Marronnier2Je marche dans le bois de Boulogne de Lille. Cela fait très longtemps que je ne m'y suis pas promenée, je redécouvre.
Tout d'un coup, je m'arrête net devant le charme d'une vision.
Un gigantesque marronnier reflète dans l'eau. L'ombre déployée permet à l'image d'être l'exacte copie. La beauté qui émane de la scène m'émeut au point de rester à contempler.
J'observe les branches.
Je reconnais celles d'origine, ayant un parcours naturel et prodiguant mille ramifications.
Et puis il y a des branches qui ont été taillées au ras du tronc, d'autres qui semblent avoir été arrachées laissant un morceau de bois à la perpendiculaire, comme désaffecté, sans feuilles et abîmé.
De nombreuses branches sont jeunes, jaillissant de coupes.
Des petits groupes de feuilles poussent directement du tronc, ça et là.
J'observe.


Ces différences entre les branches m'évoquent la vie humaine.Marronnier4
Des histoires, des projets qui évoluent tranquillement toute une vie. D'autres arrêtés nets parfois sans avoir produit de fruit, d'autres encore qui se sont achevés d'une telle manière que la trace est encore là, encombrante.
Des situations nouvelles prospères nées d'un changement.
Et puis toutes les idées que nous pouvons avoir. Certaines donneront place à des projets, d'autres non. Mais elles ont toutes eu le mérite de créer un fourmillement de vie, une fraîcheur, de la nouveauté.

Ce marronnier, sans non plus désormais considérer les détails de sa ramure mais l'ensemble de son port est globalement beau car globalement construit de manière équilibrée.

Malgré nos erreurs, nos échecs, souvent, en l'occurrence, au final porteurs de fruits, notre vie est globalement équilibrée car nous faisons souvent au mieux selon le contexte du moment.
Il faut prendre un peu de recul pour s'en apercevoir et cela peut devenir un projet en soi.