bruxelles eric danhier 300x201

Grand-Place © Ville de Bruxelles - Eric Danhier

 

Samedi, j'ai passé la journée avec une amie à Bruxelles.
Ambiance détente, shopping, tranquilles.

boxer 652403 180

 

Nous arrivons sur une place très grande.
Sur notre droite, au loin, un ring de boxe a été monté.
La foule est animée et s'exprime sur tout le périmètre.
Sur le ring, deux enfants se frappent, se cognent, s’attrapent à plein gants, se donnent des coups de pieds.
Ont-ils douze ans ?
Je ne peux distinguer leurs visages à cause des casques. Ils sont haut comme _ un peu plus de _ trois pommes.

 

 

la vue

 

Je suis totalement prise au dépourvu. Cette violence est aux antipodes de ce que je cherchais pour cette journée-plaisir.
Je dis à mon amie : "Ah ! Je n'aime pas."
Elle me répond : "Moi, je ne vois rien."
Elle parvient à ignorer mentalement ce qui se passe.
Nos sens physiologiques de vue et d'ouïe perçoivent la même chose et envoient les mêmes infos à nos deux cerveaux. Mais le traitement suivant n'est pas le même.
Peut-être que mon amie a déjà rencontré une ou plusieurs situations équivalentes, qu'elle en a tiré une leçon, leçon qu'elle met en pratique dans ce nouveau cas qui se présente.

 

arme enfant

 

Moi, j'ai une stratégie d'évitement de la violence depuis l'enfance.
J'ai compris grâce à une thérapie, que, dans ma recherche de perfection, j'évite la violence car elle me renvoie que moi aussi je pourrais être violente. Or reconnaître cela me met en danger puisque je crois que je dois être parfaite pour être aimée.
Hors de mes pièges inconscients, je sais que la violence existe, que beaucoup la subissent, qu'il faut se battre pour le respect. Et je le fais à ma manière via ce blog, par exemple.

 

 

bouclier fenetre air

 

Mais l'évitement ne nous prépare pas à bien gérer les situations que la vie ne manque pas de nous présenter. Nous ne pouvons pas tout contrôler !
Je me retrouve donc à répéter : "Ah ! Je n'aime pas." en boucle. Mes paroles, l'expression de mon ressenti sont à la fois comme un bouclier que j'essaie d'installer dans la précipitation et comme une fenêtre qu'on ouvre grand pour mieux respirer. Je ne veux rien garder de ce que je perçois.

Sur le coup, c'est évident, j'ai subi et j'ai géré comme j'ai pu, avec le mental qui est le mien.
Mon amie a réussi à ne pas être affectée non plus par mes 8 ou 10 "Ah ! Je n'aime pas."
Heureusement. Car j'aurais peut-être aussi mal réagi à une remarque moqueuse ou excédée de sa part.

 

zen

 

La pleine conscience permet de reconnaître quand notre enfant, notre partenaire, notre collègue, nos parents, sont pris dans leurs pièges inconscients ... et ce n'est pas le moment de les agresser !
Mieux vaut observer ce que leur réaction nous renvoie à nous. Ce sera un élément supplémentaire pour apprendre à se connaître.

Mon amie travaille dans le social, elle perçoit la violence au quotidien depuis des années. Si son mental n'avait pas mis en place des stratégies de protection, elle ne pourrait plus travailler.
De mon côté, avec mes évitements répétés de la violence, ma protection n'est pas intégrée, en quelque sorte.

 

Aujourd'hui, avec le recul, je peux me dire que j'aurais pu m'envoyer des messages tels que :
"Je ne peux rien faire."
"Ils ont souhaité ce combat."
"Ils se défoulent, libèrent des tensions en eux."
"Il y a un arbitre, des règles qui protègent ces enfants."
"La foule s'amuse, elle oublie les soucis du quotidien. Elle libère aussi des tensions en encourageant l'un ou l'autre des combattants."

 

don

 

 

Et si l'évènement continue de résonner en moi, réaliser que je peux transformer cette résonance en temps, énergie ou don d'argent pour la défense des droits des enfants dans le monde.

 

 

 

Plus de pistes...
...pour tous :