliquant que le mot n'était pas entendu de la même manière selon les régions du globe.
En occident, on le rapproche de l'étude de texte. En orient, la méditation est associée au silence et à la respiration.
 
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Je comprends désormais que, sous ce terme, il y a le même projet de s'ancrer dans une conscience, dans une prise de recul par rapport aux pensées envahissantes, de revenir au réel par l'expérience communiquée avec :
- des mots, par des sages qui nous ont précédé en Occident. Mots qu'on laisse agir dans notre esprit, qui calment nos pensées infécondes et nous nourrissent.
- des postures, des mouvements du corps, par des sages qui nous ont précédé en Orient. Postures qui favorisent une respiration profonde, une meilleure oxygénation des cellules, une circulation de l'énergie interne plus fluide, une détente véritable.
 
Même but donc, et chemins complémentaires pour y parvenir.
 
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Au plus nous sommes blessés, au plus notre inconscient nous pousse à nous renfermer.
Au plus nous sommes blessés, au plus nous aurions besoin de faire circuler ce qui est bloqué en nous.
Or nous osons moins nous ouvrir, d'où l'importance d'ancrer la méditation dans le quotidien, de quelque type qu'elle soit, afin d'y avoir aussi recours quand nous sommes renfermés, quand nous en aurions le plus besoin.
 


Il est difficile de méditer quand nous avons l'habitude de réfléchir. Nous n'arrivons pas du tout à nous concentrer sur le texte ou la respiration.
 
La méditation dynamique est alors la plus adaptée pour faire circuler ce qui est "coincé" en nous et qui se manifeste par de l'énergie bloquée au niveau d'un organe, d'un muscle ou / et des pensées envahissantes.
Grâce à une succession de musiques adaptées, à des gestes libres ou semi-dirigés, l'énergie, les pensées vont pouvoir se transformer, évoluer.

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Voici quelques pistes de méditation dynamique :

En groupe : La danse des 5 rythmes avec un enseignant certifié (Adobe Flash Player requis pour lire ce lien), Danse et gestes de prière avec Anne Desmottes.
Chez soi avec un CD : OshoBhagvati Granier

 

Que l'énergie circule !

 

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"La différence, une chance."

Mon sang n'a fait qu'un tour à la lecture de ce slogan. J'ai tout de suite présumé, à raison, que derrière le mot différence, le collège de ma fille signifiait "handicap".

Je ne vis pas mes différents handicaps comme des chances. J'ai appris, j'ai découvert grâce à eux mais impossible de les réduire à une "chance". En tous cas, pas possible pour moi, aujourd'hui.

"Allez, calme-toi, me suis-je dit. C'est juste un slogan. C'est court, ça rime, c'est fait pour accrocher, pour servir de titre aux réunions, aux comptes-rendus liés à cette campagne de sensibilisation, organisée avec des associations accompagnant des personnes porteuses de handicap."

 

 

J'ai cliqué pour accéder à l'article complet. J'ai lu tout ce qui avait été proposé aux collégiens. J'ai trouvé ça chouette. L'article se termine par une reprise du slogan.

ModeAdolescentsEt puis, ma pensée a continué de cheminer et je me suis rappelée à quel point certains collégiens souffrent d'être rejetés du fait de telle ou telle différence. Il y a un positionnement :

  • Certains cherchent à être différents, c'est quasiment leur manière d'exister.
  • D'autres passent beaucoup de temps à observer et à écouter puis à imiter pour être sûrs de ne commettre aucune faute.
  • D'autres encore, n'ont pas toute latitude car leurs parents les ramènent à des réalités pratico-pratiques : "Tu auras froid." "C'est trop cher." "Dans deux semaines, ce sera en lambeaux."

Je comprends donc la démarche du collège. Cette sensibilisation s'adresse d'ailleurs aux élèves de sixième.

Il n'empêche, la vie est déjà assez compliquée comme ça, on se passerait bien de ce qui nous la complique encore davantage !

J'ai plutôt envie de résumer par : "La différence est intrinsèque à notre condition d'humain. Le handicap est une épreuve, occasion d'expériences de solidarité, de créativité et de dépassement de soi."

Mais c'est long et ça ne rime pas !

Dédié à Dorian

Je vous propose d'écouter "Ceux que l'on met au monde", une chanson de Lynda Lemay :

Regarder cette vidéo sur Youtube

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Hier, une amie m'a dit que lorsqu'elle était jeune, ses proches lui renvoyaient qu'elle avait l'air froide, insensible. Et elle, trouvait cela tellement loin de sa propre perception.

 

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J'ai appris hier soir que David Bowie était mort. J'ai été choquée et je me suis dit que cela ne devrait pas être rendu possible. Renvoi à cette impression désagréable de subir. Cependant, j'étais préalablement absorbée par mon travail et une fois le coup accusé, je me suis remise à l'ouvrage. Ce matin, j'ai vu sur Facebook qu'une de mes amies avait écrit un très beau mot à propos de la mort de David Bowie et qu'elle pleurait comme une madeleine. Je me suis mise à pleurer moi aussi.

D'une part notre apparence ne révèle pas toujours notre vie intérieure. D'autre part, nos réactions sont parfois à retardement. Quels apprentissages répétés avons-nous faits de l'incidence de montrer nos émotions ? Quelle disponibilité a notre mental pour les exprimer ?

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En ce moment, je lis Il faut qu'on parle de Kevin de Lionel Shriver. Kevin use toute son énergie à se maîtriser. Il choisit un comportement différencié selon les personnes et s'y tient. Il joue au gentil fils à papa alors qu'il hait son père et lui en veut de ne pas gratter sous le vernis "du fils a priori parfait". Au collège, il s'applique à ne pas étaler son intelligence. Il met tout en œuvre pour avoir exclusivement des notes B. Et révèle son art de la maîtrise en restituant des devoirs uniquement composés de mots de trois lettres.

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Je lis aussi Le test du marshmallow de Walter Mischel. Ce professeur en psychologie a étudié pendant des années la capacité d'enfants à résister à l'attrait d'une friandise immédiatement disponible pour bénéficier de deux friandises au bout d'environ quinze minutes. Pour résumer : une sucrerie tout de suite ou deux plus tard, quelle est l'action de l'enfant ?
Le livre s'intéresse aux ressorts de la volonté et établit, grâce aux scanners cérébraux, que les enfants qui parviennent à attendre ont la zone du cortex préfrontal (qui sert à la résolution de problème, à la pensée créative et au contrôle de l'impulsivité) plus active. Les enfants qui ne parviennent pas à attendre ont le striatum ventral (qui est associée au désir, au plaisir et aux addictions) plus actif. Les personnes à fort report disposent de freins mentaux puissants. Les personnes à faible report disposent quant à elles d'un moteur puissant.

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Lorsque l'attitude d'un proche nous surprend, réveille en nous des émotions, nous pouvons tout simplement le questionner avec bienveillance : "Que ressens-tu ?".
Cela permet d'éviter des quiproquos et l'enclenchement d'un cercle vicieux de pensées-émotions-pensées-émotions à l'intérieur de nous-mêmes.
Mais gardons à l'esprit que nous n'avons pas de pouvoir sur les croyances que l'autre s'est forgé concernant les dangers de l'expression personnelle. Nous pouvons cependant le rassurer sur nos intentions.

Je vous souhaite une année 2016 emplie de partages et d'indulgence.

 

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Dès qu'il fut jeune homme, il s'est éloigné de sa famille.
Il est maintenant retraité, venu rendre visite à sa famille, et nous l'écoutons.
Nous ne l'avons pas vu depuis des années et c'est en dizaine d'années qu'il nous faut compter pour retrouver la dernière fois où nous avons ainsi papoté en petit comité.
Son monologue tourne autour des habitudes de son grand-père, des phrases tic de telle de ses tantes.
Et c'est tout le petit monde de son enfance qu'il fait revivre.

 

 

Je me demande à quelle fréquence il a raconté ses histoires pour faire vivre dans sa mémoire sa famille, éloignée géographiquement pendant 50 ans.

Notre mental met en place des stratagèmes pour nous protéger, pour nous aider à vivre.

 

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Cela m'évoque un autre homme. Il fut retenu prisonnier et chaque jour, il s'est remémoré l'ordonnancement des pièces dans sa maison, la place des objets, pour garder contact avec le réel, avec son quotidien d'avant la prise d'otage.

 

 

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Maslow avait compris que le besoin de sécurité est un besoin important.
Il y a la sécurité de notre intégrité physique, la sécurité financière, la santé, une vie affective qui nous permet de nous développer plus qu'elle ne nous fait souffrir. Ces sécurités concourent toutes à nous apaiser.

Il y a toutes sortes de détails qui nous renvoient du danger (arrivée d'un nouveau n+1 au travail, chute d'un enfant, retard à répétition du partenaire, nouvelle ride sur le visage, etc) ou de la sécurité (réfrigérateur rempli, prise de sang excellente, preuve d'amour, enfant joyeux, etc).

Un enfant qui se sent fortement insécurisé est trop jeune, manque de maturité pour dire "Pourriez-vous, s'il vous plaît, mettre en place des petites choses concrètes qui me rassureront et feront grandir mon sentiment de contrôle de la situation ?"
L'inconscient de l'enfant va prendre le relai, il est très créatif !

 

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Il va par exemple faire vivre dans l'imagination de l'enfant un copain-doudou qui aura la caractéristique avantageuse d'être infailliblement toujours disponible. Il va partager sa vie avec lui.
"A qui parles-tu ?"
"Bah à Tom."
"Mais enfin, il n'y a personne avec toi."
"Bah, si. Il y a Tom. Tu veux encore des pâtes Tom ? Moi je n'en ai plus envie, j'ai bien mangé."
Evidemment, ça peut mal tourner si les parents ont une relation particulière avec les notions de réalité, de vérité, de rationalité, ...

L'enfant peut aussi se mettre à tout ranger, à tenir sa chambre de manière impeccable. Ça lui donne un sentiment de maîtrise.

La palette d'adaptations est vaste !

 

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Il y a quelques années, j'ai lu "L'irrégulière", une biographie de Coco Chanel par Edmonde Charles-Roux.
Gabrielle Chanel, dite Coco Chanel, a toujours pris soin de cacher ses origines pauvres.
Elle a vécu toute sa vie dans la recherche du contrôle de l'image qu'elle donnait et de la dissimulation des informations la concernant.
L'auteur de la biographie n'émet donc que des hypothèses.
Le mental de Gabrielle Chanel a mis en place des stratégies pour répondre à son besoin de sécurité.

 

 

Plus de pistes...
...pour tous :
Dans quels domaines je me sens en sécurité ? Et dans quels domaines non ?

...pour les parents :
Cet article est une nouvelle occasion d'observer votre / vos enfant(s) :)

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J'ai écrit un poème pour sublimer une grosse frayeur qui restait à me hanter.

Vous n'avez pas l'habitude d'écouter de la poésie ?
Lisez au préalable ces conseils, provenant d'une interview du poète Philippe Mac Leod pour le magazine LA VIE. Cliquez sur l'image.

 

 

 

 

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Un poème, ça s'écoute :) ! Cliquez ci-dessous :

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Regarder cette vidéo sur Youtube

 

Piégée par ma phobie, une violence extrême
Verbale, déboule sans fard, sans crier gare
A mon insu, pas voulu, cependant amarrent
Des forces, se déchaînent sur le devant de la scène

Mais comment échapper à cette folle régate ?
Les marins désordonnés, paniqués, s'affairent
Et le capitaine ne sait plus où est la terre
Mille hypothèses, tous en furie, pour voir l'asphalte

Quand, à la faveur du silence et de la nuit,
Toutes ces pensées ont surgi dans mon esprit
Tiraillée, entraînée, qui donc va gagner ?

Angoisse, culpabilité, je n'en veux aucune
Elles ont plus de pouvoir tant que brille la lune
Mais, garder pieds, sachant où elles veulent m'emmener

Respirer. Encore. Je suis vivante. C'est fini.
Tirer la leçon et continuer la vie
Elles reviennent déjà, je ne peux m'échapper

Tout faire pour ne pas se laisser prendre au supplice
Sottes distractions venez prendre toute la place
De sorte que de moins en moins je me tracasse
Par enchantement le temps va faire son office

Amnésie, tu ris, tu mens, je décline ta danse
Temporairement, tu éloignes l'enclume
Plus sûrement, puis je remercie ma plume
Fidèle, vaillante, au service de ma conscience.

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Sa famille ne lui a pas dit qu'il avait un cancer car il avait presque 100 ans et qu'il en aurait souffert mentalement de manière disproportionnée.

 

 

 

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Jérôme ne lui a pas dit qu'il avait déjà ce livre car Elsa s'en serait désolée pendant longtemps et ça aurait gâché ce rare moment où ils se retrouvaient.

 

 

 

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Mentir et aimer : c'est parfois compliqué.

Qui veut-on protéger ? Qui empêche-t-on de grandir ? Qui n'a pas appris à garder pour soi ? Toute vérité n'est pas bonne à dire. Dissimuler, est-ce mentir ? Quel est le contexte au moment du mensonge ? Pour moi ? Pour l'autre, les autres ? Et quelles conséquences ?

 

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N'y aurait-il pas autant de mensonges que d'étoiles ?
Le plafond céleste nous les fait paraître identiques alors qu'elles sont à des distances très variées.
Quand on utilise toujours le même mot pour des réalités différentes, cela occasionne des amalgames qui, dans notre exemple-ci du mensonge, facilitent la mise en accusation.

 

Mentir et aimer : c'est parfois compliqué.

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Dans cet article, nous découvrons le cinquième et dernier cas de relation parent-enfant difficile, constaté au camping cet été.

E/ Il est 21h, je fais la vaisselle au bloc sanitaire du camping.
Soudain, une dame hurle en hollandais juste derrière moi.
Je n'ai pas le temps de réaliser ce qui se passe, elle vocifère une deuxième fois.
Mais pourquoi reste-t-elle derrière moi, à vaciller un peu vers la gauche, un peu vers la droite ?

 

 

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Ça y est ! J'ai compris.
Sa fille est de l'autre côté de l’îlot des éviers, haute comme 3 pommes, je ne la vois pas.
Elle tente d'échapper à sa mère et j'assiste à un jeu de loup malsain.
Aucun esprit ludique dans l'air.

La mère crie une troisième fois dans mes oreilles, j'ai l'impression qu'elle me frappe.
Elle se décide pour le contournement de l'îlot par la droite et j'imagine que les derniers mots beuglés ont sommé sa fille de rester immobile.
Je vois la proie, au bout du bras adulte, qui se débat et qui pleure.
La mère emmène la petite vers les toilettes, en lui serrant le bras tellement fort qu'elle lui fait mal, assurément.

Tout ça pour ça ?
Pour pipi avant dodo ?
Problème d'énurésie ? De lever nocturne ? Jamais pratique quand on dort sous tente.
Je ne sais pas.
Peut-être tout simplement que la fillette a eu un peu froid une nuit (il avait fait jusqu'à -2°C, nous étions en montagne).

 

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Cette situation nous invite une fois de plus à prendre le temps d'observer, à réfléchir, à essayer de comprendre, à émettre des hypothèses, à recouper les éléments.

 

 

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Voici un exemple caractéristique survenu quand ma fille avait 7 mois :

En 2003, année de canicule, il a commencé à faire chaud dans notre appartement en juin.
J'avais confectionné une gigoteuse en éponge et je fus ravie de la mettre pour la première fois à ma fille.
Quelques minutes après l'avoir installée dans son petit lit, elle pleura, ce qu'elle ne faisait pas d'habitude. Je mis ça sur le compte de la chaleur.
Je lui donnais bien à boire et même en lui laissant uniquement un body, elle pleurait, ne parvenait pas à s'endormir, contrairement aux mois précédents.
Et puis, un jour où il faisait un peu plus frais, je lui ai remis sa gigoteuse normale et elle n'a pas pleuré pour s'endormir.
Cela confirmait mon hypothèse de température ambiante.

 

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En fait, la cause était ailleurs.
Une fois sa sieste terminée, je me suis aperçue qu'une partie de la gigoteuse, un peu en-dessous de la clavicule, était mouillée.
La lumière fut !
Ma fille tétait sa gigoteuse pour s'endormir. Elle n'y parvenait pas avec la gigoteuse en éponge fine, trop plate, et encore moins sans gigoteuse !
J'ai donc découpé un lange en quatre et j'ai disposé l'un des morceaux près de la tête de lit.
Dès lors, quand je couchais ma fille, je posais le carré de coton sur sa clavicule et mon bout de chou n'a plus pleuré même quand elle n'avait pas sa gigoteuse normale.

 

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Être parent est le métier le plus difficile car il inclut une multitude de métiers dont celui d'enquêteur-bienfaiteur ...

C'est terminé pour la série "Pas de murs au camping". Merci de l'avoir suivie.

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C/ Sur cet autre emplacement de camping, un père soulève la robe de sa fille et lui administre plusieurs fessées. La petite fille implore : "No dad !"

Comme la semaine dernière, je vous propose d'étudier cette scène dont je fus témoin lors de mes vacances cet été.

 

 

 

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Certains se révoltent, même des jeunes, contre l'interdiction d'administrer un châtiment corporel.
Mais qu'est-ce que cette arme, vis-à-vis d'un enfant ?
Nous ne sommes pas censés utiliser une arme plus dangereuse que celle avec laquelle nous avons été agressés.
Cette petite fille n'a pas obéi, son père lui impose plusieurs fessées. Il y a disproportion entre les deux agressions.
Et il y a un message terrible : "Non seulement tu dépends de moi pour te nourrir, te loger, te vêtir, te laver, étudier mais je dispose aussi de ton corps."

Je vous ai parlé dans la partie 1 le week-end dernier des maltraitances aux enfants, symptômes de mal-être des parents.
J'aimerais aborder les sanctions sous un autre angle, auquel j'ai été confrontée en tant que mère et face auquel j'ai dû trouver des solutions pour ne pas être maltraitante.

 

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Cet angle est celui du cadre, indispensable, tel le tuteur qui aide l'arbre à bien grandir.
Car je ne suis pas pour le tout laisser-faire bien sûr. Les enfants ont besoin des parents pour leur fournir des repères mais, malheureusement,  parfois, ces repères sont donnés sous formes de châtiments tel un chien à qui on donnerait soit une tape soit un sucre pour lui signifier "C'est mal" ou "C'est bien".

 

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D'une part, il est important que nos enfants nous obéissent immédiatement quand leur sécurité est en jeu, par exemple sur la voie publique. Certains enfants aiment les routines et seront dans leur zone de confort pour enregistrer "Si maman dit ça sur ce ton, c'est que je dois obéir et lui donner la main pour traverser". Mais ça ne convient pas à tous les enfants d'obéir sans réfléchir.  Des enfants préfèrent analyser et n'obéiront que lorsqu'ils auront compris. Pour ces enfants-là, on peut utiliser un livre illustré présentant de nombreuses scènes de rue, de ville, pour leur expliquer les dangers. Et puis certains enfants se sentent à l'aise dans un monde imaginaire donc on peut leur demander d'imaginer ce qui pourrait arriver quand on se promène dans la rue. Ensuite, on leur propose d'aller dans la rue et d'observer ou bien de faire une enquête auprès de la famille, des copains sur les dangers de la voie publique.

 

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D'autre part, certains comportements méritent plus qu'un simple "Non" et c'est souvent dans ces cas-là qu'on se sent obligés (ou bien ça part tout seul) de le signifier par un geste-sanction.
Il m'est arrivé de vouloir indiquer à mon fils ou ma fille que son comportement vis-à-vis d'autrui n'était pas acceptable mais je me trouvais démunie, à cours d'outils.
Chaque famille a ses propres habitudes en matière de communication, de test des limites par les enfants, d'expression par les parents de l'atteinte des limites et mes astuces ne s'adapteront pas à tous. Les forums d'entraide entre parents et les magazines spécialisés sont intéressants pour trouver des idées afin de cadrer sans maltraiter.

 

Voici mes deux astuces :
Quand ils étaient petits, je comptais jusque 3. Souvent, je me suis dit, il y a bien un jour où ils vont me demander ce qu'il se passera s'ils continuent alors que j'ai atteint le chiffre 3 mais en fait non ! Il suffisait que je dise "Attention, je compte jusque 3". Parfois, je n'avais même pas besoin de commencer à compter. Je crois que ça fonctionnait bien parce que d'une manière générale je fais ce que je dis.
Quand ils furent plus grands (fin de primaire), je leur disais "Attention, je vais inscrire un bâton sur le calendrier". S'ils avaient 8 traits ou plus sur la semaine, ils n'avaient pas 2 €. Le manque à gagner était minime mais ça marchait quand même.

Aujourd'hui, ils sont adolescents donc je me rapproche d'une attitude d'adulte à adulte. Il n'y a plus d'astuce. Je leur rappelle les conséquences possibles s'ils continuent et je reste très polie mais ferme. Et, au cas par cas, par exemple pour un objet perdu, nous étudions les circonstances et décidons ensemble s'ils remboursent tout ou partie, s'ils font les démarches vers le service d'objets trouvés, etc.

 

Voilà pour les astuces, passons à une autre scène dont je fus témoin.

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D/ A côté de la machine à laver du camping, une mère et sa fille patientent depuis presque deux heures. La petite d'environ 5 ans s'ennuie et fatigue, elle se met à gesticuler et à geindre. Sa mère lui dit qu'elle est vilaine.

Les bébés et les petits enfants ont parfois besoin de pleurer pour trouver le sommeil. Ils ne le font pas pour nous embêter.
C'est une étape de transition éveil-sommeil qu'on peut tenter d'accepter en faisant confiance à l'enfant, en faisant confiance à un fonctionnement somme toute normal. Si on le rejette, ça veut dire qu'exprimer ses sensations est mauvais, qu'il ne doit pas dire quand il est fatigué.

La phrase de la maman "tu es vilaine" est absolue. Ce n'est pas le comportement qui est jugé mais la personne. Et cette petite personne n'a pas le recul pour comprendre autre chose que "maman dit que je suis vilaine".
Revenir au présent et au réel. La maman pourrait dire "Je vois que tu n'es pas bien. Je ne peux pas bouger d'ici tant que la lessive n'est pas terminée."

 

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Puis observer encore : l'enfant a-t-il besoin de se caler confortablement pour s'endormir, aimerait-il être bercé ? Caressé ?
Cette situation contraignante peut se transformer soit en moment de tendresse soit en avalanche de reproches et c'est nous, adultes, qui sommes responsables de nos actes et paroles.

Vous pouvez aussi lire "Plus de pistes pour les parents" à la fin de l'article Autoroute ou chemins de traverse ?

Rendez-vous le week-end prochain pour l'étude d'un dernier cas : une autre famille, toujours dans le même camping cet été.

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A/ Sur cet emplacement de camping, un père se fait entendre : "Tais-toi, tais-toi !"
Et un enfant supplie : "Arrête ! Arrête !"

B/ Quelques jours plus tard, le même père hurle sur une de ses filles "Je n'en peux plus de toi ! Je n'en peux plus !"
La petite fille pleure à s'époumoner.

 

 

 

L'épisode des Petits boxeurs m'a rappelée que je ne peux pas faire grand chose contre la violence. En tous cas, dans ce genre de situation, pas directement.

 

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Mais ce blog me donne l'occasion de donner un petit coup de pouce aux parents soucieux d'améliorer l'éducation qu'ils dispensent, le relationnel qu'ils entretiennent.

Reprenons chaque cas.
(Le week-end prochain, nous étudierons deux autres cas survenus dans le même camping mais au sein d'autres familles)

 

 

 

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A/ Un père se fait entendre : "Tais-toi, tais-toi !" Et un enfant supplie : "Arrête ! Arrête !"
J'ai expliqué dans l'article Les chaussons en bas de l'escalier qu'il était important d'apprendre à contrôler ses émotions et, dans l'article La danse du ventre du rouge-gorge, je mettais en avant le fait que cela pouvait être l'occasion de jeux de rôles.
Je vous renvoie également au film Itinéraire d'un enfant gâté de Claude Lelouch dans lequel une scène présente Jean-Paul Belmondo tentant de former Richard Anconina à ne pas montrer quand il est étonné. Extrait ici.
Dans l'épisode A du camping, le père cherche à contrôler l'enfant.
Car un enfant bouscule la routine des parents, volontairement ou pas, et cela peut parfois même être vécu comme une agression.
L'énervement monte en pression.
C'est de notre responsabilité d'adulte de ne pas nous laisser embarquer dans une violence infructueuse.
Selon l'âge de l'enfant, on peut faire une diversion, se taire, ou même partir. Oui, car mieux vaut abandonner un potentiel champ de bataille tant la plupart des querelles sont futiles et sont souvent symptômes d'autres choses (fatigue, stress, problèmes personnels, ...).
Et quand bien même le sujet serait important, mieux vaut en rediscuter à froid.

 

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B/ Le père hurle sur une de ses filles "Je n'en peux plus de toi ! Je n'en peux plus !" La petite fille pleure à s'époumoner.
Quand le comportement de l'enfant pose un problème à l'adulte, c'est à l'adulte de prendre en charge la résolution du problème.
Françoise Dolto disait pour résumer : "Si l'enfant a un doudou, que cela ne pose aucun problème à l'enfant et que cela pose un problème aux parents, c'est aux parents de consulter."
Les violences verbales affectent la même partie du cerveau que les violences physiques.
Elles occasionnent une baisse de la confiance en soi et des troubles de l'apprentissage (parmi les multiples conséquences néfastes).

C'est aussi de la responsabilité du parent :

  • de ne pas laisser l'enfant seul avec des émotions qui le submergent, le dépassent
  • de revenir parler à l'enfant, ne pas laisser ce qui s'est passé sans y associer des mots qui aident à comprendre, à mettre à distance.

Antoine de Saint-Exupéry, dans Terres des Hommes (© Editions Gallimard, 1939), s'attristait qu'on assassine un peu Mozart en chaque enfant. C'est-à-dire qu'on assassine son potentiel à prendre conscience de son rôle, à trouver le sens de sa vie.

Dans la mesure du possible, les parents doivent prendre soin d'eux pour pouvoir prendre soin de leurs enfants avec bienveillance.
Tous les messages sous-entendant "Tu pourris ma vie" sont très lourds à porter pour un enfant, même s'il feint le contraire, pour se protéger.

A suivre ...

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Grand-Place © Ville de Bruxelles - Eric Danhier

 

Samedi, j'ai passé la journée avec une amie à Bruxelles.
Ambiance détente, shopping, tranquilles.

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Nous arrivons sur une place très grande.
Sur notre droite, au loin, un ring de boxe a été monté.
La foule est animée et s'exprime sur tout le périmètre.
Sur le ring, deux enfants se frappent, se cognent, s’attrapent à plein gants, se donnent des coups de pieds.
Ont-ils douze ans ?
Je ne peux distinguer leurs visages à cause des casques. Ils sont haut comme _ un peu plus de _ trois pommes.

 

 

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Je suis totalement prise au dépourvu. Cette violence est aux antipodes de ce que je cherchais pour cette journée-plaisir.
Je dis à mon amie : "Ah ! Je n'aime pas."
Elle me répond : "Moi, je ne vois rien."
Elle parvient à ignorer mentalement ce qui se passe.
Nos sens physiologiques de vue et d'ouïe perçoivent la même chose et envoient les mêmes infos à nos deux cerveaux. Mais le traitement suivant n'est pas le même.
Peut-être que mon amie a déjà rencontré une ou plusieurs situations équivalentes, qu'elle en a tiré une leçon, leçon qu'elle met en pratique dans ce nouveau cas qui se présente.

 

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Moi, j'ai une stratégie d'évitement de la violence depuis l'enfance.
J'ai compris grâce à une thérapie, que, dans ma recherche de perfection, j'évite la violence car elle me renvoie que moi aussi je pourrais être violente. Or reconnaître cela me met en danger puisque je crois que je dois être parfaite pour être aimée.
Hors de mes pièges inconscients, je sais que la violence existe, que beaucoup la subissent, qu'il faut se battre pour le respect. Et je le fais à ma manière via ce blog, par exemple.

 

 

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Mais l'évitement ne nous prépare pas à bien gérer les situations que la vie ne manque pas de nous présenter. Nous ne pouvons pas tout contrôler !
Je me retrouve donc à répéter : "Ah ! Je n'aime pas." en boucle. Mes paroles, l'expression de mon ressenti sont à la fois comme un bouclier que j'essaie d'installer dans la précipitation et comme une fenêtre qu'on ouvre grand pour mieux respirer. Je ne veux rien garder de ce que je perçois.

Sur le coup, c'est évident, j'ai subi et j'ai géré comme j'ai pu, avec le mental qui est le mien.
Mon amie a réussi à ne pas être affectée non plus par mes 8 ou 10 "Ah ! Je n'aime pas."
Heureusement. Car j'aurais peut-être aussi mal réagi à une remarque moqueuse ou excédée de sa part.

 

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La pleine conscience permet de reconnaître quand notre enfant, notre partenaire, notre collègue, nos parents, sont pris dans leurs pièges inconscients ... et ce n'est pas le moment de les agresser !
Mieux vaut observer ce que leur réaction nous renvoie à nous. Ce sera un élément supplémentaire pour apprendre à se connaître.

Mon amie travaille dans le social, elle perçoit la violence au quotidien depuis des années. Si son mental n'avait pas mis en place des stratégies de protection, elle ne pourrait plus travailler.
De mon côté, avec mes évitements répétés de la violence, ma protection n'est pas intégrée, en quelque sorte.

 

Aujourd'hui, avec le recul, je peux me dire que j'aurais pu m'envoyer des messages tels que :
"Je ne peux rien faire."
"Ils ont souhaité ce combat."
"Ils se défoulent, libèrent des tensions en eux."
"Il y a un arbitre, des règles qui protègent ces enfants."
"La foule s'amuse, elle oublie les soucis du quotidien. Elle libère aussi des tensions en encourageant l'un ou l'autre des combattants."

 

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Et si l'évènement continue de résonner en moi, réaliser que je peux transformer cette résonance en temps, énergie ou don d'argent pour la défense des droits des enfants dans le monde.

 

 

 

Plus de pistes...
...pour tous :

  • Dans quelles situations je me sens très en ouverture ? Très en fermeture ?
  • Quel est mon rapport à la violence ? A la colère ? Quand ça vient de moi ? Quand ça vient d'autrui ?
    Si j'ai des enfants, est-ce que je valorise le fait de se battre physiquement, ou pour une cause ? D'où vient cette conviction ?
    En énnéagramme, le type 8 croit que la colère est valorisée, elle ne lui pose pas de problème.
    L'abbé Pierre était type 8. Sa colère lui donnait beaucoup d'énergie pour défendre les plus faibles.
    Plus d'infos sur le type 8 : ICI.

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J'aime porter des tongs.
Ce matin, mon mari me parle d'un article intitulé "Attention aux tongs !"
Je n'ai pas lu l'article.
Quelles que soient les informations alarmistes des médecins, je continuerai à porter des tongs.
J'ai une petite callosité au milieu de chaque plante de pied, à la naissance des orteils. Je suis allée voir une pédicure-podologue il y a 3 ou 4 ans.
Elle m'a expliqué qu'elle n'avait jamais vu de callosité à cet endroit du pied et que la seule explication était que je porte souvent des tongs et que j'ai des ancêtres perroquets.

 

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En effet, quand je marche avec des tongs, mes orteils se cramponnent comme ils peuvent, exactement de la manière dont les griffes des oiseaux enserrent la branche qui les porte.
J'ai pu confirmer la première partie de l'explication à la pédicure-podologue. Quant à la deuxième partie, je n'ai réalisé mon arbre généalogique "que" jusque 1686 et seulement sur mon nom de jeune fille. Bref il me manque plein de monde donc peut-être aussi des volatiles !

 

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Toujours est-il que cet article m'a fait penser à tous ces cris d'alarme concernant ce que nous mangeons.
Je croise souvent des gens qui me disent qu'ils ne savent plus quoi manger puisque tout est dangereux.
Chacun fait comme il peut. Question de temps, d'argent et d'énergie, d'envie

 

 

Deux petites réflexions cependant :

  1. La nature nous fournit quantité d'aliments diversifiés, certes pas uniformément répartis sur le globe, météo oblige, mais en tous cas à la surface du globe. Si le pétrole est profondément enfoui sous terre, c'est peut-être tout simplement qu'il fallait le laisser là-bas ? Ce n'est pas une bonne idée de le manger indirectement.
  2. Les lobbies du tabac financent quantité d'études depuis les années 1950 démontrant les liens entre nourriture et cancer*. Histoire qu'ils ne portent pas tout seuls le chapeau.

Voilà, à bon entendeur ...
Moi je porterai mes tongs le plus tard en saison possible, même avec des chaussettes !!!

Dédié à Brigitte C. (Belle-Maman), Florence B. (Maman) et

Florence T. (Restaurant Tambour Battant à Marcq-en-Barœul) qui cuisinent des plats équilibrés et délicieux. Merci.

(*) Sources :
Foucart S. "When science is hidden behind a smokescreen" in The Guardian
Eriksen M., Mackay J., Ross H., Shafey O. "The Tobacco Atlas" Ed. Atlanta American Cancer Society

moustique

 

Il a fait chaud dans la journée et nous avons ouvert les fenêtres.
Il est probable qu'il y ait au moins un moustique qui soit rentré.
Je scrute le plafond de la chambre. Vais-je pouvoir dormir sans me faire piquer ?
En l’occurrence, il y a un moustique.
Je vais chercher une serviette de toilette, je monte sur le lit et frappe vigoureusement.
Je ne vois plus de moustique ... mais plus du tout, en fait !
Je voudrais être sûre que je ne serai pas piquée.
Je regarde à l'aplomb de ma frappe mais je ne vois pas de moustique.
J'en déduis qu'il est encore dans les parages.
Je déroule mon plan "recherche moustique désespérément".
Je ferme la porte afin qu'il ne puisse s'enfuir.
En plus de scruter le plafond, je pose ma tempe contre les murs pour guetter sa frêle silhouette de profil.
Je tends l'oreille, je connais son bruit par cœur.
Je regarde plus précisément dans les zones plus éclairées.

Après avoir déroulé mon plan au complet, j'en déduis que j'ai peut-être mal regardé à l'aplomb de la frappe.
J'inspecte de nouveau. Je le vois. Je suis soulagée, je vais pouvoir dormir.

Dormir ... et éviter de suffoquer sous les draps à me cacher, me dispenser de la prise anti-moustiques ou de la citronnelle dont l'odeur, au final, m'empêche davantage de sommeiller qu'un moustique.
Dormir ... et ne pas me gratter demain ni les jours suivants.

Certaines personnes ne redoutent pas les moustiques. Mon mari par exemple. Dormir à mes côtés lui suffit pour être totalement serein. 20 années, statistiquement significatives, ont établi que dans 100% des cas, c'est moi qui me fait piquer.

 

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Mais où ? Comment ? Qui m'a enseigné mon plan "recherche moustique désespérément" ?
Est-ce l'expérience acquise par moi-même ou le partage d'expérience d'autrui ?

Depuis 16 ans que j'ai des enfants, parfois je me dis "Tiens, cette chose que je viens de lui enseigner, il ne se souviendra pas que ce tout petit détail, je le lui ai appris aujourd'hui et pourtant oui, c'est là, juste maintenant, qu'il a appris la signification de ce mot, le pourquoi de ce panneau, etc."

 

 

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Se remémorer les personnes qui nous ont enseigné, expliqué, instruits ... et saisir l'occasion de les remercier pour leur aide dans ce monde complexe où nous vivons ... et dans lequel il y a des moustiques ;)

 

 

 

 

 

mbti

 

Le MBTI est un des outils de connaissance de soi les plus utilisés au monde.
Le questionnaire proprement dit a pour résultat de déterminer quelle est la fonction dominante et la fonction auxiliaire du sujet, suivant le Type psychologique proposé par Jung. Dans ce but, le questionnaire détermine les préférences du sujet suivant quatre axes.

 

 

  1. D’où il tire son énergie et vers quoi il préfère l’orienter : E Extraversion / I Introversion
  2. Le type d’information qu'il recueille spontanément et auquel il se fie : S Sensation / N Intuition
  3. Le processus qu´il préfère utiliser pour prendre des décisions : T Pensée / F Sentiment
  4. La façon dont il préfère aborder le monde extérieur (axe qui est extraverti) : J Jugement / P Perception

J'ai eu l'occasion de répondre au questionnaire en 1994 pendant mes études.
Je viens de refaire le point sur les 4 axes avec mon amie Nathalie, praticienne MBTI certifiée et je suis arrivée aux 4 mêmes préférences qu'il y a 21 ans.

Un des moyens de déterminer la préférence sur le quatrième axe est de se demander si on a plutôt tendance à planifier ou à gérer au dernier moment.

 

ecrire

 

C'est l'occasion de vous parler de ma manière de publier les articles de ce blog.
Ne souhaitant pas que l'écriture de ce blog me stresse (Voir mon article Sous pression), mais m'étant fixé, à l'origine, de publier au moins un article hebdomadaire, je préfère avoir toujours au moins 3-4 articles d'avance.
En effet, je sais ce qui favorise l'inspiration mais de là à contrôler la qualité de mon inspiration, il y a de la marge ;) . J'ai parfois 3 idées d'articles en une heure puis plus rien pendant une semaine.
C'est ce besoin de sécurité éditoriale qui explique le décalage entre la date de rédaction et la date de publication.
Il y a parfois des exceptions, notamment quand mon article touche un sujet d'actualité.

Arrivant aux dernières pages du magnifique carnet dans lequel je rédige les articles depuis le démarrage de ce blog, je me suis mise en quête d'un nouveau carnet.
Je suis allée dans ma librairie préférée, Le Furet du Nord. J'ai pris mon temps, j'ai regardé d'innombrables carnets.
J'en ai trouvé un ligné avec une couverture dont le style me plaisait et un format qui me convenait. Un détail me contrariait : "Made in China".
Pour info, le carnet que je termine, acheté aux USA par Nathalie, était "Printed in China".
Il y a un autre rayon du Furet du Nord où on peut trouver des carnets. J'ai donc reposé le carnet que j'avais sélectionné et je me suis rendue dans l'autre rayon.
De nouveau, j'ai pris le temps de regarder tous les articles proposés. A chaque fois, j'examinais le verso, cherchant, déjà avec dépit, "Made in China".
Et puis, retournant un énième carnet, je lis "Fabriqué en France avec amour".

 

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Sourire intérieur (et extérieur ?) ... ça valait le coup de chercher !
Ce carnet La Marelle est deux fois plus cher avec deux fois moins de pages que celui que j'avais initialement sélectionné mais c'est lui que j'ai acheté.

 

 

 

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Nous ne pouvons pas toujours faire ce choix là. Justement, entre autres multiples raisons, parce que certains de nos emplois sont partis en Chine.
Un rapport de 1 à 4 sur tous les achats, ... il faut que les revenus suivent !

 

 

 

 

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Mais ne passons pas à côté de ces choix imperceptibles, quels qu'ils soient, qui nous apportent le plaisir de sentir qu'on accomplit une bonne action.

Bonnes courses ;) !

 

 

 

Plus de pistes :
Pour tous : Quels sont les types d'objets auxquels vous êtes attachés ? De quelle manière ? Construction de votre identité ? Souvenir de bons moments ? Valeur d'effort ? ... En avez-vous discuté avec vos proches ?

 

P.S. : La Marelle a cessé son activité :(

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Le DAB (Distributeur Automatique de Billets) est en haut d'une volée d'une dizaine de marches. Une femme est en train de retirer de l'argent.
En bas des marches, une autre femme attend son tour, un enfant en poussette à côté d'elle.
Je me place près de la femme et l'enfant pour faire la queue et prélever.
Je me dis que la femme qui me jouxte va devoir laisser son enfant en bas des marches, sur le trottoir pendant qu'elle retirera de l'argent. Je me mets en tête de lui proposer de veiller sur son enfant pendant qu'elle prélèvera.
Comme je l'ai raconté dans mes articles Feuilles d'automne et Au marché, certaines personnes aiment entrer en contact avec autrui, d'autres évitent.
Je fais partie de la première catégorie et, le sachant, j'essaie de réfréner cette tendance que mes enfants trouvent parfois lourde ("Tu sais, maman, le vendeur il a rigolé pour te faire plaisir, c'était vraiment pas drôle, arrête de parler à tout le monde s'il te plaît").
Donc, je décide de m'abstenir de parler. Bien m'en prend et j'en ris en mon for intérieur car il se trouve que la mère de l'enfant en poussette était celle en haut des marches, celle qui prélevait ! La dame qui se trouvait à côté de la poussette avait proposé à la maman de veiller sur l'enfant.

Quand il y a quelques années, j'ai décidé d'essayer de lâcher, au moins dans ma vie personnelle, la recherche constante de perfection, je me suis aperçue que les erreurs étaient souvent à l'origine de joie, de rires. C'est le clown qui trébuche en quelque sorte.

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La jardinerie où je vais habituellement a eu la bonne idée d'utiliser une partie de son terrain pour créer un parc, mettre en situation une grande variété de plantes et aider ainsi les clients à faire leur choix.
Me promenant dans le parc, j'entends un couple qui s'en émerveille. La tentation est trop forte, je ne peux m'empêcher de leur raconter que la dernière fois que je m'y suis promenée avant de faire mes courses dans la jardinerie, j'étais tellement enchantée qu'après mon petit tour, j'ai oublié de prendre un caddie et je me suis retrouvée bête au moment de charger l'arbuste choisi.
Et c'est vrai que lorsqu'on partage un repas avec des amis, on raconte souvent nos mésaventures et ça met une bonne ambiance.

 

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Parfois, quand on élève des enfants, on craint d'être laxiste si on laisse passer la moindre erreur. Mais cette exigence est irréaliste et c'est se priver d'occasions de partager un bon moment avec les enfants.
Ce n'est pas évident à jauger.
L'autre jour, j'ai fait tomber le paquet de coquillettes, il y en avait jusque dans la pièce voisine ! Fallait-il prendre ce loupé au sérieux ? Me blâmer ? Analyser pour ne plus recommencer ?
Quand nous nous trompons, nous autorisons nos enfants à se tromper et puis, ça nous rend plus humbles.
Des parents se vexent parfois car ils se sentent pris dans un étau entre "J'exige de mon enfant la perfection" et "Je suis un humain faillible, je suis imparfait devant mon enfant".
Se donner des petits repères éducatifs aide à gérer de multiples situations.
Dans ce domaine des erreurs, casses, faux pas, boulettes en tous genre, je me suis fixée les repères suivants "Est-ce que quelqu'un souffre ?" "L'enfant l'a-t-il fait exprès ?".
Si un de mes enfants casse un verre, oublie un sac, se trompe en récitant un poème, je ne fais pas de reproches et pour m'aider à rester complètement zen, je dis "Je sais que tu ne l'as pas fait exprès" et "Personne ne souffre".
Car si les parents mettent tout sur le même plan et crient de la même manière pour un verre renversé ou une petite sœur frappée, ça n'aide pas l'enfant à construire lui-même des repères entre "à éviter" et "interdit".

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Afin de poursuivre la réflexion, je vous ai sélectionné un article d'Alexis Jenni (prix Goncourt 2011) : Je prends soin de mon heureuse bêtise.

 

 

 

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J'assiste à un baptême. Placée à droite de l'autel, je suis deux mètres derrière les célébrants.
Au moment de la consécration, l'un d'eux rouspète discrètement mais fermement deux servants d'autel.
Je me demande ce qui pousse ces enfants à servir la messe. Sont-ils obligés ? Sont-ils heureux de rendre service ? Sont-ils comblés par la proximité de Jésus ? S'épanouissent-ils dans une routine qu'ils chérissent ?
Je me souviens qu'au bout de 5 ans de service, un servant d'autel reçoit une croix bien plus jolie et imposante à arborer sur son aube. Espèrent-ils ce prestige ?

 

 

 

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Notre cerveau fonctionne sur un mode de récompense.
On tient compte de cela lors du dressage d'animaux.
On tient aussi compte de cela dans de nombreux systèmes humains avec des récompenses honorifiques, financières, de produits ou services.

 

 

 

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Nous sommes tous différents, avec des épreuves plus ou moins grandes vécues plus ou moins tôt et nous sommes donc loin d'être tous égaux devant l'apprentissage quand nous entrons dans le système humain nommé éducation nationale.

 

 

 

 

 

J'aimerais développer deux points :

1) Quand on est envahi par les émotions, on n'est pas disponible pour l'apprentissage.

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Les enfants qui, pour une raison ou une autre, sont débordés par leurs émotions vont forcément être en décalage par rapport à ce que l'enseignant essaie de faire passer. Et si aucune mesure n'est prise, le décalage va se transformer en véritable retard. On risque de rentrer dans un cercle vicieux : je réussis moins bien que les autres, ce constat m'occasionne des émotions (colère ? tristesse ? dégoût ? peur ?) en conséquence de quoi je ne peux pas bien apprendre, j’accrois mon retard, cela m'occasionne des émotions, etc. A la cause de départ vient s'ajouter une ou plusieurs surcouches !

 

 

 

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[A propos des émotions, je vous conseille l'excellent dernier film de Pixar : Vice-Versa]

Une collaboration entre les parents et l'enseignant est alors très souhaitable. Les parents autant que les enseignants, n'aiment pas se sentir jugés. Tout ce qui est officiel (convocation) ou ton de reproche direct est donc à bannir. Il faut se parler mais dans un contexte neutre plutôt amical que hiérarchisé. Partir des faits. Je constate ceci, qu'en pensez-vous ?


Essayer de prendre des toutes petites décisions constructives très pragmatiques pour peu à peu transformer le cercle vicieux en cercle vertueux. Un regard bienveillant de la part des parents et de l'enseignant est gage de réussite.

 

2) En fonction de notre objectif inconscient (ce qu'il faut que nous fassions pour être aimés) et par imprégnation (au contact de ceux qui nous ont élevés), nous développons plus ou moins tel ou tel type d'activité mentale (perception, automatismes, analyse ou imagination).

Le système scolaire valorise davantage l'analyse et les automatismes que la perception et l'imagination. Tout un pan de la population-élèves va donc se sentir incompétent, c'est embêtant, et va peu développer ses capacités, c'est gênant aussi.

 

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Prenons l'exemple d'un problème mathématique.
Il y a forcément une phase de perception pour collecter les données.

  1. L'enfant qui développe particulièrement la perception arrive, par exemple, très facilement et très rapidement à voir si quelqu'un souffre, a froid, est ébloui; s'il va pleuvoir; si cet endroit ou cet objet est confortable ou dangereux, ... Pour résoudre le problème de maths, ça ne sera pas suffisant.
  2. L'enfant qui développe particulièrement les automatismes apprécie les routines. Son talent réside dans l'exécution de gestes physiques ou mentaux répétitifs. Pour résoudre le problème de maths, s'il a perçu d'après l'énoncé quelle méthode il devait appliquer, alors c'est un plaisir pour lui de dérouler scrupuleusement la procédure de résolution de ce type de problème. Si le problème est présenté d'une manière qu'il ne connaît pas, il sera perdu et ne saura quelle méthode dérouler.
  3. L'enfant qui développe particulièrement l'analyse aime comparer, trouver la logique des évènements. A partir de l'énoncé, il va savoir faire plein d'aller-retours entre toutes les informations qu'il a déjà emmagasinées, que la forme de l'énoncé du problème lui soit connue ou pas. Si ce problème nécessite de connaître tel théorème ou telle méthode élaborée précise, cet enfant peut se retrouver en difficulté.
  4. L'enfant qui développe particulièrement l'imagination se sert de ce qu'il a perçu pour changer de cadre. La baignoire du problème devient un moyen de locomotion, les chiffres sont des compagnons ou des ennemis à fuir ou combattre ! Cet enfant va peut-être résoudre un problème de géométrie car il arrivera à imaginer tel déplacement de figure, de segment ou d'angle mais arrivera-t-il à rédiger une démonstration ?

Nous utilisons ces 4 domaines d'activité mentale mais l'un d'eux est celui que nous préférons, que nous utilisons le plus souvent. Il est confortable et ce sera confortable d'avoir un métier qui sollicite principalement cette activité mentale.
Afin de pouvoir nous adapter à toutes les situations de la vie, il est important de ne pas délaisser jusqu'à un stade pathologique les autres domaines d'activité mentale.

 

famille 300x169

 

Il sera plus facile aux parents de modifier leur manière d'accompagner leur enfant que de modifier la pédagogie de l'éducation nationale.
Donnez l'habitude à votre enfant d'appréhender les cours sous plusieurs angles : d'une part visuelle, auditive ou verbale, d'autre part perception, automatismes, analyse, imagination.
Tel enfant retiendra mieux en mettant des couleurs dans son cours. Tel autre en le dessinant. Tel autre en le chantant. Il faut essayer, tester, observer son enfant dans le quotidien. Que retient-il facilement ? Voit-il ce qu'il restitue en image ou en mot ? L'entend-il ?
Les parents peuvent aider leur enfant en lui faisant découvrir ses forces et ses faiblesses. Comment il peut contourner ici. Et là où il ne pourra pas contourner et devra fournir un effort.
Certains enfants ont besoin de temps pour assimiler l'enseignement. Il ne faut pas leur proposer de faire des exercices ou de réciter un poème juste après la lecture. Il faut attendre le lendemain. Cela signifie d'anticiper en permanence, de ne pas attendre le dernier moment.

Vous comprenez comme l'accompagnement instructif est essentiel. Valoriser d'abord le domaine d'activité mentale préféré pour qu'il se développe jusqu'à obtenir une compétence de qualité professionnelle. Proposer aussi des axes de progrès comme compléments indispensables mais sans s'acharner.

 

penser

 

J'ai révisé les maths avec mon fils dans le cadre de la préparation du Brevet. J'ai retrouvé avec plaisir les domaines dans lesquels j'étais forte à l'époque. Je me suis aussi confrontée à un cours que je n'avais jamais vu. J'ai vraiment ressenti les étapes dans mon mental :

  • la contrariété (zut, ça a l'air dur), l'appréhension (je risque d'échouer)
  • la décision d'essayer, de lire le cours, l'effort
  • la concentration nécessaire, les liens avec les infos déjà stockées qui se font ou pas. Il faut alors relire, se concentrer de nouveau, lire le cours précédent
  • l'essai d'application, pas envie, nouvelle peur d'échouer
  • la décision d'essayer, l'effort
  • le léger mal de crâne qui pointe son nez
  • la nécessité de se reporter au cours, la dévalorisation personnelle que ça entraîne
  • la décision de faire un deuxième exercice, l'effort mêlé d'espoir
  • la constatation que la logique commence à être intégrée
  • l'envie de faire un 3e exercice
  • le plaisir de réussir

 

panneau autoroute

 

 

J'expliquais il y a quelques jours à ma fille, que oui, ça lui demande un effort quand elle fait de l'anglais avec moi, que ça n'est pas un moment plaisant. Je lui ai proposé la comparaison suivante : quand elle consent à faire un effort, elle permet la connexion de neurones et petit à petit, c'est comme si dans son cerveau, un sentier impraticable encombré de ronces (les maux de crâne !), grâce aux entraînements, va se transformer en chemin, en route et même en autoroute qu'elle prendra beaucoup de plaisir à emprunter.

 

online shop

 

 

On retrouve le fonctionnement naturel du cerveau : la récompense.
Le but est que l'enfant expérimente souvent le couple effort - plaisir, dans le respect des autres contraintes, notamment sa fatigue.
Or la société de consommation nous propose en permanence l'inverse de l'effort : tout tout de suite pour presque rien. Cela ne facilite vraiment pas la tâche des parents et des enseignants.
Eduquer, c'est accompagner ... dans la durée.
Bon courage :)

walk the line

 

Un de mes films préférés est Walk the line de James Mangold (2005), la vie du chanteur et musicien Johnny Cash. On y voit l'impact d'un amour paternel non satisfaisant.
Ray Cash, le père de Johnny, avait en tête une image formatée de la personnalité qu'auraient dû avoir ses fils. Et Johnny n'était pas "LE" fils que son père aurait voulu.
Le grand-frère de Johnny est mort à 14 ans. Ray Cash aurait préféré que ce soit Johnny à sa place.


(Lire l'article Nos enfants comme des miroirs sur ce thème)

 

 

be creative

 

Tel Johnny Cash, certains d'entre nous portent une souffrance particulièrement forte, toute ou partie de leur vie.
Et ils ne sont que quelques uns à avoir l'énergie et le talent pour faire de la sublimation de cette souffrance leur métier.
Plusieurs de ces artistes disent même qu'ils craignent de ne plus souffrir car ils n'auraient plus de source d'inspiration.

 

soleil a travers feuilles 168x300

 

Ce qui est à la fois difficile et primordial, c'est de maintenir une ouverture suffisante pour continuer à entrapercevoir les infimes rayons du soleil à travers les branches, les feuilles innombrables.

Savoir reconnaître la souffrance qui risque de nous figer, en quelque sorte.

 

 

 

retroviseur

 

Un peu comme si, au volant d'une voiture, au lieu de regarder le rétroviseur pour agir (doubler, se garer), nous regardions le rétroviseur pour y revoir un paysage croisé des mois, des années auparavant, et que nous restions fixés sur ce paysage. Nous deviendrions alors imperméables à la vie alentour et serions davantage exposés aux accidents.

 

 

prier

 

L'écrivain Paul Claudel rappelle : "Dieu n'est pas venu supprimer la souffrance. Il n'est même pas venu l'expliquer. Il est venu la remplir de sa présence. Oui, il est venu l'assumer, la transcender, la glorifier. Et, par sa résurrection nous assurer que l'acceptation de la croix est le gage de notre délivrance".

La foi est une rencontre, une expérience.
Une personne pourrait vous parler de sa foi pendant quinze heures non-stop que vous ne croiriez pas pour autant.

Pour rencontrer Jésus ou Mahomet ou..., c'est comme dans notre vie de mortels, il faut un minimum d'état d'esprit d'accueil pour cette rencontre...


Quand un proche passe nous voir à l'improviste, selon notre état d'esprit du moment et notre emploi du temps, il sera plus ou moins bien accueilli !
Mais ce n'est pas le seul critère, loin s'en faut. Nous ne sommes pas tous construits pour avoir la foi.
Les régimes politiques sans liberté de culte sont une grave atteinte au fonctionnement de l'humain.

 

funambule

 

Avec ou sans Dieu, tels des funambules, ne laissons pas le balancier pencher trop fortement et trop longtemps du côté des ténèbres.
Nos amis, notre sensibilité, les enfants, le cycle du jour et des saisons sont autant d'occasions de laisser le balancier pencher du côté de la vie.

 

 

 

Dédié à mes fantômes

scier lame

 

Je découpe une lame de parquet à la scie sauteuse.
C'est la troisième ou quatrième lame que je divise.
Nous n'en sommes qu'au début de la pose du parquet.

En fin de course de la scie sauteuse, un bout de la lame est arraché.

 

stressBouffée d'émotions :
Peur que cela se produise de nouveau à chaque lame.
Colère vis à vis de moi-même et recherche instantanée d'un coupable.
Peur de ne pas avoir prévu suffisamment de paquets de lames.
Peur de devoir retourner au magasin. Cela va prendre du temps, on a autre chose à faire.
Colère vis-à-vis du fabricant de la lame de la scie sauteuse, soi-disant anti-éclat.

A la découpe de la lame de parquet suivante, tout revient en masse, stress total.

 

 

miroir

 

Ce n'est pas toujours facile d'expliquer l'intérêt de se connaître soi-même.
J'ai déjà entendu dire "Mais justement, moi je ne veux pas me connaître !"
Et il ne faut pas aller contre cela car c'est l'inconscient de la personne qui a posé un jour ces barrières de sécurité là et elle s'est habituée à vivre comme ça, ce serait violent de lui enlever.
Se connaître, c'est vraiment une démarche personnelle.

Donc là, mon histoire de parquet me permet de vous illustrer l'intérêt de se connaître.

 

 

yin yang

 

La médecine chinoise m'a enseigné que mon émotion principale est la peur.
Depuis que j'en ai pris conscience, j'essaie de ne pas laisser cette émotion me dicter sa tyrannie.
Je remercie pour ce fonctionnement qui me rend prudente mais je veille à ne pas rester dans une angoisse paralysante.

 

 

enneagramme

 

L'énnéagramme m'a enseigné que j'avais une colère permanente et sous-jacente envers moi-même liée à ma recherche de perfection.
Depuis que j'ai réalisé cela, j'essaie de reconnaître ma colère et de l'accueillir sans la transférer sur autrui.
Je me rappelle que la croyance "Si je me trompe on ne m'aimera plus" sur laquelle je me suis construite m'a beaucoup apporté en termes d’exigence vis-à-vis de moi-même. Cependant, quand je la reconnais, j'essaie d'ajouter une dose d'indulgence et de douceur pour que la recette ne tourne pas au vinaigre.

 

 

piege

 

Se connaître ne fait pas disparaître les problèmes. Cela permet de les résoudre plus facilement et plus rapidement.
Chacun a son fonctionnement avec ses ornières et ses casseroles pour la vie.
Se connaître met les pièges en lumière et nous permet de tomber moins souvent dedans.
Se connaître permet d'oser un fonctionnement différent de celui auquel on est habitué, puis de constater que cela nous conduit à un comportement plus adapté aux situations donc à la fois plus harmonieux et productif.
Se connaître, c'est aussi accepter les critiques, être moins réactif ou renfermé. "Tu me reproches cela ? Oui, oui, tu as raison, je m'en suis rendu compte et oh ! j'ai du pain sur la planche mais j'essaie de progresser."

Et finalement, j'ai été stressée à chaque découpe de lame de parquet jusqu'à la fin de la pose mais j'ai accueilli émotions et sensations et j'ai continué à scier avec prudence. Aucun autre bout de lame ne s'est arraché !

epagneul

 

Je conduis ma voiture et longe un parc public.
Sur ma gauche, une tâche de blanc et noir parmi le vert et le jaune attire mon œil.
Une jeune fille vient de faire asseoir son chien en plein milieu d'un massif de narcisses.

En m'approchant, je constate que la jeune fille redresse imperceptiblement les épaules de son chien comme on rectifierait un tableau un peu bancal.
Elle prend plein de photos et se tourne autour du massif pour varier les prises de vues.

Le visage de l'épagneul semble dire à sa maîtresse : "Fais de moi ce que tu veux, je suis entièrement soumis."

 

like

 

Je poursuis ma route et me demande dans quel laps de temps la demoiselle publiera ses photos sur Facebook, Instagram, que sais-je ?
Prendra-t-elle la peine de sélectionner la meilleure ? Les publiera-t-elle toutes ?
Avec quelle frénésie et satisfaction guettera-t-elle les like ? S'imagine-t-elle des commentaires ? Des partages ?

 

reseaux sociaux

 

 

 

Miroir, mon beau miroir, que me renvoie mon chien sage parmi les narcisses ?

 

 

 

deux petits chiens

 

J'arrive à mon rendez-vous mais trouve porte close. Je décide de patienter dans la voiture.
Je vois un homme arriver au loin avec deux petits chiens.
Il croise une dame habillée et maquillée de manière sexy.
Ils se regardent l'un l'autre.
Je me demande s'il va se retourner pour examiner le verso quand, au lieu de cela, il donne un coup très sec sur une des deux laisses. Le petit chien, à moitié étranglé, est stoppé net. Il se retourne instantanément vers son maître et le regarde en signifiant : "Oui maître, que veux-tu ? Je suis à tes ordres."

visage emotions

 

Pour tous les êtres humains, les mêmes muscles du visage travaillent pour une émotion donnée.
Si bien que sans se parler, on peut communiquer à l'autre qu'on est triste, en colère, surpris, dégoûté, apeuré, joyeux.
Alors pourquoi pas les chiens ?

 

 

chien emotions

 

 

En tous cas, ces deux petites anecdotes de ce matin me démontrent une fois de plus qu'une vie d'éducation n'est pas suffisante pour dompter ses instincts ! Et c'est normal.

 

 

 

Plus de pistes...
...pour tous : Parfois, involontairement car on est noyé dans ses pensées ou embarqué dans une conversation, ou bien délibérément car on n'a pas le temps ou qu'on a peur d'une réaction en chaîne, on ne reconnaît pas les émotions que notre interlocuteur, une connaissance croisée, notre enfant, un collègue, notre partenaire est en train de vivre.
Pourtant, après avoir demandé comment se sent la personne et l'avoir laissée répondre, nous sommes libres de dire "Je n'ai pas le temps maintenant mais dans une heure, je viens te voir."
Notre indifférence ne permet pas à l'autre de pouvoir exprimer et donc de pouvoir mettre à distance, prendre du recul, avancer.

rouge gorge

 

J'étais en train de petit-déjeuner.
Un rouge-gorge s'est posé sur une grosse fleur d'hortensia desséchée, tout près de la fenêtre, et m'a observée.
La branche s'est mise à vaciller sous l'effet du poids plume.
Pour rester en équilibre, le rouge-gorge, a effectué une gracieuse danse du ventre tout en continuant à me fixer du regard.

voiture verglas

 

Quand on conduit sur le verglas et qu'on perd le contrôle du véhicule, il faut regarder un point fixe et laisser les mains tourner le volant intuitivement.

La vie n'est que mouvement.
Si on n'accepte pas cela, si on veut que tout aille toujours bien, qu'il n'y ait plus de problèmes, alors on est en décalage avec le réel et cela occasionne de la souffrance.

 

On n'a pas appris à "suivre le mouv'".
L'école et les médias nous habituent à la passivité.
Du coup, on a l'impression de mettre notre énergie dans la gestion de problèmes alors que c'est juste la vie normale.
Mais, assis sur une chaise pendant 20 ans à écouter le professeur, on n'a pas été préparés.

plombier

 

Résoudre un problème scolaire de volume d'eau dans une baignoire, c'est différent de trouver un plombier en urgence sans y laisser son salaire, demander un devis, choisir selon x critères, devoir prendre une demi-journée de congés, espérer qu'il vienne bien au rendez-vous, préparer un seau, des serpillières, un café.

 

 

baignoire doree

 

Ayant appris à calculer le volume d'eau d'une baignoire, on ne sait toujours pas comment agir face à la réaction de Madame la voisine du dessous qui vient de voir une tâche d'humidité grandir au plafond de sa salle de bain.

Apprendre comment agir nous éviterait de stagner dans la réaction, l'émotion et ensuite la spirale pensées - émotions - pensées ou d'être coincé dans le même type de réaction qu'avaient à l'époque nos parents (imprégnation).

 

Alors pourquoi ne pas s'entraîner de temps en temps, seul(e) ou avec un(e) ami(e), le / la partenaire, les enfants ?

A partir d'une situation à venir, qui peut s'avérer stressante, envisager ma réaction, la réaction de l'autre. Et passer en revue quelles seraient les actions possibles.
On se retrouve à choisir plutôt qu'à subir.

mouvement

 

La situation sera peut-être autre et on sera désemparé.
Mais le point fixe de mes histoires du rouge-gorge et du verglas, pour notre vie entière, ce point fixe, c'est d'essayer de revenir le plus souvent possible dans le présent et dans le réel.
De se dire "Je m'étais préparé(e). Mais je n'ai pas agi de manière adaptée / constructive. C'est normal, je ne suis qu'un humain avec ses limites. Mais j'essaierai encore."

Restons dans le mouv' ;) !

reception hotel 

Je suis dans le hall d'un hôtel parisien.
La réceptionniste débite un discours mille fois répété, son regard vide ne me perçoit pas, je suis transparente.
Elle est là mais elle n'est pas avec moi.

Le visage de la réceptionniste s'éclaire alors que je ne suis pas encore tout à fait partie.
Elle vient de se connecter à l'homme qui se trouvait derrière moi.
Elle vient d'être traversée par la vie, tout son corps s'anime, elle sourit, son regard pétille désormais.

 

reception hotel seduction

Dans le livre "Sous le signe du lien", Boris Cyrulnik explique que nos pupilles se dilatent quand nous sommes attirés par quelqu'un.
Nous lui envoyons ce signe et attendons ce même signe d'elle / de lui.
C'est la première reconnaissance de "On se plaît".

Pourquoi est-ce si agréable, énergisant, émouvant, de constater qu'on plaît, charme, séduit ?

C'est qu'alors, nous nous sentons reconnu(e) au niveau le plus primaire de notre identité.
Oui, la première information nous concernant fut probablement "C'est un garçon." ou "C'est une fille."

 

nouveaux nes

 

Cette identité là, personne ne peut nous l'enlever et "Miroir, mon beau miroir, même si je perds mon travail, mon conjoint, ma santé, mon logement ; même si on me critique, que je me sens nul(le), dépourvu(e) de la moindre qualité, miroir, mon beau miroir, mon identité sexuelle, personne ne peut me la prendre."

Si vous n'avez plus rien, il vous restera toujours ça.
Alors quoi de plus naturel que de se sentir bien (rassuré, réconforté) quand un regard se pose sur nous et nous dit : "Je te vois, tu es de la même espèce que moi, je te reconnais, tu me fais sentir vivant(e), merci d'être face à moi, ici maintenant. Grâce à ce regard, j'existe jusque là où naît la vie."

 

femme seduite

 

Que va-t-on faire de ce cadeau de Vie Pure qu'on s'offre l'un à l'autre pendant quelques secondes ?
Va-t-on transformer cette énergie, cette bonne humeur au profit des prochaines personnes que nous allons croiser ?

Ou va-t-on en décrire le moindre détail à notre partenaire pour jouer avec sa jalousie ? Signe, par exemple, que nous avons besoin de ressentir du pouvoir.
Ou bien, s'inventer pendant des jours et des jours une vie avec cette personne et ne plus réussir à effectuer notre besogne ? Signe, par exemple, que nous avons besoin de fuir notre quotidien.
Si tel est le cas, n'en restons pas aux symptômes et osons creuser un peu, dénicher quelles blessures, quels manques sont tapis en nous et laissent notre inconscient décider pour nous.
L'enjeu est de taille : être libre, retrouver la Vie...sans être dupe.

conduire

Ce vendredi matin, je vais au marché.
J'écoute de la musique à la radio quand je conduis.
Au moment où j’atteins la rue où je me gare habituellement, la chanson de Saez "Jeune et con" débute.
Je me dis : "Bah zut, c'est trop bête, j'aime bien cette chanson. Je ne vais pas pouvoir l'écouter."

SaezJeuneEtCon

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Il m'arrive de rester dans la voiture quand je suis à destination juste pour le plaisir d'écouter un morceau que j'aime.
Mais ce matin, je vais chercher quelqu'un à la gare et je n'ai pas de téléphone mobile pour prévenir que je serai en retard.
Dans cette rue à sens unique, je vois une place à gauche et me positionne pour engager un créneau. Puis je m'aperçois que la place jouxte une sortie de garage, ma voiture va empiéter.
J'avance un peu et vois une autre place, mais en me plaçant à sa hauteur, je réalise qu'elle est occupée par une moto.
J'arrive au bout de la rue, il y a plein de places libres dans la rue perpendiculaire, je me gare.
Ah ! Il y a des panneaux mobiles d'indication de travaux. Je sors de la voiture et vais lire l'avertissement. Effectivement, je comprends mieux pourquoi toutes les places étaient disponibles.
Je remonte en voiture, roule encore un peu et trouve enfin une place.
Je me gare.
Au moment où je coupe le contact, la chanson se termine, je l'ai écoutée en entier !

hasard

J'adore ce genre de clins d’œil du hasard.
Et vous ? Les percevez-vous ?