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C/ Sur cet autre emplacement de camping, un père soulève la robe de sa fille et lui administre plusieurs fessées. La petite fille implore : "No dad !"

Comme la semaine dernière, je vous propose d'étudier cette scène dont je fus témoin lors de mes vacances cet été.

 

 

 

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Certains se révoltent, même des jeunes, contre l'interdiction d'administrer un châtiment corporel.
Mais qu'est-ce que cette arme, vis-à-vis d'un enfant ?
Nous ne sommes pas censés utiliser une arme plus dangereuse que celle avec laquelle nous avons été agressés.
Cette petite fille n'a pas obéi, son père lui impose plusieurs fessées. Il y a disproportion entre les deux agressions.
Et il y a un message terrible : "Non seulement tu dépends de moi pour te nourrir, te loger, te vêtir, te laver, étudier mais je dispose aussi de ton corps."

Je vous ai parlé dans la partie 1 le week-end dernier des maltraitances aux enfants, symptômes de mal-être des parents.
J'aimerais aborder les sanctions sous un autre angle, auquel j'ai été confrontée en tant que mère et face auquel j'ai dû trouver des solutions pour ne pas être maltraitante.

 

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Cet angle est celui du cadre, indispensable, tel le tuteur qui aide l'arbre à bien grandir.
Car je ne suis pas pour le tout laisser-faire bien sûr. Les enfants ont besoin des parents pour leur fournir des repères mais, malheureusement,  parfois, ces repères sont donnés sous formes de châtiments tel un chien à qui on donnerait soit une tape soit un sucre pour lui signifier "C'est mal" ou "C'est bien".

 

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D'une part, il est important que nos enfants nous obéissent immédiatement quand leur sécurité est en jeu, par exemple sur la voie publique. Certains enfants aiment les routines et seront dans leur zone de confort pour enregistrer "Si maman dit ça sur ce ton, c'est que je dois obéir et lui donner la main pour traverser". Mais ça ne convient pas à tous les enfants d'obéir sans réfléchir.  Des enfants préfèrent analyser et n'obéiront que lorsqu'ils auront compris. Pour ces enfants-là, on peut utiliser un livre illustré présentant de nombreuses scènes de rue, de ville, pour leur expliquer les dangers. Et puis certains enfants se sentent à l'aise dans un monde imaginaire donc on peut leur demander d'imaginer ce qui pourrait arriver quand on se promène dans la rue. Ensuite, on leur propose d'aller dans la rue et d'observer ou bien de faire une enquête auprès de la famille, des copains sur les dangers de la voie publique.

 

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D'autre part, certains comportements méritent plus qu'un simple "Non" et c'est souvent dans ces cas-là qu'on se sent obligés (ou bien ça part tout seul) de le signifier par un geste-sanction.
Il m'est arrivé de vouloir indiquer à mon fils ou ma fille que son comportement vis-à-vis d'autrui n'était pas acceptable mais je me trouvais démunie, à cours d'outils.
Chaque famille a ses propres habitudes en matière de communication, de test des limites par les enfants, d'expression par les parents de l'atteinte des limites et mes astuces ne s'adapteront pas à tous. Les forums d'entraide entre parents et les magazines spécialisés sont intéressants pour trouver des idées afin de cadrer sans maltraiter.

 

Voici mes deux astuces :
Quand ils étaient petits, je comptais jusque 3. Souvent, je me suis dit, il y a bien un jour où ils vont me demander ce qu'il se passera s'ils continuent alors que j'ai atteint le chiffre 3 mais en fait non ! Il suffisait que je dise "Attention, je compte jusque 3". Parfois, je n'avais même pas besoin de commencer à compter. Je crois que ça fonctionnait bien parce que d'une manière générale je fais ce que je dis.
Quand ils furent plus grands (fin de primaire), je leur disais "Attention, je vais inscrire un bâton sur le calendrier". S'ils avaient 8 traits ou plus sur la semaine, ils n'avaient pas 2 €. Le manque à gagner était minime mais ça marchait quand même.

Aujourd'hui, ils sont adolescents donc je me rapproche d'une attitude d'adulte à adulte. Il n'y a plus d'astuce. Je leur rappelle les conséquences possibles s'ils continuent et je reste très polie mais ferme. Et, au cas par cas, par exemple pour un objet perdu, nous étudions les circonstances et décidons ensemble s'ils remboursent tout ou partie, s'ils font les démarches vers le service d'objets trouvés, etc.

 

Voilà pour les astuces, passons à une autre scène dont je fus témoin.

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D/ A côté de la machine à laver du camping, une mère et sa fille patientent depuis presque deux heures. La petite d'environ 5 ans s'ennuie et fatigue, elle se met à gesticuler et à geindre. Sa mère lui dit qu'elle est vilaine.

Les bébés et les petits enfants ont parfois besoin de pleurer pour trouver le sommeil. Ils ne le font pas pour nous embêter.
C'est une étape de transition éveil-sommeil qu'on peut tenter d'accepter en faisant confiance à l'enfant, en faisant confiance à un fonctionnement somme toute normal. Si on le rejette, ça veut dire qu'exprimer ses sensations est mauvais, qu'il ne doit pas dire quand il est fatigué.

La phrase de la maman "tu es vilaine" est absolue. Ce n'est pas le comportement qui est jugé mais la personne. Et cette petite personne n'a pas le recul pour comprendre autre chose que "maman dit que je suis vilaine".
Revenir au présent et au réel. La maman pourrait dire "Je vois que tu n'es pas bien. Je ne peux pas bouger d'ici tant que la lessive n'est pas terminée."

 

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Puis observer encore : l'enfant a-t-il besoin de se caler confortablement pour s'endormir, aimerait-il être bercé ? Caressé ?
Cette situation contraignante peut se transformer soit en moment de tendresse soit en avalanche de reproches et c'est nous, adultes, qui sommes responsables de nos actes et paroles.

Vous pouvez aussi lire "Plus de pistes pour les parents" à la fin de l'article Autoroute ou chemins de traverse ?

Rendez-vous le week-end prochain pour l'étude d'un dernier cas : une autre famille, toujours dans le même camping cet été.