Nous avons reçu une vidéo, pour les vœux, incluant plusieurs musiques.
En la visionnant, ma fille me dit : "Oh ! C'est la musique de Pirates des Caraïbes ! Je me souviens j'ai dansé dessus en primaire à la fête de l'école. Tu m'avais confectionné un sabre et c'était le plus beau de toute la classe !"

Quelle heureuse surprise que ce compliment survenu à l'improviste !
Cela me met du baume au cœur car nous avons toutes deux la gâchette facile pour faire des reproches.

Lorsque j'animais des ateliers sur l'estime de soi auprès d'adolescents, je leur demandais de me nommer des qualités et des défauts. J'écrivais les mots au tableau.
Ensuite, on reprenait chaque mot et je leur demandais "Les personnes qui ont ce défaut-là, quelle qualité ont-elles sûrement ?" et "Les personnes qui ont cette qualité, quel défaut ont-elles probablement ?"
Les jeunes étaient surpris et rassurés de réaliser que derrière les défauts que leur renvoyaient parents et professeurs, ils avaient des qualités.

recto verso

Mon mari et moi appelons ça recto-verso. Quand l'un de nous commence à faire des reproches à l'autre, l'agressé répond en souriant : "Recto-verso". Sous-entendu "Tu apprécies mes qualités, accepte les défauts correspondants". Cela suffit en général à désamorcer une éventuelle dispute car le sourire et la phrase renvoient au présent et au réel d'un être vivant formant un tout dont on ne peut extraire que les qualités comme on ferait ses courses.

Assez rapidement dans notre histoire, l'environnement nous renvoie nos qualités et nos défauts, tant les écoliers font rarement dans la dentelle et c'est normal à leur âge. Les adultes se souviennent en général bien de ce ressenti : "J'étais timide, je passais beaucoup de temps à observer." "J'avais des bons résultats, les autres me traitaient de faillot." "Je me battais à chaque récré, j'étais souvent puni." "Je bavardais beaucoup, tous mes bulletins mentionnaient que je papotais trop en classe."

Il est intéressant et libérateur d'aller au-delà de la seule connaissance de nos qualités et défauts.
Les outils de développement personnel permettent de comprendre notre fonctionnement, nos croyances, de repérer nos pièges et de tenir compte plus rapidement et facilement de ce qui nous fait du bien et du mal. Cela permet aussi de nous ouvrir à la différence de l'Autre.

Exemples :

  • A partir de ma timidité, l'analyse transactionnelle va peut-être me faire comprendre pourquoi je parle plus souvent de la météo et des actualités que de ma vie personnelle. Et comprendre que d'autres personnes s'épanouissent, elles, dans des relations de partage de l'intime. Cela me rendra plus indulgent vis-à-vis de ces personnes et je serai en paix avec moi-même au lieu de souffrir de ma différence. Car je vois que je ne suis pas le seul à être comme un poisson dans l'eau quand je parle de la météo ! D'autres fonctionnent comme ça aussi, c'est rassurant.
  • Ou bien l'énnéagramme va m'apprendre que je fuis les conflits, c'est ma pulsion, et c'est pour ça qu'on me reproche souvent de ne pas choisir mon camp. Grâce à cet outil, je vais disposer de pistes de mieux-être. Cela va m'aider à prendre du recul par rapport aux situations auxquelles je fais face. Je retrouverai plus rapidement la sérénité et serai capable de prendre de bonnes petites décisions.
  • Ou encore la gestion mentale m'aidera à réaliser que je suis visuel, c'est normal que je ne retienne pas toujours ce qu'on me dit, j'ai besoin de voir. Et puis mon activité mentale de prédilection relève des routines, cela me rassure, je suis sûr de ne pas prendre de risque. Du coup, je comprends pourquoi on se moque de moi. D'autres sont en quasi-permanence dans l'imagination, cela leur paraît fou d'avoir un quotidien monotone comme le mien.
  • Ou aussi, le programme Sêmera va m'aider à repérer que mon parent interne est très actif parmi mes voix internes et que je ne dois pas forcément lui obéir. Je vais comprendre pourquoi on me reproche ma froideur et comment petit à petit je peux me libérer et rééquilibrer ce qui m'a construit.

Etc, etc.

Quoi de plus plaisant que d'aimer et comprendre notre plus fidèle compagnon : nous-même ?
Surtout quand c'est aussi la voie pour mieux comprendre et aimer nos proches.

Plus de pistes...
...pour les salariés : Depuis quand n'ai-je pas eu l'occasion de faire un point sur mes qualités, mes défauts, mes compétences et mes lacunes au travail ? Est-ce que je bénéficie d'un entretien annuel avec mon n+1 ? Cet entretien est-il constructif ? Que puis-je décider aujourd'hui pour que mes savoir-faire et savoir-être soient utilisés et valorisés par mon employeur ?
...pour les couples : Suis-je plutôt dans le reproche ou dans le refoulement vis-à-vis de mon partenaire ? Est-ce que parfois, je parviens à signifier à mon partenaire _ en parlant "je" _ qu'il m'a blessé ? Et m'arrive-t-il de réussir à laisser tomber quand je comprends que mon partenaire est juste fatigué ou stressé et que son attitude ne justifie pas que je relève ?
...pour les parents : Est-ce que je demande régulièrement à mon enfant ce qu'il ressent, en l'aidant à nommer, ou bien est-ce que j'ai plutôt tendance à qualifier les paroles et actions de mon enfant ?